DIRECT - Guerre en Ukraine : l'ONU accuse Moscou de crimes contre l'humanité

Dans son premier rapport rédigé depuis que la Russie a lancé son offensive contre l'Ukraine le 24 février 2022, la Commission d'enquête de l'ONU parle de "déportations d'enfants" de la part de la Russie ce qui viole "le droit international humanitaire et constitue un crime de guerre". Les enquêteurs dénoncent également "les recours à la torture par les autorités russes [qui] pourraient constituer des crimes contre l'humanité".
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Boutcha, fosses
© AP Photo/Rodrigo Abd, File
La police identifie des corps de civils tués pendant l'occupation russe à Boutcha avant de les envoyer à la morgue le 6 avril 2022.
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Enfants ukrainiens provenant d'un orphelinat déportés en Russie
© AP Photo
Enfants provenant d'un orphelinat de la région de Donetsk prennent leur repas dans un camp à Zolotaya Kosa, une agglomération près de la mer d'Azov, dans la région de Rostov, dans le sud-ouest de la Russie le 8 juillet 2022. 
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17h14 TU. Une conversation entre Zelensky et Xi serait "une très bonne chose" (Maison Blanche)

Une conversation entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le président chinois Xi Jinping "serait une très bonne chose", a dit ce jeudi le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby.
 

John Kirby
John Kirby porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche le 2 mars.
© AP Photo/Evan Vucci

Assurant que les États-Unis "encourageaient" depuis longtemps un tel contact, il a déclaré : "Nous pensons qu'il est très important que les Chinois entendent le point de vue des Ukrainiens et pas seulement celui de (Vladimir) Poutine."

Le président ukrainien avait dit fin février prévoir une rencontre avec le dirigeant chinois.

Le Wall Street Journal a affirmé en début de semaine que Xi Jinping prévoyait de parler bientôt à son homologue ukrainien, ce qui serait leur première conversation depuis que la Russie a envahi l'Ukraine il y a un peu plus d'un an.

Selon le quotidien, la conversation pourrait avoir lieu après une visite prévue la semaine prochaine du président chinois à Moscou. Pékin n'a ni condamné, ni soutenu explicitement l'offensive russe en Ukraine, tout en apportant un appui diplomatique à Moscou.

Le 24 février dernier, un an jour pour jour après le déclenchement de l'invasion russe en Ukraine, Pékin a publié un document en 12 points appelant notamment Moscou et Kiev à tenir des pourparlers de paix.

Mais si la Chine cherche à s'imposer comme médiateur dans ce conflit, sa position d'alliée de la Russie la disqualifie aux yeux des Occidentaux, qui soutiennent de leur côté l'Ukraine.

16h43 TU. La livraison d'avions de la Pologne à l'Ukraine "ne change rien" au refus américain de faire de même (Maison Blanche)

La livraison prochaine par la Pologne d'avions de combat à l'Ukraine "ne change rien" au refus américain d'en faire autant, a dit aujourd'hui John Kirby, un porte-parole de la Maison Blanche.
"Cela ne change rien à notre analyse. (...) Ce n'est pas sur la table", a-t-il dit lors d'un entretien avec la presse, rappelant que le président Joe Biden s'était opposé publiquement à la livraison d'avions de combat à l'Ukraine.

16h02 TU. Suède et Royaume-Uni s'accordent pour l'envoi de systèmes d'artillerie à l'Ukraine

La Suède a annoncé ce jeudi un accord avec le Royaume-Uni pour la vente de son système d'artillerie Archer, permettant ainsi à Londres de faire don à l'Ukraine d'un modèle plus ancien d'artillerie, l'AS-90.

un AS-90 monté sur un char
Un AS-90 britannique.
© Strategic Bureau of information on defense systems

Le Royaume-Uni va acheter 14 systèmes d'artillerie Archer, des canons automoteurs à longue portée, a indiqué le gouvernement suédois dans un communiqué.

La Suède a également indiqué qu'elle enverrait 8 systèmes Archer directement à l'Ukraine, qui en réclame depuis des mois.

Développé par la Suède, le système Archer se compose d'un obusier entièrement automatisé monté sur un véhicule tout-terrain, qui permet à l'équipage assis dans la cabine blindée de commander le canon à distance.

"Les systèmes d'artillerie comme l'Archer, associés aux véhicules blindés et aux chars, augmentent la capacité de défense de l'Ukraine et lui permettent de reprendre du terrain", a déclaré le ministre suédois de la Défense Pal Jonson.

Dans autre communiqué, le gouvernement britannique a ajouté que les 14 systèmes Archer serviraient de "remplacement provisoire aux 32 systèmes d'artillerie AS-90 fournis par le Royaume-Uni aux forces armées ukrainiennes".
Londres avait annoncé l'envoi de ses AS-90 à l'Ukraine en janvier.

Le gouvernement suédois a précisé s'être engagé jusqu'à présent à hauteur de 16,9 milliards de couronnes (1,51 milliards d'euros) pour soutenir militairement l'Ukraine.

En février, la Suède s'est jointe à une série de pays occidentaux promettant des armes plus lourdes à l'Ukraine, annonçant la livraison d'une "dizaine" de chars Leopard 2, ainsi que des systèmes de missiles antiaériens IRIS-T et HAWK.

15h24 TU. La Chine exhorte l'Ukraine et la Russie à relancer "au plus vite" leurs pourparlers de paix

Le ministre chinois des Affaires étrangères Qin Gang, lors d'un entretien téléphonique avec son homologue ukrainien Dmytro Kouleba, a exhorté ce jeudi Kiev et Moscou à reprendre "au plus vite" des pourparlers de paix, selon Pékin.
"La Chine craint que la crise ne s'aggrave et ne devienne incontrôlable", a indiqué Qin Gang, selon un communiqué publié par son ministère.

Le ministre des Affaires étrangères chinois Qin Gang lit la constitution chinoise. Pékin le 7 mars 2023
Le ministre des Affaires étrangères chinois Qin Gang lit la constitution chinoise. Pékin le 7 mars 2023
© AP Photo/Mark Schiefelbein


"Elle espère que toutes les parties garderont leur calme, feront preuve de retenue, reprendront les pourparlers de paix au plus vite et reviendront sur la voie d'un règlement politique." "Nous avons discuté de l'importance du principe de l'intégrité territoriale", a de son côté indiqué Dmytro Kouleba sur Twitter.

Il s'agit du premier entretien officiel entre les deux hommes depuis que Qin Gang est devenu ministre chinois des Affaires étrangères fin décembre.

Fin février, la Chine avait publié un document en 12 points exhortant déjà Moscou et Kiev à tenir des pourparlers de paix.

Le texte s'oppose également à tout recours à l'arme nucléaire et appelle à respecter l'intégrité territoriale de tous les pays - sous-entendu également celle de l'Ukraine, dont une partie du territoire est sous contrôle russe.
Ce document chinois avait été accueilli avec prudence par les Occidentaux car la Chine, officiellement neutre, n'a jamais condamné publiquement la Russie.

La diplomatie chinoise cherche à s'imposer comme médiatrice dans ce conflit. Sa position de proche partenaire de Moscou la disqualifie toutefois aux yeux de plusieurs pays occidentaux.

Qin Gang a réitéré ce jeudi son soutien au document chinois en 12 points, tout en affirmant que Pékin avait jusqu'ici "maintenu une position objective et juste sur la question ukrainienne". "La Chine continuera de jouer un rôle constructif afin d'aboutir à un cessez-le-feu et à l'arrêt des combats, afin d'atténuer la crise et d'assurer un retour à la paix", a-t-il souligné. "Nous espérons que l'Ukraine et la Russie (...) quelles que soient les difficultés et les défis, ne fermeront pas la porte à un règlement politique."

Accusée récemment par les États-Unis d'envisager la fourniture d'armes à la Russie, la Chine dément fermement avoir de telles intentions.



13h58 TU. La Russie classe "terroriste" une légion russe combattant pour l'Ukraine

La justice russe désigne comme "organisation terroriste" une légion de Russes combattants avec l'armée ukrainienne face à Moscou, ouvrant la voie à de lourdes peines pour ses membres en cas de capture.

La Cour suprême a décidé de satisfaire une demande en ce sens du Parquet et a reconnu la légion "Liberté de la Russie" comme "organisation terroriste" et "interdit ses activités sur le territoire russe", ont indiqué les agences de presse russes.

Toute personne aidant ou finançant ce groupe ainsi que ses membres et dirigeants encourent désormais des peines allant jusqu'à la réclusion à perpétuité.
La légion "Liberté de la Russie" a été créée au début du conflit en Ukraine l'année dernière et compte dans ses rangs des Russes qui combattent aux côtés de l'armée ukrainienne face aux forces de Moscou.

Son porte-parole, répondant au nom de guerre de "Caesar", avait affirmé à l'AFP en janvier que sa légion comptait "plusieurs centaines" de Russes déployés dans le Donbass, y compris à Bakhmout, l'épicentre des combats dans l'est de l'Ukraine.
Engagés essentiellement dans l'artillerie, ils sont sous le commandement d'officiers ukrainiens.

13h43 TU. L'Europe "plus unie que jamais" dans son soutien à l'Ukraine, selon le Conseil européen pour les relations internationales

De plus en plus d'Européens estiment que l'Ukraine doit regagner tout son territoire, même si cela signifie une guerre plus longue, selon un sondage jeudi du Conseil européen pour les relations internationales (ECFR) mettant en avant une Europe "plus unie que jamais".


38% des personnes interrogées en janvier 2023 dans 10 pays européens pensent que l'Ukraine doit regagner tout son territoire, même si cela signifie "une guerre plus longue et plus d'Ukrainiens morts ou déplacés".

Ce sentiment monte à 52% en Pologne, pays voisin et soutien engagé de l'Ukraine.
A l'inverse, en mai 2022, 35% des sondés par le think tank paneuropéen étaient pour "un arrêt de la guerre le plus vite possible, même si l'Ukraine doit faire des concessions territoriales à la Russie".

"Un an après le début de la guerre, l'Europe est plus unie que jamais" écrit Mark Leonard, l'un des co-auteur de l'étude. Les Européens sont désormais d'accord à 66% sur le fait que la Russie est un adversaire ou un rival. Et cette unité européenne se ressent aussi à travers le spectre politique, les libéraux et les nationalistes s'étant rapprochés sur leur vision de l'Ukraine, selon l'étude du think-tank.

Toutefois, met en garde l'ECFR, ce changement de perception pourrait encore varier, des revers militaires, l'inflation, ou le poids des réfugiés "pourraient éroder le soutien à l'Ukraine", et diminuer "la fragile union" entre les partis politiques.
"La prochaine année pourrait mettre à l'épreuve" l'unité européenne, avertit Mark Leonard.

13h25 TU. Pas de génocide en Ukraine selon l'ONU

Les enquêteurs de l'ONU n'ont pas observé de génocide en Ukraine depuis l'invasion russe dans ce pays, ont-ils indiqué ce 16 mars, mais recommandent toutefois de poursuivre les études à ce sujet.
"Nous n'avons pas constaté qu'il y ait eu un génocide en Ukraine", a déclaré aux journalistes Erik Mose, un des trois commissaires en charge de l'enquête, soulignant toutefois "que certains aspects peuvent soulever des questions concernant ce crime".

13h23 TU. Varsovie va transférer à l'Ukraine 4 chasseurs Mig-29 dans les prochains jours​

"Dans un premier temps, nous allons transférer à l'Ukraine, dans les prochains jours (...) quatre appareils pleinement opérationnels", a déclaré le président Andrzej Duda au cours d'une conférence de presse avec son homologue tchèque Petr Pavel.
 

Un mig-29 de l'armée de l'air Slovaque
Un MiG-29 de l'armée slovaque lors d'un show aérien à Malacky en Slovaquie le 27 août 2022. La Slovaquie, ancien satellite de l'Union soviétique, fait partie de l'OTAN depuis 2004 et héberge des milliers de troupes de l'Alliance. 
© AP Photo/Petr David Josek


"D'autres appareils sont actuellement en cours de maintenance et seront probablement successivement transférés" aussi, a ajouté le président polonais.
"Nous pouvons donc dire que nous sommes sur le point d'envoyer ces MiG à l'Ukraine", a-t-il dit, précisant que la Pologne dispose d'une quinzaine de MiG, hérités dans les années 1990 des forces armées de la République démocratique allemande, RDA.
"Ces MiG sont toujours en service dans l'armée de l'air polonaise. Ce sont les dernières années d'exploitation de ces appareils qui restent toujours, en grande majorité, opérationnels", a encore indiqué le président Duda.

Ce matin, le ministre polonais de la Défense Mariusz Blaszczak a déclaré que la Pologne voulait transférer des MiG-29 à l'Ukraine "dans le cadre d'une coalition d'États plus large".
Interrogé sur les autres pays faisant partie de cette coalition, il a répondu qu'il s'agissait de la Slovaquie mais "bien sûr nous sommes ouverts à d'autres participants. Nous voulons absolument que nos activités soient menées dans le cadre d'une coalition".
Les MiG transférés à l'Ukraine seront remplacés par des appareils sud-coréens FA-50 et des F-35 américains.

13h10 TU. Une majorité de Suisses favorable désormais à un rapprochement avec l'Otan

Un an après l'invasion russe en Ukraine, une majorité de Suisses est désormais favorable à un rapprochement avec l'Otan, une première dans un pays très attaché à sa neutralité, indique aujourd'hui  le département fédéral de la Défense.

Cette étude annuelle a été publiée par l'Académie militaire suisse et le Center for Security Studies de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich. Elle montre qu'en janvier 2023, 55% de la population suisse (soit une augmentation de 10 points de pourcentage par rapport à janvier 2021) se déclarait favorable à un rapprochement avec l'Otan.

"C'est la première fois qu'une faible majorité de la population est de cet avis", indique le département fédéral de la Défense dans un communiqué.

Lire : La guerre en Ukraine a-t-elle mis à mal la neutralité suisse ?

En revanche, seul un tiers des personnes interrogées soutiennent une adhésion de la Suisse à l'Otan. Mais 53% estiment que le principe de neutralité ne s'oppose pas à ce que la Suisse planifie la défense militaire en coopération avec l'Organisation.
La Suisse n'est pas membre de l'Otan mais coopère avec elle dans le cadre du Partenariat pour la paix et du Conseil de partenariat euro-atlantique, ce qui lui permet de faire entendre ses préoccupations sur les questions de politique extérieure et de sécurité.

Un an après le début de la guerre en Ukraine, les Suisses portent "désormais un regard plus critique sur la neutralité et se déclarent prêts à davantage de coopération", observe le département fédéral de la Défense.

Par rapport à janvier 2022, le principe de neutralité est certes moins fortement soutenu, mais il continue de bénéficier d'une très large approbation, à hauteur de 91% (-6 points de pourcentage).

Une majorité des Suisses (57%, sans variation annuelle) reste favorable à une politique de "neutralité différenciée", à savoir que la Suisse prenne position sur le plan politique mais reste militairement neutre.

Lire : Ukraine : un Suisse sur deux favorable à la réexportation d'armes helvétiques vers Kiev

Comme lors d'un sondage fait en juin 2022, une nette majorité de la population suisse (70%) estime que les sanctions prises à l'encontre de la Russie sont compatibles avec la neutralité.

Kiev et ses alliés ont multiplié ces dernières semaines les critiques plus ou moins voilées à l'égard de la neutralité suisse. Car si le gouvernement suisse a certes repris les sanctions européennes à l'encontre de la Russie - ce qui lui vaut le désaveu de Moscou, il s'est jusqu'à présent montré inflexible sur la question de la réexportation d'armes de fabrication suisse à l'Ukraine.

13h04 TU. La Russie accusée de "crimes contre l'humanité"

Le transfert par la Russie d'enfants ukrainiens dans les zones sous son contrôle en Ukraine ainsi que sur son propre territoire constitue un "crime de guerre", affirme un groupe d'enquêteurs de l'ONU, qui pointe aussi de possibles crimes contre l'humanité.

Ira Gavriluk tient son chat serré contre elle devant les corps de son mari, de son frère et d'un autre homme tués devant sa maison à Boutcha, le 4 avril 2022. 
Ira Gavriluk tient son chat serré contre elle devant les corps de son mari, de son frère et d'un autre homme tués devant sa maison à Boutcha, le 4 avril 2022. 
© AP Photo/Felipe Dana


Dans son premier rapport rédigé depuis que la Russie a lancé son offensive contre l'Ukraine le 24 février 2022, la Commission d'enquête de l'ONU conclut que "les situations qu'elle a examinées concernant le transfert et la déportation d'enfants, à l'intérieur de l'Ukraine et vers la Fédération de Russie respectivement, violent le droit international humanitaire et constituent un crime de guerre".

RE(voir) : Russie : des enfants ukrainiens déportés ?

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Selon Kiev, 16 221 enfants ont été déportés en Russie jusqu'à fin février, mais la Commission n'a pas été en mesure de vérifier ces chiffres. Elle indique toutefois que des responsables russes ont pris des mesures juridiques et politiques concernant le transfert d'enfants ukrainiens, et que le président russe Vladimir Poutine a signé un décret en mai 2022 facilitant l'octroi de la citoyenneté russe à certains enfants. Les enquêteurs accusent également Moscou d'avoir commis de possibles "crimes contre l'humanité".

Prisonniers torturés

La Commission a notamment établi "un schéma de détention illégale généralisée" dans les zones contrôlées par les forces armées russes, visant de nombreuses personnes, y compris des femmes et des enfants.

Certaines catégories de personnes détenues dans ces "installations spécialisées" en Ukraine et en Russie sont, selon les enquêteurs, systématiquement torturées.
Un ancien détenu, poursuit la Commission, a été battu en guise de "punition pour avoir parlé ukrainien" et pour "ne pas s'être souvenu des paroles de l'hymne de la Fédération de Russie".

Ce type de torture "peut constituer des crimes contre l'humanité et devrait faire l'objet d'une enquête plus approfondie", indiquent les enquêteurs dans un communiqué.

La Commission a également tenté de vérifier si le bombardement et le siège de Marioupol, au sud-est de l'Ukraine, pouvaient constituer un crime contre l'humanité. Elle a toutefois conclu qu'il lui manquait des éléments pour parvenir à une telle conclusion, n'ayant pas eu accès à la région de Donetsk, où se trouve Marioupol, une cité portuaire assiégée des mois durant par l'armée russe avant de tomber en mai 2022.Mais la Commission recommande de poursuivre l'enquête.

Ce groupe d'enquêteurs a été créé l'an dernier par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, dont les 47 États membres devront décider début avril s'ils reconduisent ou pas leur mandat.

La Commission a jusqu'à présent visité 56 localités et interrogé 348 femmes et 247 hommes. Ses enquêteurs ont notamment inspecté des sites détruits et des lieux de sépultures et de torture.

C'est la première fois que les enquêteurs publient un rapport écrit, mais ils avaient indiqué en septembre dernier devant les médias qu'il était alors trop tôt pour parler de crimes contre l'humanité, contrairement à ce qu'affirmaient des ONG et l'Ukraine.
Ils avaient en revanche accusé les forces russes d'avoir commis un "nombre considérable" de crimes de guerre dans quatre régions ukrainiennes dans les premières semaines de l'invasion.

L'ensemble des preuves qu'ils ont recueillies depuis montre, selon eux, que les forces russes "ont commis un vaste éventail" de violations des droits humains et du droit international humanitaire, également appelé droit de la guerre. "Nombre d'entre elles constituent des crimes de guerre et comprennent des homicides délibérés, des attaques contre des civils, des confinements illicites, la torture, des viols, des transferts forcés et des déportations d'enfants".

La Commission indique par ailleurs avoir recensé "un petit nombre de violations commises par les forces armées ukrainiennes", notamment deux incidents qualifiés de crimes de guerre, au cours desquels des prisonniers de guerre russes ont été abattus, blessés et torturés.

11h45 TU. Le patriarche russe Kirill s'insurge contre l'expulsion par Kiev des moines du monastère de la laure des Grottes de Kiev

En plein conflit armé avec la Russie, les autorités ukrainiennes ont exigé la semaine dernière que ces moines occupant actuellement la célèbre Laure des Grottes de Kiev quittent les lieux avant le 29 mars.
 

Cathédrale de Notre Dame de la Dormition de Kiev où se rouve la laure des Grottes,
Cathédrale de Notre Dame de la Dormition de Kiev où se rouve la laure des Grottes, le 7 janvier 2023. Pour la première fois le service était fait par le patriarchat ukrainien, le monastère de la laure des Grottes ayant été sous l'influence du patriarchat russe pendant des siècles. 
© AP Photo/Efrem Lukatsky


"L'ultimatum des autorités étatiques (ukrainiennes) visant la Laure de Kiev représente un acte monstrueux comparable à la persécution de la foi aux temps d'impiété", a déclaré le patriarche Kirill, chef de l'Église orthodoxe russe, dans un message vidéo publié par son service de presse.

Fondée au XIe siècle et classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, la Laure de Kiev, qui surplombe les rives du Dniepr, héberge des moines qui font partie de la branche de l'Église orthodoxe ukrainienne soumise avant la guerre au patriarcat de Moscou.

Leur Église a annoncé en mai la rupture de ses liens avec la Russie, où le patriarche Kirill soutient avec vigueur l'offensive russe. Le gouvernement ukrainien continue d'estimer que cette Eglise reste de facto dépendante de Moscou.

Vendredi dernier, le ministre ukrainien de la Culture Oleksandre Tkatchenko a annoncé la résiliation du bail qui permettait à cette Église de louer gratuitement une partie de la Laure de Kiev.

Le patriarche Kirill a lui appelé à faire "tous les efforts possibles" pour s'opposer à l'expulsion des moines, qui, selon lui, "entraînerait la violation des droits de millions de croyants ukrainiens". "Ce monastère est à l'origine de la tradition spirituelle et monastique commune des peuples russe, ukrainien et bélarusse. C'est le berceau de notre civilisation et de notre culture nationale", a-t-il affirmé.

Par le passé, Kirill a justifié l'offensive en Ukraine en assurant que les peuples russes et ukrainiens étaient des frères qui avaient été séparés de force, notamment par l'Occident. Un point de vue balayé par le gouvernement ukrainien, qui dénonce un conflit post-colonial et impérialiste mené par le Kremlin et qui a multiplié les perquisitions et les poursuites visant des églises et prêtres jugés proches de Moscou.

10h22 TU. La Russie assure "ne pas être une menace" à la Suède et la Finlande

La Russie assure ne pas représenter une "menace" pour la Finlande et la Suède, deux pays qui doivent rejoindre l'Otan, mais dont l'adhésion a jusqu'à présent été bloquée par Ankara. Helsinki indique que la Turquie et son président Recep Tayyip Erdogan avaient pris leur décision concernant l'adhésion de la Finlande après près d'un an de blocage, même si aucune date n'a été donnée pour cette décision.

"Nous avons déploré à plusieurs reprises cette orientation vers l'adhésion de la Finlande et de la Suède, nous avons dit à plusieurs reprises que la Russie n'est en aucun cas une menace pour ces pays", déclare le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Selon lui, les deux pays n'ont "aucun différend" avec la Russie.

10h16 TU. La guerre en Ukraine assombrit les Mondiaux de boxe féminin

Les Mondiaux féminins de boxe, boycottés par plusieurs pays pour protester contre la présence de boxeuses russes et bélarusses,débutent à Delhi, la capitale indienne.  Alors que la plupart des fédérations internationales ont banni les sportifs russes et bélarusses depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022, l'International Boxing Association, (IBA), présidée par le Russe Umar Kremlev, ne les a pas écartés. 

Soutenue financièrement par le géant gazier russe Gazprom, l'IBA, qui organise les Mondiaux, a été suspendue par le Comité international olympique (CIO) en 2019 à la suite de multiples scandales de corruption. Plusieurs pays, dont l'Ukraine, les Etats-Unis, le Canada ou la Grande-Bretagne, ont décidé de boycotter ces Mondiaux auxquels participent 65 pays jusqu'au 26 mars. 

9h14 TU. L'opposant russe Roïzman de nouveau interpellé

L'opposant russe Evguéni Roïzman, ancien maire très populaire d'Ekaterinbourg, dans l'Oural, a été interpellé  sur la base d'une publication l'an dernier sur les réseaux sociaux dont il nie être l'auteur, indique son avocat. Dirigeant d'une fondation caritative à son nom et l'une des dernières figures de l'opposition encore en liberté, Evguéni Roïzman, 60 ans, "va être emmené au commissariat" et les autorités vont décider s'il sera placé ou non en détention administrative, a indiqué l'avocat Vladislav Idamjapov, cité par les agences de presse Tass et Ria Novosti.

Selon des médias, Evguéni Roïzman a été interpellé car il est soupçonné d'avoir, en mai 2022, partagé sur le réseau social russe VK une publication de la Fondation anti-corruption de l'opposant emprisonné Alexeï Navalny, désignée organisation "extrémiste" et dissoute en 2021 par les autorités.

Cité par les médias, son avocat réfute cette accusation. Il affirme que Evguéni Roïzman n'a jamais eu de compte personnel sur VK. Selon lui, la publication incriminée a eu lieu dans un groupe VK avec lequel l'opposant n'a rien à voir. Evguéni Roïzman avait déjà été arrêté en août avant d'être remis en liberté conditionnelle, dans l'attente d'un procès où il est accusé d'avoir "discrédité l'armée" en critiquant l'offensive de Moscou contre Ukraine.


8h33 TU. Scholz estime qu'il est "important" de fournir "rapidement" des munitions à l'Ukraine

Le chancelier allemand Olaf Scholz juge "particulièrement important" de fournir "rapidement" à l'Ukraine les munitions dont elle a besoin pour repousser l'invasion russe. "Avec nos partenaires européens, nous allons ensemble décider de nouvelles mesures pour assurer un approvisonnement meilleur et continu" en munitions, lors du sommet européen de la semaine prochaine, déclare-t-il lors d'un discours devant les députés du Bundestag.

Le chancellier Olaf Scholz s'adressant au parlement allemand le 25 janvier 2023.
Le chancellier Olaf Scholz s'adressant au parlement allemand le 25 janvier 2023.
© Photo/Markus Schreiber, file


8h27 TU. Un réseau d'espionnage russe démantelé par la Pologne

La Pologne affirme avoir entièrement démantelé un réseau d'espionnage russe oeuvrant en soutien à l'offensive lancée par Moscou en Ukraine. "Tout le réseau a été démantelé", déclare le ministre polonais de la Défense Mariusz Blaszczak à la radio publique polonaise PR1. "C'était un groupe d'espionnage, un groupe de personnes qui collectaient des informations pour ceux qui ont attaqué l'Ukraine", ajoute-t-il.

4h00 TU. La Suède redécouvre la pauvreté avec l'inflation 
 

Frappée par une inflation record depuis plus de trente ans et guettée par la récession, la Suède voit se multiplier les signes apparents de pauvreté sur fond de montée des inégalités ces dernières années.

"Comme vous le voyez, beaucoup de gens sont venus pour un petit déjeuner", explique Kawian Ferdowsi, à l’initiative d'une distribution alimentaire devant la gare de Stockholm. Il est à peine six heures et ils sont déjà des dizaines de SDF à faire la queue pour quelques pâtisseries à la cannelle et une tasse de café.
 

Depuis treize ans que je m'occupe de cette association pour sans-abris, je n'ai jamais eu autant de monde, je vois de plus en plus de gens qui cherchent juste un peu d'aide.Kaiwan Ferdowsi, à l'initiative d'une distribution alimentaire

Les répercussions de la guerre en Ukraine conjuguées à une montée des taux d'intérêt et une chute des prix de l'immobilier qui met sous pression les finances de nombreux ménages endettés font de l'économie suédoise une de celles qui suscitent le plus l'inquiétude en Europe.

3h41 TU. Le drone américain en mer Noire prouve-t-il l'implication des États-Unis dans la guerre en Ukraine ?
 

La Russie dit repêcher le drone américain qu'elle est accusée d'avoir fait s'abîmer en mer Noire et qui prouve selon elle l'implication des Etats-Unis dans les opérations en Ukraine. De son côté,  Washington annonce enquêter sur les motivations de Moscou dans cet incident.

Mercredi soir, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a estimé que l'une des causes de l'incident était le "renforcement" des opérations d'espionnage américaines. "Les causes de l'incident sont la non-observation par les Etats-Unis de la zone de limitation des vols annoncée par la Russie et établie du fait de la conduite de l'opération militaire spéciale (en Ukraine), ainsi que le renforcement des activités de renseignement contre les intérêts de la Russie", indique le ministre, cité dans un communiqué de son ministère. "La Russie ne souhaite pas une telle évolution des événements mais elle réagira désormais proportionnellement à toute provocation", ajoute le texte. 

Le Reaper MQ-9 est tombé dans les eaux internationales après avoir été percuté, selon Washington, par un chasseur russe. Moscou admet l'interception de l'appareil par ses avions de chasse mais dément tout contact qui aurait mené au crash.

3h30 TU. Un duo d'humoristes pro-russes tente de piéger des responsables occidentaux

Un duo d'humoristes pro-russes qui se fait passer pour un ancien ambassadeur américain à Moscou. Cette campagne de désinformation vise, selon des experts, à piéger des responsables occidentaux depuis le début de l'invasion de l'Ukraine.

Vladimir Kuznetsov et Alexei Stolyarov, connus sous les noms de "Vovan" et "Lexus", sont réputés depuis longtemps pour avoir piégé des dirigeants et célébrités à travers le monde, du Premier ministre canadien Justin Trudeau à l'ancien Premier ministre britannique Boris Johnson, en passant par la star Elton John.

Mais le célèbre duo, qui dément tout lien avec le Kremlin même s'ils sont soupçonnés d'être liés aux services de sécurité russes, redouble d'efforts pour prendre dans ses filets des responsables de haut niveau d'Amérique et d'Europe ayant pris position contre l'invasion russe entamée en février 2022, selon des experts en cybersécurité.