Cinq choses à savoir sur le Synode sur l'avenir de l’Église catholique

Le pape François ouvrira mercredi 4 octobre à Rome la 16e Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, point d'orgue d'une vaste consultation mondiale sur l'avenir de l’Église catholique.

Image
vatican synode

Le pape François sur la place Saint-Pierre de Rome au Vatican le 30 septembre 2023.

AP Photo/Riccardo De Luca
Partager2 minutes de lecture

- Une consultation de fond

Pendant deux ans, les quelque 1,3 milliard de catholiques du monde entier ont été invités à s'exprimer sur leur vision de l’Église et des sujets de société. Ce chantier a été lancé par le pape François. Le pontife souhaite rendre le fonctionnement de l’Église catholique moins pyramidal.

"C'est un grand espace de réflexion de l’Église, sur sa manière d'être, de procéder", résume pour l'AFP le prêtre italien Giacomo Costa, secrétaire spécial de cette Assemblée.

Pour "avoir un temps de discernement plus important", le pape a décidé de diviser l'Assemblée générale de ce Synode, qui a un rôle de conseil, en deux temps: une seconde session plénière aura lieu en octobre 2024.

- Violences sexuelles, LGBT+, place des femmes 

Accueil des personnes LGBT+ et des divorcés, polygamie, prêtres mariés, place des femmes, violences sexuelles: dans un document de travail publié en juin, le Vatican a listé les sujets qui feront l'objet des discussions.

C'est la première fois que le Vatican aborde autant de thèmes sensibles si ouvertement.

"Il y a des questions sur lesquelles on est déjà tous d'accord, comme la place des femmes dans l’Église, qui doit être repensée. Mais comment ? Après, il y a d'autres questions sur lesquelles on n'est pas d'accord sur le fond. Là, il faudra demander à des théologiens, des experts, des sociologues", explique Giacomo Costa.

Une attention particulière est accordée à la question sensible de l'ordination d'hommes mariés, une question sur laquelle le pape avait finalement reculé en 2019.

- Des femmes et des laïcs voteront 

Le Synode est une institution consultative créée par le pape Paul VI en 1965 dans le cadre du Concile Vatican II, et qui se réunit régulièrement en assemblées.

Après les Synodes sur la famille (2014 et 2015), les jeunes (2018) et l'Amazonie (2019), François opère un tournant dans l'Histoire de l’Église catholique. Pour la première fois, des femmes et des laïcs non consacrés pourront voter, une décision qualifiée de "révolution" par la presse.

"C'est un changement total par rapport à Paul VI: cette fois, on convoque le peuple de Dieu et non des représentants", relève auprès de l'AFP un observateur avisé du Vatican.

"Au sein des évêques, il y a une culture ecclésiastique. Avec les laïcs, elle ne fonctionnera plus: ils ne vont pas se contenter de bonnes paroles, il y aura une exigence sur la procédure, la volonté de changement, l'efficacité", prédit-il.

- Un agenda chargé

Pendant quatre semaines, les 464 participants, dont 365 membres ayant le droit de vote, se réuniront chaque jour, répartis en 35 groupes de réflexion en cinq langues (anglais, italien, espagnol, français et portugais).

Parmi eux, 54 femmes et sept Français, dont quatre évêques. Les travaux seront divisés en quatre modules.

À noter la participation de deux évêques chinois, tandis que la délicate relation entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine repose notamment sur un accord secret signé en 2018 sur la nomination des évêques.

Le Synode s'ouvrira et se clôturera par une messe présidée par le pape à la basilique Saint-Pierre et sera marqué par des temps de prière.

Le Vatican a décidé de limiter la communication sur le contenu des discussions pendant cette période.

- La menace de désaccords

Si l'Assemblée générale permettra de mesurer les rapports de force sur les grands enjeux, un regard attentif sera porté à l’Église allemande, dont la démarche a révélé des positions radicalement différentes de celles du Vatican.

Cette démarche, qui a notamment demandé au pape de "réexaminer" la question du célibat des prêtres et de l'ordination des femmes, a provoqué un bras de fer avec Rome.

"Dans le synode, il n'y a pas de place pour l'idéologie", a mis en garde François début septembre alors que le Saint-Siège ne cesse d'insister sur l'importance du dialogue et l'importance du "marcher ensemble".