DIRECT-Ukraine : intenses combats de rue à Severodonetsk, la situation évolue d'heure en heure

Les combats se poursuivent pour la prise de contrôle de Severodonetsk, ville-clé de l'est de l'Ukraine soumise à un déluge de feu russe, où la situation évolue "d'heure en heure" selon Kiev, qui accuse avec Washington la Russie de faire un "chantage" aux exportations de blé.
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Des militaires ukrainiens combattent près de la ligne de front dans la région de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, le 6 juin 2022.
AP Photo/Bernat Armangue.
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Ce qu'il faut savoir sur la situation en Ukraine ce mardi 7 juin

  • Sergueï Lavrov est arrivé en Turquie pour discuter de l'instauration de couloirs maritimes afin de faciliter les exportations de céréales en mer Noire.
  • Environ 800 civils sont réfugiés dans une usine chimique à Severodonetsk, affirme l'avocat américain du magnat Dmytro Firtach, propriétaire du site.
  • L'Ukraine a besoin d'une victoire sur la Russie "sur le champ de bataille" avant toute négociation de paix, a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
  • Les députés russes ont adopté mardi 7 juin en troisième et dernière lecture une loi autorisant la Russie à ne plus appliquer les décisions de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH).
  • L'Ukraine a accusé mardi l'armée russe d'avoir emprisonné près de 600 personnes, essentiellement des journalistes et militants pro-Kiev, dans la région de Kherson, dans le Sud du pays, entièrement occupée par les forces de Moscou.
  • Intenses combats de rue à Severodonetsk
  • Chantage au "blé" de Moscou
  • Le chef des séparatistes confirme la mort d'un général russe

18h18 TU. Le président du Sénat français se rendra "prochainement" en Ukraine.

Le président du Sénat français Gérard Larcher (opposition de droite) se rendra "prochainement" à Kiev, à l'invitation du président de la Rada (parlement ukrainien) Rouslan Stefantchouk, a-t-il annoncé lors d'une conférence de presse conjointe à Paris.

Gérard Larcher a précisé qu'il rendrait "naturellement" compte de cette visite au président de la République Emmanuel Macron "parce qu'il y a des moments où la France doit parler d'une voix"

Le président du Sénat a réaffirmé son soutien à l'Ukraine dans sa demande de statut de candidat à l'adhésion à l'Union européenne. "Je le dis en mon âme et conscience et en toute responsabilité, l'Ukraine a écrit en lettres de sang plusieurs des conditions exigées pour obtenir le statut de candidat", a déclaré Gérard Larcher, affirmant que "l'Union européenne ne peut tourner le dos à l'Ukraine en lui refusant" ce statut.

De son côté le président de la Rada, en tenue kaki et s'exprimant en ukrainien, a exhorté l'Union européenne à "ouvrir la porte" à son pays. "Le chemin de l'Ukraine est uniquement en direction de l'Europe", a-t-il affirmé.

Il a souligné que si l'Ukraine souhaitait "aller vite" dans la procédure d'adhésion, elle ne demande pas de "faveurs". La demande de l'Ukraine doit être examinée lors d'un sommet européen les 23 et 24 juin.

17h37 TU. Serguei Lavrov en Turquie pour discuter des corridors maritimes.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov est arrivé en Turquie pour discuter de l'instauration de couloirs maritimes afin de faciliter les exportations de céréales en mer Noire.

Il doit rencontrer mercredi 8 mai le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu. Au coeur des négociations, la possibilité pour l'Ukraine, acteur majeur du marché mondial des céréales, d'exporter ses récoltes actuellement bloquées dans ses ports.

Le conflit en cours depuis le 24 février, qui bloque l'essentiel des exportations de l'Ukraine via la mer Noire, fait flamber les prix et peser un grave risque de famine dans les pays qui en dépendent, en particulier en Afrique et au Moyen-Orient.

A la demande des Nations unies, la Turquie a proposé son aide pour escorter les convois maritimes depuis les ports ukrainiens, malgré la présence de mines dont certaines ont été détectées à proximité des côtes turques, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine.

Selon le ministre turc de l'Agriculture Vahit Kirisci, Ankara a passé "un accord avec l'Ukraine qui nous livrera (à un prix) 25% moins cher que celui du FOB", le cours du marché qui intègre le prix à destination. Un geste, selon lui, pour remercier la Turquie.

"La Russie et l'Ukraine nous font toutes deux confiance", a-t-il déclaré. "Les discussions continuent".
 

16h32 TU.  « Environ 800 civils » réfugiés dans une usine de Severodonetsk, selon la direction du site.

Environ 800 civils sont réfugiés dans une usine chimique à Severodonetsk, dans l'est de l'Ukraine, où les combats font rage entre les armées ukrainienne et russe depuis plusieurs jours, affirme l'avocat américain du magnat Dmytro Firtach, propriétaire du site.

"Environ 800 civils se sont réfugiés dans les abris de l'usine chimique d'Azot, propriété du Group DF de Dmytro Firtach", a indiqué dans un communiqué Lanny Davis, avocat du magnat ukrainien. "Parmi ces 800 civils figurent environ 200 des 3.000 employés de l'usine et environ 600 habitants de Severodonetsk", a-t-il ajouté. 

La présidence ukrainienne n'avait pas confirmé l'information en fin d'après-midi.

Selon le communiqué publié sur le site internet du Group DF, les 200 employés toujours présents sur le site de l'usine "restent (...) pour assurer la protection des produits chimiques hautement explosifs encore sur le site".

L'usine Azot se situe dans Severodonetsk, ville-clé de la région de Lougansk, dont les troupes russes tentent de prendre le contrôle total depuis plusieurs semaines.

Moscou a affirmé y avoir "totalement libéré" les zones résidentielles, après que le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait assuré lundi que les combattants ukrainiens "tenaient" leurs positions.
 

16h18 TU. L’Ukraine veut une victoire "sur le champ de bataille" avant toute négociation, selon Volodomyr  Zelensky.

L'Ukraine a besoin d'une victoire sur la Russie "sur le champ de bataille" avant toute négociation de paix, a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky au quotidien britannique Financial Times.

"La victoire doit avant tout être sur le champ de bataille", a déclaré le président en répétant que son pays avait besoin d'au moins "autant d'armes que les Russes"

"Pour l'instant, nous ne pouvons pas avancer de façon puissante" sans subir de lourdes pertes, a-t-il souligné en appelant les alliés occidentaux de l'Ukraine à fournir plus d'armes à son pays.

A la demande de savoir ce que l'Ukraine considérerait comme une "victoire" dans cette guerre, Volodymyr Zelensky a jugé que le retour à la situation d'avant l'invasion russe le 24 février serait "une sérieuse victoire provisoire" avant la la fin de l'occupation totale du pays.

Interrogé sur les pourparlers avec la Russie interrompus depuis fin mars, le président ukrainien a répondu qu'il n'avait "pas changé" sa position sur le fait que "toute guerre doit être terminée à la table des négociations".

"Je suis prêt à des pourparlers directs avec (le président russe Vladimir) Poutine, que je le veuille ou non, mais si nous parlons de finir la guerre et non de blabla. Je suis prêt pour cela. Je crois qu'il n'y a personne d'autre à qui parler en Russie", a-t-il souligné.


13h21 TU. La Russie décide de ne plus appliquer les arrêts de la CEDH.

Les députés russes ont adopté mardi 7 juin en troisième et dernière lecture une loi autorisant la Russie à ne plus appliquer les décisions de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), après l'exclusion du pays du Conseil de l'Europe en mars.

"La Cour européenne des droits de l'Homme est devenu un instrument de lutte politique contre notre pays dans les mains d'hommes politiques occidentaux", a affirmé Viatcheslav Volodine, le président de la Douma, chambre basse du Parlement russe, dans un communiqué publié à l'issue du vote. "Certaines de ses décisions étaient en contradiction directe avec la Constitution russe, nos valeurs et nos traditions", a-t-il ajouté.

Conséquence de cette loi, la Russie n'appliquera plus les décisions de la CEDH prises après le 15 mars, date à laquelle Moscou a annoncé sa décision de quitter le Conseil de l'Europe dont elle était membre depuis 1996.

Le lendemain, la Russie avait été officiellement exclue du Conseil, en raison de son intervention militaire en Ukraine lancée le 24 février. En quittant le Conseil, la Russie est également sortie de la Convention européenne des droits de l'homme.

La Russie est toutefois officiellement tenue de se conformer à la Convention européenne des droits de l'Homme jusqu'au 16 septembre, date à laquelle elle cessera d'en être une "Haute Partie contractante".
 

12h23 TU. Près de 600 Ukrainiens détenus par les Russes dans la région de Kherson.

L'Ukraine a accusé mardi l'armée russe d'avoir emprisonné près de 600 personnes, essentiellement des journalistes et militants pro-Kiev, dans la région de Kherson, dans le Sud du pays, entièrement occupée par les forces de Moscou.

"Selon nos informations, environ 600 personnes sont (...) détenues dans des sous-sols spécialement aménagés dans la région de Kherson", a indiqué Tamila Tacheva, représentante du président ukrainien pour la Crimée, péninsule ukrainienne frontalière de Kherson et qui a été annexée par Moscou en 2014.

Il s'agit "essentiellement de journalistes et militants" qui ont organisé "des rassemblement pro-ukrainiens à Kherson et dans sa région" après l'occupation de ce territoire par les Russes, a-t-elle précisé.

"Selon nos informations, ils sont détenus dans des conditions inhumaines et sont victimes de tortures", a accusé Tamila Tacheva sans donner de détails. 

12H13 TU. Moscou dit avoir "totalement libéré" les zones résidentielles de Severodonetsk 

Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou affirme que l'armée russe a "totalement libéré" les zones résidentielles de Severodonetsk.

"Les zones résidentielles de Severodonetsk ont été totalement libérées", a-t-il déclaré à la télévision, ajoutant que "la prise de contrôle de sa zone industrielle et des localités voisines se poursuit".

À re(voir) : Severodonestk sous les bombes russes

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11H28 TU. Kiev refuse que le chef de l'AIEA se rende à sa centrale nucléaire occupée par les Russes

L'Ukraine s'oppose à ce que le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi se rende à la centrale nucléaire de Zaporijjia, tant qu'elle est occupée par les Russes, selon l'opérateur ukrainien des centrales nucléaires.

"L'Ukraine n'a pas invité Grossi à visiter la centrale de Zaporijjia et lui a refusé par le passé d'effectuer une telle visite. La visite de la centrale ne deviendra possible que quand l'Ukraine restituera le contrôle sur le site", a écrit l'opérateur, Energoatom. 

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Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi lors d'une conférence de presse à Tokyo (Japon), le 19 mai 2022. 
AP Photo/Hiro Komae.


10H25 TU. Le chef des séparatistes confirme la mort d'un général russe

Le chef des séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine a confirmé la mort d'un général russe dans cette région où les forces de Moscou mènent une offensive d'envergure contre celles de Kiev. La mort du général Koutouzov avait été rapportée dimanche par un correspondant de guerre russe, Alexandre Sladkov, mais n'avait jusque-là pas été confirmée de source officielle.

05H00 TU. Intenses combats de rue à Severodonetsk

"Nos héros tiennent leurs positions à Severodonetsk. D'intenses combats de rue se poursuivent", selon le président Volodymyr Zelensky.

"Dans la région de Donetsk, en plus des tirs d'artillerie, l'ennemi tire depuis des avions et des hélicoptères", selon le premier bulletin de l'état-major de l'armée ukrainienne mardi matin, confirmant que Severodonetsk reste "le coeur de cible de l'ennemi". 

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Sous-sol utilisé comme abri anti-bombes à Severodonetsk, dans la région de Lougansk, en Ukraine, le  13 mai 2022.
AP Photo/Leo Correa.


04H50 TU. Chantage au "blé" de Moscou

L'autre grande bataille, économique celle-ci, est celle des ressources en blé de la superpuissance céréalière qu'est l'Ukraine.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a ainsi accusé Moscou de "chantage" à la levée des sanctions internationales par son blocage des exportations de blé de l'Ukraine.

Il a par ailleurs jugé "crédibles" les informations selon lesquelles la Russie "vole" des tonnes de céréales, "pour les vendre à son propre profit", avec son blocus naval des ports ukrainiens, qui empêche les exportations de céréales et fait craindre des crises alimentaires notamment en Afrique.

"Il est important pour nous de nous tenir prêts à exporter nos céréales. La Russie raconte que la pénurie alimentaire incombe à l'Ukraine... C'est faux", selon le président Volodymyr Zelensky.

À re(voir) : "La situation à l'est est difficile", selon le président ukrainien
 

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03H00 TU. La bataille fait rage à Severodonetsk

Cette ville-clé de l'est de l'Ukraine est soumise à un intense feu russe où le président ukrainien reconnaît une situation "difficile", tandis que Moscou met de nouveau en garde les Occidentaux en cas de livraisons d'armes de longue portée.

Les forces ukrainiennes tiennent bon à Severodonetsk, mais les Russes y sont plus nombreux et plus puissants, si bien que la situation est difficile sur le front oriental.

Volodymyr Zelensky, président ukrainien.

À revoir : Russie : Vladimir Poutine de plus en plus menaçant ?

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02H50 TU. Mise en garde de Moscou

A Moscou, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a à son tour mis en garde les pays occidentaux contre des livraisons à Kiev d'armes de longue portée.

"Plus les armes de longue portée que vous livrerez seront performantes, plus nous repousserons loin de notre territoire les lignes ukrainiennes", a averti Sergueï Lavrov au cours d'une conférence de presse en ligne.