Conseil européen : Charles Michel quittera son poste de président en juillet

Le président du Conseil européen, le Belge Charles Michel, s'est déclaré samedi 6 janvier 2024 candidat aux élections au Parlement européen de juin prochain. Mais il compte quitter son poste dès juillet, avant la fin de son mandat, ce qui soulève d'épineuses questions institutionnelles.

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Charles Michel

Le président du Conseil européen, Charles Michel, s'adresse aux médias à l'issue d'un sommet de l'UE à Bruxelles, le vendredi 15 décembre 2023.

AP Photo/Virginia Mayo
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"J'ai décidé de me porter candidat aux élections européennes de juin 2024", a annoncé Charles Michel samedi 6 janvier à plusieurs médias belges, dont Le Soir et La Libre Belgique. De ce fait, le président du Conseil européen compte quitter son poste dès juillet avant la fin de son mandat.

"Cela veut donc dire que j'exerce ma fonction de président du Conseil européen jusqu'à ma prestation de serment comme député européen, qui aura lieu le 16 juillet", a précisé Charles Michel, 48 ans, dont le mandat devait s'achever fin novembre 2024.

"Après les élections européennes, fin juin, début juillet il est prévu que le Conseil européen se réunisse et prenne des décisions, notamment pour désigner mon successeur", a ajouté l'ancien Premier ministre belge, qui mènera la liste du Mouvement réformateur (MR, le parti libéral francophone). 

Viktor Orban à la tête du Conseil européen ?

Charles Michel affirme encore qu'"on peut anticiper cette entrée en fonction", dont le départ prématuré suscite déjà des critiques.

Les procédures européennes prévoient, en cas de fin de mandat lié à un "empêchement", que le président du Conseil européen soit remplacé jusqu'à l'élection d'un successeur.

Ce dernier doit être le dirigeant européen dont le pays assure la présidence semestrielle du Conseil de l'UE (c'est-à-dire qui dirige les réunions européennes au niveau des ministres).

Or en juillet, c'est le premier ministre hongrois nationaliste Viktor Orban, familier des diatribes anti-UE, qui sera dans cette position. Charles Michel a toutefois estimé qu'il était possible de "changer (ces dispositions) à la majorité simple".

"Le capitaine quitte le navire"

L'eurodéputée néerlandaise Sophie in't Veld, issue de Renew Europe (centristes et libéraux), la famille politique de Charles Michel, a fustigé ce départ. 

"Le capitaine quitte le navire au milieu d'une tempête. Si c'est là le peu d'intérêt que vous portez au sort de l'Union européenne, quelle est votre crédibilité en tant que candidat ?", a-t-elle écrit sur X (ex-Twitter).

Les élections au Parlement européen auront lieu du 6 au 9 juin 2024 dans les 27 pays de l'UE. Elles entraîneront un renouvellement à la tête des institutions européennes, dont la Commission et le Conseil européen. 

Les députés européens, qui seront 720 à l'issue du scrutin de 2024, sont élus au suffrage universel direct pour une durée de cinq ans.

L'Européen Charles Michel

Appartenant à la même génération de leaders pro-européens que le Français Emmanuel Macron et le Luxembourgeois Xavier Bettel, il avait été choisi en 2019 pour succéder au Polonais Donald Tusk à la tête du Conseil européen. Un poste prestigieux mais aussi périlleux où la recherche du consensus oblige à de difficiles contorsions. 

Parfois brocardé pour sa prononciation laborieuse de l'anglais, cet avocat de formation a toutefois réussi à bâtir des compromis entre 27 dirigeants aux intérêts divers, dans un contexte de crises majeures.

Ce francophone de 48 ans, qui fut le Premier ministre le plus jeune de Belgique, a dû composer avec la pandémie de Covid-19, qui a contraint pendant de longs mois les dirigeants de l'UE à se réunir par visioconférence.

Il a dirigé les débats convaincre les pays dits "frugaux" d'accepter la mise en place d'un gigantesque plan de relance post-Covid basé pour la première fois sur une dette commune. Il a ensuite eu la tâche de préserver l'unité des 27 face aux conséquences de la guerre déclenchée par la Russie en Ukraine, en gérant notamment les menaces de veto du Premier ministre nationaliste hongrois Viktor Orban, seul dirigeant européen à avoir maintenu des liens étroits avec le Kremlin.