DIRECT - Ukraine : Kiev à nouveau bombardée

La bataille militaire et informationnelle se poursuit autour de la ville de Severodonestk, priorité des Russes. Kiev et Moscou ont procédé à leurs premiers échanges de corps de soldats morts. Des infrastructures ferroviaires ont été visés par des tirs de missiles à Kiev dimanche matin. 
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Kiev bombardée ce 5 juin
De la fumée s'élève derrière des immeubles après des frappes russes ce dimanche à Kiev.
© AP Photo/Natacha Pisarenko
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Ce qu'il faut retenir ce dimanche 5 juin, 102ème jour de guerre

- Kiev a nouveau bombardée ce matin. Les Russes visaient des armements et des infrastructures ferroviaires.
- Un missile russe s'est dangereusement rapproché de la centrale nucléaire de Pivdennoukrainsk.
- Le ministre ukrainien de la Défense estime que la guerre pourrait s'achever "cette année".
- Le président du Sénégal et de l'Union africaine, Macky Sall, compte se rendre à Kiev.
- Le Pape François appelle à "de réelles négociations".
- Premiers échanges de corps de combattants morts entre l'Ukraine et la Russie.

17h47 TU. "La moitié" de Severodonetsk est sous le contrôle de l'armée ukrainienne (responsable).

L'Ukraine affirme que ses forces contrôlent la "moitié" de Severodonetsk, une ville-clé de l'est de son territoire et actuel épicentre des combats acharnés dans la vaste région houillère du Donbass.

"Nos forces armées ont nettoyé la moitié" de ce centre industriel des troupes russes qui s'y trouvaient, a déclaré le gouverneur de la région de Lougansk, Serguiï Gaïdaï, dans une interview diffusée sur les réseaux sociaux. "La moitié de la ville est sous le contrôle de nos défenseurs", a-t-il ajouté.
 


Le gouverneur a accordé une interview à Blitz, média internet ukrainien dans lequel il explique qu'il est tout à fait possible de reprendre la ville. Mais il faut se demander si cela est opportun.

"Il est tout à fait possible de faire sortir les Russes de Severodonetsk; La tâche est à nore portée. Mais après, quelle sera la prochaine étape ? Les Russes vont se retirer et détruire tout dans leur reraite avec leur aviation. Stratégiquement, la ville de Severodonetsk n'est pas de grande importance. Lysychansk l'est plus."


17h10 TU. L'Ukraine a besoin d'un soutien militaire "constant" de la part des pays occidentaux et non d'une aide "ponctuelle", jusqu'à sa victoire contre les forces de Moscou, déclare sa vice-ministre de la Défense, Ganna Malyar.

"Nous sommes déjà entrés dans une guerre prolongée et nous aurons besoin d'un soutien constant. L'Occident doit comprendre que son aide ne peut être ponctuelle mais qu'elle doit se poursuivre jusqu'à notre victoire", a déclaré Ganna Malyar aux médias locaux.



16h20TU. La députée Lesia Vasylenko invite à nouveau Emmanuel Macron à se rendre à Kiev.

La députée est à Kiev, qui a été une nouvelle fois bombardée ce matin. Elle invite Emmanuel Macron à venir dans la capitale pour qu'il se "rende compte des conséquences de l'agression russe sur le terrain. Après cela, il va peut-être changer sa réthorique pour essayer d'apaiser un terroriste, un dictateur. Cela a déjà eu lieu dans l'histoire française pendant la 2ème guerre mondiale et ça n'a mené à rien, qu'à une guerre totale, dévastatrice sur le continent européen. Emmanuel Macron ne devrait pas répeter les fautes des précédents dirigeants de la République française."

13h15 TU. Dans une publication sur l'application Telegram, le ministère russe de la Défense a déclaré que des missiles lancés par air de haute précision et à longue portée avaient été utilisés.

Le ministère de la Défense russe a indiqué que les frappes à la périphérie de Kiev ont détruit des chars T-72 fournis par des pays d'Europe de l'Est et d'autres véhicules blindés situés dans les bâtiments d'une entreprise de réparation automobile.

De son côté, le maire de Kiev Vitali Klitschko a déclaré sur l'application de messagerie Telegram que les missiles ont touché les districts de Darnytski et Dniprovski.

Une colonne de fumée remplissait l'air d'une odeur âcre dans le district de Darnystki, à l'est de Kiev, et l'épave carbonisée et noircie d'une structure de type entrepôt finissait de se consumer.

La police près du site a déclaré à un journaliste de l'Associated Press que les autorités militaires avaient interdit la prise d'images. Les soldats ont également bloqué une route dans une zone voisine menant à une grande gare de triage.

Les sites frappés comprenaient des installations pour la compagnie ferroviaire d'État, Ukrzaliznytsia, a déclaré Serhiy Leshchenko, conseiller au bureau du président Volodymyr Zelenskyy, sur Telegram et twitter.


Les missiles de croisière semblaient avoir été lancés à partir d'un bombardier Tu-95 survolant la mer Caspienne, a déclaré l'Air Force Command sur Facebook. Il a déclaré que les unités de défense aérienne avaient abattu un missile.

Energoatom a déclaré qu'un missile de croisière s'était dangereusement rapproché de la centrale nucléaire de Pivdennoukrainsk. Un acte dénoncé par la député Lesia Vasylenko qui en avril déjà dénonçait la dangerosité d'une telle manoeuvre.


La direction d'Energoatom a déclaré que le missile "a volé très bas" et que les forces russes "ne comprennent toujours pas que même le plus petit fragment d'un missile qui peut toucher une unité de puissance en état de marche peut provoquer une catastrophe nucléaire et une fuite de rayonnement".

11h14 TU. Le pape François appelle à "de réelles négociations".

Le Pape François ce 5 juin
Le Pape François à la fenêtre de son appartement, place Saint Pierre, ce 5 juin.
© AP Photo/Alessandra Tarantino



En marge des célébrations de la Pentecôte, le pape François a réitéré son appel à "de réelles négociations" devant "l'escalade de plus en plus dangereuse" du conflit en Ukraine.  "Alors que la fureur de la destruction et de la mort fait rage et que les affrontements s'enflamment, alimentant une escalade de plus en plus dangereuse pour tous, je renouvelle mon appel aux dirigeants des nations: s'il vous plaît, ne conduisez pas l'humanité à la destruction !"

Devant 25.000 fidèles réunis place-Saint Pierre, depuis la fenêtre du palais apostolique, il a demandé à ce que "le cri désespéré des gens qui souffrent soit entendu dans le respect de la vie humaine".

Samedi, lors d'une rencontre avec des enfants au Vatican, le pape de 85 ans avait confirmé son désir de se rendre en Ukraine. "Je voudrais aller en Ukraine, seulement, je dois attendre le moment pour le faire, parce qu'il n'est pas facile de prendre une décision qui peut faire plus de mal que de bien au monde. Je dois trouver le bon moment pour le faire", a-t-il déclaré en réponse à un jeune garçon d'origine ukrainienne.

"La semaine prochaine, je vais recevoir des représentants du gouvernement ukrainien qui viendront parler et aborder une éventuelle visite de ma part: voyons ce qu’il se passera", a-t-il ajouté.

Depuis le début de l'invasion, le 24 février, le pape a multiplié les appels à la paix en Ukraine sans jamais nommer directement Vladimir Poutine ou la Russie. De son côté, le Vatican s'efforce de maintenir le dialogue avec l'Eglise orthodoxe russe.

08h46 TU. Vladimir Poutine prévient que de nouvelles cibles seront visées si des missiles de longues portée sont livrés à l'Ukraine.

Moscou frappera de nouvelles cibles si les Occidentaux fournissent des missiles de longue portée à l'Ukraine, a prévenu le président russe, Vladimir Poutine. Si des missiles de longue portée sont livrés à l'Ukraine, "alors nous tirerons les conclusions appropriées et utiliserons nos armes (...) pour frapper des sites que nous n'avons pas visés jusqu'à présent", a-t-il déclaré, cité par les agences de presse russes. Il n'a pas précisé quelles cibles pourraient être concernées.

Il a aussi estimé qu'il n'y avait pour l'instant "rien de nouveau" dans les armes américaines fournies à Kiev, ajoutant que les forces ukrainiennes disposaient déjà de "systèmes similaires de fabrication soviétique ou russe, comme les Grad, les Smertch ou les Ouragan".

La portée des projectiles "ne dépend pas du système lui-même, mais des missiles qui sont utilisés, a-t-il poursuivi. Ce que nous entendons et comprenons aujourd'hui, c'est qu'il s'agit (pour les Himars américains) de missiles d'une portée de 45 à 70 km."

Selon le dirigeant, le livraisons actuelles d'armes visent "à prolonger le conflit armé aussi longtemps que possible."

07h09 TU. La ville de Severodonestk "divisée en deux" selon le gouverneur de la région de Louhansk. 

Sur Telegram, le gouverneur de la région de Louhansk, Serguiï Gaïdaï, affirme que les Russes ont perdu du terrain à Severodonetsk. "Les Russes contrôlaient environ 70% de la ville, mais au cours des deux derniers jours ils ont été repoussés. La ville est divisée en deux, ils ont peur de s'y déplacer librement". et dont Severodonetsk est la capitale administrative ukrainienne.


05h30 TU. Ukraine et Russie ont échangé leurs premiers corps de soldats morts selon Bloomberg.

D'après l'agence de presse américaine, Kiev et Moscou ont procédé à l'échange de 160 corps de soldats tués, une première depuis le début de l'invasion en février. 

L'échange a été opéré sur la ligne de contact dans la région de Zaporijjia le 2 juin, selon le ministère ukrainien de réintégration des territoires temporairement occupés.


04h34 TU. Des missiles frappent les chemins de fer à Kiev.

Plusieurs explosions ont retenti dans la capitale ukrainienne selon son maire, Vitali Klitschko., qui s'est exprimé sur Telegram. "Plusieurs explosions dans les quartiers de Darnytsky et Dniprovsky de la ville. Les services sont en train d'éteindre" le feu.

De son côté, l'état-major de l'armée ukrainienne a confirmé sur sa page Facebook que "l'agresseur continue de lancer des missiles et de mener des frappes aériennes sur les infrastructures militaires et civiles de notre pays, en particulier à Kiev". 

Les bombardements ont visé des infrastructures ferroviaires. "Les frappes ont visé les infrastructures d'Ukrzaliznytsia", société des chemins de fer ukrainienne, a confirmé, sur Telegram, Serguiï Lechtchenko, membre du conseil de surveillance d'Ukrzaliznytsia et conseiller de la présidence ukrainienne. 

Selon les forces aériennes ukrainiennes, plusieurs missiles de croisière ont été tirés à l'aube en direction de Kiev par des avions russes TU-95 basés dans la mer Caspienne dont un a été détruit. 

La société ukrainienne, Energoatom, qui gère les centrales nucléaires du pays, a pour sa part déclaré qu'un missile avait volé à un "niveau extrêmement bas au-dessus de la centrale Pivdenno-Ukraïnska", dans la région de Mykolaïv (sud). Elle dénonce "un acte de terrorisme nucléaire". 

"Ce missile a probablement été tiré en direction de Kiev", selon la même source. 

De son côté, la Russie affirme avoir ciblé des blindés livrés par des pays d'Europe de l'Est. "Des missiles de haute précision et de longue portée tirés par les forces aérospatiales russes sur la banlieue de Kiev ont détruit des chars T-72 fournis par des pays d'Europe de l'Est et d'autres blindés qui se trouvaient dans des hangars", a déclaré le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov.

Samedi 4 juin

21h13 TU. Après Moscou, Macky Sall compte se rendre à Kiev.
 

Depuis Accra, au Ghana, le chef de l'Etat sénégalais et président en exercice de l'Union africaine, Macky Sall, a fait part de son intention de se rendre en Ukraine. Ce, alors qu'il vient d'être reçu vendredi en Russie par son homologue Vladimir Poutine.

"Oui (...) j'irai également à Kiev. C'est important pour contribuer au retour de la paix", a-t-il déclaré à des journalistes en arrivant à un sommet de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), sans donner plus de précisions.

Lors de son entretien avec son homoogue russe, vendredi 3 juin, Macky Sall a demandé au nom des pays africains "de prendre conscience que nos pays (...) sont des victimes de cette crise au plan économique".

Il a invoqué le blocage des céréales, les pays africains étant fortement dépendants des exportations de Russie et d'Ukraine, ainsi que la pénurie d'engrais. Il s'est dit plus tard "rassuré" par la teneur de cet entretien. 

(Re)voir : Guerre en Ukraine : retour sur la rencontre entre Macky Sall et Vladimir Poutine
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19h50. La guerre pourrait se terminer "cette année" selon le ministre ukrainien de la Défense.
 

La bataille à l'oeuvre dans la région du Donbass est une "guerre d'usure", selon les mots du secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg.

De son côté, le ministre ukrainien de la Défense Oleksiï Reznikov, à l'occasion d'un forum international sur la sécurité a expliqué qu'"il est encore impossible de prédire" quand s'achèvera le conflit. Il a toutefois ajouté que : "selon mes prévisions optimistes, c'est réaliste cette année".

Selon le ministre, "la Russie continue de faire des efforts pour occuper tout notre État"et rêve de "rassembler les terres" qu'il considère comme "siennes", incluant "la Pologne, les Pays baltes, la Slovaquie et d'autres".

(Re)voir : Guerre en Ukraine : l'armée ukrainienne gagne du terrain au nord

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19h09 TU.  Des "combats de rue" pour "rétablir le contrôle total de l'Ukraine à Severodonestk.

"Il y a eu un certains succès" des troupes russes "qui ont réussi à entrer dans la ville et s'emparer d'une bonne partie, en la divisant en deux. Mais nos militaires ont réussi à se redéployer, construire une ligne de défense. Actuellement, on fait tout le nécessaire pour rétablir le contrôle total de l'Ukraine" sur la ville, a déclaré le maire de Severodonetsk, Olexandre Striouk, dans une interview télévisée diffusée sur le compte Telegram officiel régional.

"La situation est assez difficile, on fait tout le possible pour repousser l'ennemi de la ville, les combats de rue se poursuivent accompagnés de tirs d'artillerie réguliers, a souligné M. Striouk. Nos forces armées sont confiantes qu'elles y arriveront."

"Les combats se poursuivent pour le contrôle total de Severodonetsk", a pour sa part déclaré l'Etat-major de l'armée ukrainienne, sans plus de détails. 

Plus tôt, le ministère russe de la Défense a affirmé que les unités militaires ukrainiennes "ayant subi des pertes critiques lors des combats pour Severodonetsk (jusqu'à 90% dans plusieurs unités)" se retiraient vers Lyssytchansk, la ville voisine.

(Re)voir : Guerre en Ukraine : guerre d'usure à Severodonetsk

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