Des dizaines de corps découverts après une opération israélienne dans un quartier de Gaza

Image
Un Palestinien marche au milieu de décombres après le retrait de l'armée israélienne du quartier de Choujaïya, dans l'est de la ville de Gaza, le 10 juillet 2024

Un Palestinien marche au milieu de décombres après le retrait de l'armée israélienne du quartier de Choujaïya, dans l'est de la ville de Gaza, le 10 juillet 2024

AFP
Partager5 minutes de lecture

Une soixantaine de corps ont été découverts jeudi sous des décombres à Choujaïya, un quartier est de la ville de Gaza, après la fin d'une vaste opération israélienne qui a dévasté le secteur, selon la Défense civile du territoire palestinien.

Au dixième mois de guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, de nouvelles discussions à propos desquelles le président américain Joe Biden a fait état de "progrès" se sont tenues jeudi au Qatar, pays médiateur avec les Etats-Unis et l'Egypte.

Ces négociations tentent d'avancer vers un cessez-le-feu et une libération d'otages enlevés lors de l'attaque du Hamas le 7 octobre contre Israël, qui a déclenché la guerre.

Dans le nord de la bande de Gaza, l'armée israélienne a annoncé mercredi soir avoir achevé ses opérations lancées le 27 juin à Choujaïya, dans l'est de la ville de Gaza, qui ont permis le démantèlement de "huit tunnels" et l'élimination de "dizaines de terroristes", selon un communiqué.

Après le retrait des forces israéliennes, la Défense civile de la bande de Gaza a fait état jeudi de la découverte sous les décombres "d'environ soixante martyrs".

"Inhabitables"

Désormais, "85% des immeubles (du quartier) sont inhabitables", sans compter la totalité des infrastructures qui ont été "démolies", a déclaré dans un communiqué le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Basal.

Cette photo diffusée par l'armée israélienne le 11 juillet 2024 montre un char de combat de l'armée israélienne en mouvement lors d'opérations dans la bande de Gaza

Cette photo diffusée par l'armée israélienne le 11 juillet 2024 montre un char de combat de l'armée israélienne en mouvement lors d'opérations dans la bande de Gaza

Israeli Army/AFP

L'armée avait appelé mercredi tous les habitants à évacuer, soit quelque 300.000 à 350.000 personnes, selon l'ONU.

Dans des tracts, elle avait averti que la ville, où elle avait annoncé début janvier avoir "achevé le démantèlement de la structure militaire" du Hamas, restait "une dangereuse zone de combat".

Elle a annoncé jeudi poursuivre son opération dans le centre de la ville de Gaza contre des combattants "dans le quartier général de l'Unrwa", l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens.

A Gaza-ville, des affrontements ont également lieu dans le sud et des bombardements dans l'ouest, selon l'armée et des journalistes AFP.

Bâtiments détruits et décombres après le retrait de l'armée israélienne du quartier de Choujaïya, dans l'est de la ville de Gaza, le 10 juillet 2024

Bâtiments détruits et décombres après le retrait de l'armée israélienne du quartier de Choujaïya, dans l'est de la ville de Gaza, le 10 juillet 2024

AFP

La guerre a éclaté le 7 octobre après une attaque sans précédent menée par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël, qui a entraîné la mort de 1.195 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes.

Sur 251 personnes alors enlevées, 116 sont toujours retenues à Gaza dont 42 sont mortes, selon l'armée.

Dans un rapport publié jeudi, l'armée israélienne a reconnu son "échec" lors de l'attaque sanglante du Hamas contre le kibboutz Beeri, le 7 octobre.

Cette enquête "illustre clairement l'ampleur de l'échec et du désastre qui a frappé les habitants du sud qui ont défendu leurs familles avec leurs corps pendant de nombreuses heures alors que l'armée n'était pas là pour les protéger", note le chef d'état-major de l'armée israélienne.

"Dizaines de terroristes éliminés"

En riposte, Israël a promis de détruire le Hamas et lancé une offensive qui a fait jusqu'à présent 38.345 morts, en majorité des civils, a annoncé jeudi le ministère de la Santé du gouvernement de Gaza dirigé par le Hamas.

L'aide humanitaire entrant dans la bande de Gaza

Nombre de camions d'aide humanitaire entrant dans la bande de Gaza chaque jour depuis le 21 octobre 2023, selon les données de l'Ocha

AFP

L'armée israélienne a aussi indiqué jeudi poursuivre ses opérations dans la région de Rafah (sud) frontalière avec l'Egypte, affirmant que ses troupes avaient "éliminé des dizaines de terroristes", dont Hassan Abou Kouik, décrit comme un chef des forces de sécurité du Hamas ayant "mené de nombreuses attaques terroristes" contre Israël.

Quatre morts, dont un enfant, ont été transportés à l'hôpital Nasser de Rafah après des raids israéliens sur le quartier de Tal al-Sultan, dans l'ouest de la ville, selon la direction de l'établissement.

Dans le centre de la bande de Gaza, quatre personnes ont également été tuées dans une frappe israélienne sur le camp de réfugiés de Nousseirat, selon le ministère de la Santé du Hamas.

La situation dans le territoire assiégé est désastreuse: l'aide humanitaire est en attente du côté palestinien du point de contrôle de Kerem Shalom (sud). L'ONU et Israël se rejettent la responsabilité du blocage des distributions.

Discussions sur une trêve

Une femme tient une pancarte appelant à libérer un otage détenu dans la bande de Gaza depuis l'attaque du Hamas le 7 octobre, au début d'une marche de protestation de Tel-Aviv vers Jérusalem pour tenter de faire pression sur leur gouvernement afin qu'il n

Une femme tient une pancarte appelant à libérer un otage détenu dans la bande de Gaza depuis l'attaque du Hamas le 7 octobre, au début d'une marche de protestation de Tel-Aviv vers Jérusalem pour tenter de faire pression sur leur gouvernement afin qu'il négocie un accord pour libérer leurs proches, le 10 juillet 2024

AFP

Sur le plan diplomatique, les médiateurs ont relancé leurs efforts pour avancer vers un cessez-le-feu.

"Il s'agit de questions difficiles, complexes. Il y a encore des lacunes à combler. Nous faisons des progrès. La tendance est positive et je suis déterminé à conclure cet accord et à mettre un terme à cette guerre, qui devrait cesser maintenant", a lancé Joe Biden vendredi lors d'une conférence de presse tenue à l'issue du sommet de l'Otan.

Le Hamas a annoncé dimanche une concession, disant accepter de négocier sur la libération des otages en l'absence d'un cessez-le-feu permanent avec Israël, qu'il avait jusqu'à présent toujours réclamé.

Une femme et son enfant se tiennent le 11 juillet 2024 près d'une tente dans un camp de déplacés à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, où une guerre oppose le mouvement islamiste Hamas à Israël

Une femme et son enfant se tiennent le 11 juillet 2024 près d'une tente dans un camp de déplacés à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, où une guerre oppose le mouvement islamiste Hamas à Israël

AFP

M. Netanyahu a toujours affirmé vouloir poursuivre la guerre jusqu'à la destruction du Hamas - considéré comme une organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne - et la libération de tous les otages.

Jeudi soir, il a déclaré que son pays voulait conserver le contrôle d'une zone de la bande de Gaza frontalière de l'Egypte conquise début mai afin d'empêcher la "contrebande d'armes" à destination du Hamas à partir de l'Egypte voisin.

Cette exigence de conserver le "couloir de Philadelphie et le point de passage de Rafah" fait partie des "quatre principes" posés par Israël dans le cadre des négociations en vue d'un accord de cessez-le-feu à Gaza et de libération des otages, a dit M. Netanyahu, alors que le Hamas exige de son côté l'évacuation de cette zone par l'armée israélienne.