Couronnement du roi Charles III, entre faste et arrestations de manifestants

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Le roi Charles III porte la couronne d'État impériale et tient le sceptre du souverain alors qu'il quitte les lieux après sa cérémonie de couronnement, à l'abbaye de Westminster, à Londres, le samedi 6 mai. AP/ Phil Noble.

Le roi Charles III porte la couronne d'État impériale et tient le sceptre du souverain alors qu'il quitte les lieux après sa cérémonie de couronnement, à l'abbaye de Westminster, à Londres, le samedi 6 mai. AP/ Phil Noble.
 

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Cela faisait 70 ans que le Royaume-Uni n'avait pas vu ça : le roi Charles III et la reine Camilla ont été couronnés ce 6 mai à l'abbaye de Westminster à Londres. La cérémonie chrétienne pleine de pompe et de solennité a été assombrie par des arrestations de manifestants antimonarchistes.

Malgré la pluie et un certain manque d'enthousiasme populaire entourant cet événement unique en Europe, des dizaines de milliers de personnes se sont massées pour apercevoir le souverain et sa deuxième épouse les saluer depuis le mythique balcon du palais de Buckingham après son sacre à l'abbaye.

Point d'orgue de ce moment d'histoire comme seule la monarchie britannique sait en produire, l'archevêque de Canterbury a posé sur la tête du souverain de 74 ans la couronne de Saint-Edouard, en or massif et sertie de rubis.

Charles couronné par l'archevêque de Canterbury

Charles III couronné avec la couronne de Saint-Edouard pesant plus de deux kilos.

© Yui Mok, Pool via AP

Charles III est devenu roi en septembre à la mort de sa mère Elizabeth II, à l'âge de 96 ans. Il est le chef d'État monarchique du Royaume-Uni et de 14 pays du Commonwealth, vestige de l'empire colonial britannique, du Canada à l'Australie en passant par la Jamaïque.

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Son sacre, unique en Europe, en est la confirmation religieuse. Le Royaume-Uni n'en avait plus vu depuis 1953.

Vêtu d'une simple chemise en lin blanc, le roi avait peu avant prêté serment sur la bible puis reçu l'onction à genoux, protégé des regards par des paravents brodés, pendant que retentissait le fameux "Zadok The Priest" d'Haendel.

Il a réapparu aux yeux de l'assistance et des centaines de millions de téléspectateurs attendus, pour revêtir la "supertunica", manteau en soie enveloppée de fines pièces d'or, puis le manteau impérial, en étoffe d'or.

L'étole royale sur les épaules, le gant du couronnement en cuir blanc sur la main droite, un sceptre dans chaque main, le roi a ensuite reçu la couronne de plus de deux kilos, utilisée pour tous les couronnements depuis 1661.

"God Save The King!" a déclaré l'archevêque de Canterbury Justin Welby, premier dignitaire de la religion anglicane, imité par certains des 2.300 invités présents à l'abbaye.

Des trompettes ont retenti et des coups de canon ont été entendus aux quatre coins du Royaume-Uni ou tirés depuis des bateaux de la Royal Navy en mer.
Son héritier William, agenouillé, a ensuite prêté allégeance à son père.
Camilla, 75 ans, la deuxième épouse de Charles, a ensuite été bénie et couronnée.

S'il a été modernisé avec une durée plus courte, des représentants des principales religions et du gospel chanté en plus des classiques, ce rituel millénaire a donné l'occasion à la monarchie britannique de déployer tout son faste traditionnel.

"Pas mon roi"

Le roi a quitté le palais de Buckingham dans un carrosse tiré par six chevaux, traversant sous la pluie le centre de Londres devant des milliers d'inconditionnels de la famille royale et de quelques pancartes "Not my king" ("pas mon roi").

Il a franchi les portes de l'abbaye vêtu du manteau d’État de son grand-père George VI, notamment suivi de quatre pages, dont son petit-fils George, suivi de la reine. Le roi a été accueilli comme le veut la tradition par un enfant de la chapelle royale.

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Il a ensuite prêté serment sur la Bible avant que ne se déroule la cérémonie devant les 2 300 invités. Il s'agit de dignitaires étrangers, comme le président français Emmanuel Macron ou la femme du président américain Jill Biden, de célébrités comme l'actrice Judi Dench, de représentants de la noblesse, de responsables politiques et de représentants de la société civile.

Point d'orgue de la cérémonie, l'archevêque de Canterbury a posé sur la tête du souverain de 74 ans la couronne de Saint-Édouard, en or massif et sertie de rubis.

L'étole royale sur les épaules, le gant du couronnement en cuir blanc enfilé sur une main, un sceptre dans chaque main, Charles III a reçu la couronne de plus de deux kilos, utilisée pour tous les couronnements depuis 1661.

"God Save The King!" s'est exclamé l'archevêque de Canterbury Justin Welby, premier dignitaire de la religion anglicane. Il a ensuite procédé à la "Reconnaissance", visant à entériner le roi comme le vrai souverain du Royaume-Uni et de 14 autres États.

Des trompettes ont retenti et des coups de canon ont été entendus aux quatre coins du Royaume-Uni ou tirés depuis des bateaux de la Royal Navy en mer. Son héritier William, agenouillé, a ensuite prêté allégeance à son père.

Camilla, 75 ans, la deuxième épouse de Charles, a ensuite été bénie et couronnée.

Le prince William et son épouse Kate ont rejoint les autres membres de la famille royale, dont le prince Harry, relégué au troisième rang et privé de tout rôle officiel durant cette journée historique. C'est la conséquence de son départ en Californie en 2020, suivi de violentes critiques contre le palais.

À la fin de la cérémonie, le couple royal, couronnes sur la tête, est reparti vers Buckingham palace dans un carrosse du XVIIIe siècle, le très inconfortable "Gold State Coach", si lourd (quatre tonnes) qu'il doit être tiré par huit chevaux avançant au pas.

Il a été escorté d'une impressionnante procession de 4.000 militaires, de la princesse Anne à cheval et de William et sa famille dans un autre carrosse.
La famille royale a longuement salué la foule depuis le balcon du palais.

Arrestations de manifestants

Dans un Royaume-Uni en pleine crise du coût de la vie, l'événement, avec ses sceptres en or, ses carrosses somptueux et ses couronnes serties de diamants parmi les plus gros au monde, a été préparé sans grand enthousiasme populaire.

Autre ombre au tableau: la police, engagée dans une de ses plus importantes opérations de sécurité avec plus de 11.000 agents mobilisés, a arrêté plus de 20 manifestants avant le couronnement, dont six anti-monarchistes et des militants écologistes qui souhaitaient protester sur le parcours royal.

Parmi eux, six anti-monarchistes et des militants écologistes de Just Stop Oil qui souhaitaient protester sur le parcours royal. La police a aussi saisi des centaines de pancartes "Not my King". 

"C'est quelque chose que l'on s'attend à voir à Moscou, pas à Londres", a protesté l'organisation Human Rights Watch.

Voir aussi : Royaume-Uni : Quelle peut être l'influence de Charles III à l'international ?

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Si les antimonarchistes restent très minoritaires, leur proportion monte au sein de la population, surtout chez les jeunes. De plus, le souverain Charles III, déjà âgé, est bien moins populaire que sa mère ou que son héritier William, 40 ans.

Une foule nombreuse, joyeuse et parée aux couleurs du Royaume-Uni a toutefois fait le déplacement de tout le pays mais aussi de l'étranger pour assister à cet évènement historique et voir passer le couple royal et la procession.

Être ici c'est "faire partie de l'avenir. C'est un couronnement, c'est une chose importante", s'enthousiasme Dave Giddings, 41 ans, venu d’Écosse avec sa femme et son fils, pour assister au plus près à l'évènement.

Après le couronnement, des repas de voisinage et un concert à Windsor sont notamment prévus dimanche 7 mai, avant un jour férié lundi.