DIRECT - Ukraine : plus de dix millions d'Ukrainiens sans électricité

Près de la moitié des infrastructures énergétiques d'Ukraine ont été mises "hors d'état de fonctionner" à la suite de frappes russes massives depuis début octobre, Kiev réclamant ce 18 novembre un "soutien supplémentaire" de la part de ses alliés européens. La Russie a, elle, accusé l'Ukraine d'avoir exécuté "brutalement" plus de dix de ses militaires qui avaient été fait prisonniers, dénonçant un "crime de guerre".
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Deux employés d'un restaurant se servent des torches de leur téléphone portable pendant une coupure de courant à Kiev, le 17 novembre 2022. 
Deux employés d'un restaurant se servent des torches de leur téléphone portable pendant une coupure de courant à Kiev, le 17 novembre 2022. 
© AP Photo/John Leicester
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19h13 TU. Lavrov persona non grata en Pologne pour la réunion annuelle de l'OSCE

La Pologne, qui organise début décembre la réunion ministérielle de l'OSCE, a refusé l'entrée sur son territoire au ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, indique à l'AFP la présidence de l'organisation.
"Nous attendons de la Fédération de Russie qu'elle choisisse les membres de sa délégation conformément à la réglementation en vigueur", a expliqué une source au sein de cette présidence annuelle tournante, assurée actuellement par Varsovie.
 
Serguei Lavrov
Sergueï Lavrov ce 18 novembre à Moscou.
© AP Photo/Alexander Zemlianichenko, Pool

Selon elle, la délégation russe ne doit pas "inclure les personnes sanctionnées par l'Union européenne (UE) à la suite de l'agression illégale de la Russie contre l'Ukraine le 24 février, y compris le ministre Lavrov".

Le porte-parole du ministère polonais des Affaires étrangères Lukasz Jasina a aussi déclaré à l'AFP ne pas prévoir "de visite du ministre Lavrov à Lodz", ville du centre de la Pologne où doit se tenir la réunion des 57 ministres des Affaires étrangères de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) les 1er et le 2 décembre. La présidence polonaise de l'OSCE affirme avoir reçu une lettre de protestation de la délégation russe à la suite à cette décision.

Depuis sa création en 1975 au coeur de la guerre froide pour favoriser le dialogue Est-Ouest, l'OSCE siège à Vienne, en Autriche.
Contactée par l'AFP, la représentation russe à Vienne n'a pas souhaité faire de commentaire.

La rencontre ministérielle annuelle de l'OSCE, à laquelle quel Sergueï Lavrov participe d'ordinaire, est l'organe central de cette organisation internationale, responsable de ses décisions.

Elle est l'occasion pour les ministres des Affaires étrangères d'examiner le travail de l'OSCE dans tous ses domaines d'activité.

Après l'invasion russe de l'Ukraine, la Pologne et les trois États baltes ont annoncé en septembre s'être mis d'accord pour restreindre temporairement l'entrée sur leur sol des citoyens russes, même porteurs de visas européens.

18h22 TU. Seul Zelensky peut décider de l'ouverture de négociations avec la Russie, affirme Washington.

La Maison Blanche a répété que seul le président ukrainien Volodymyr Zelensky était en mesure d'approuver l'ouverture de négociations entre l'Ukraine et la Russie, rejetant toute notion de pressions américaines sur Kiev.
 
John Kirby le 26 octobre
John Kirby, conseiller à la Sécurité de la Maison blanche.
© AP Photo/Susan Walsh

"Nous sommes tous d'accord qu'une solution diplomatique négociée est la meilleure des issues possibles, excepté une décision par (le président russe Vladimir) Poutine de retirer ses troupes" d'Ukraine, a déclaré à des journalistes le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, John Kirby. "Nous avons également dit qu'il revenait au président Zelensky de dire si, et quand, il serait prêt à des négociations et la forme que prendraient ces négociations; et personne aux Etats-Unis n'est en train de le sonder, d'insister ou de le pousser à la table" des négociations, a-t-il dit, d'autant plus au vu des frappes massives russes visant les infrastructures civiles en Ukraine.

Le responsable était interrogé sur des propos du chef d'état-major américain, le général Mark Milley, qui a déclaré à deux reprises récemment qu'il y avait possiblement une fenêtre d'opportunité pour entamer des discussions en vue d'une solution politique au conflit. "Les Russes sont vraiment dans une mauvaise passe, donc vous voulez négocier à un moment où vous êtes en position de force et votre adversaire en position de faiblesse", a-t-il déclaré hier.

Des médias américains ont récemment rapporté que certains hauts responsables commençaient à encourager l'Ukraine à envisager des pourparlers, ce que le président Zelensky a refusé jusqu'ici.

Les États-Unis sont le principal pourvoyeur d'aide militaire à Kiev depuis le début du conflit le 24 février.

Au G20 mardi, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avait jugé "irréalistes" les conditions ukrainiennes pour entamer des pourparlers pour mettre fin à la guerre.

L'Ukraine réclame le retrait des troupes russes de son territoire et le retour de son intégrité territoriale, alors que Moscou a revendiqué l'annexion de quatre régions ukrainiennes fin septembre, en plus de la péninsule de Crimée annexée en 2014.


17h15 TU. Drones iraniens en Ukraine : l'UE envisage plus de sanctions contre Téhéran.

L'Union européenne et ses partenaires pourraient prendre de nouvelles sanctions contre l'Iran, accusé de fournir des drones utilisés par la Russie contre l'Ukraine, a déclaré  la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dénonçant "un risque pour la sécurité".

Kiev et ses soutiens occidentaux ont accusé la Russie d'utiliser des drones de fabrication iranienne pour mener des attaques en Ukraine ces dernières semaines.
"Nous nous coordonnons avec nos partenaires et alliés pour prendre de nouvelles sanctions contre l'Iran en réponse à la prolifération des drones iraniens", a annoncé Ursula von der Leyen, lors d'une conférence annuelle sur la sécurité organisée à Bahreïn, petit royaume du Golfe situé près des côtes iraniennes.
 

La Grande-Bretagne, le Canada et l'Union européenne (UE) ont déjà imposé des sanctions à des responsables iraniens et entreprises d'armement, en raison de la fourniture de drones à la Russie mais aussi de la répression de manifestations dans la République islamique.

La cheffe de la Commission européenne a estimé que l'Iran "faisait équipe" avec la Russie pour "saper les règles et principes de base de l'ordre mondial".
Début novembre, l'Iran a reconnu avoir fourni des drones à la Russie mais assuré que ces livraisons avaient eu lieu avant l'offensive en Ukraine.

"Plusieurs pays du Golfe mettent en garde depuis des années contre le risque que l'Iran alimente en drones les Etats voyous", a déclaré Ursula von der Leyen.
Selon elle, l'Union européenne a mis "trop longtemps à comprendre un fait très simple" : la nécessité de contrer "d'autres formes de prolifération d'armes, allant des drones aux missiles balistiques", en plus des efforts internationaux pour empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique. Cette prolifération constitue "un risque pour la sécurité, non seulement du Moyen-Orient, mais pour nous tous", a-t-elle ajouté.

L'Arabie saoudite et d'autres États du Golfe accusent l'Iran de soutenir et fournir des armes à des mouvements armés au Moyen-Orient, des rebelles Houthis du Yémen au Hezbollah libanais.

16h05 TU. La Finlande détaille son projet de barrière avec la Russie.

Les gardes-frontières finlandais ont présenté ce vendredi un plan détaillé prévoyant la construction d'une barrière pour renforcer la sécurité de leur frontière avec la Russie, sous tension depuis l'invasion de l'Ukraine.

Surmontée de barbelés, cette clôture de trois mètres de haut, doit être construite sur une zone couvrant 200 km le long d'une route, pour une somme totale de 380 millions d'euros. Les zones particulièrement sensibles seront équipées de caméras à vision nocturnes, d'éclairage et de haut-parleurs, a expliqué lors d'une conférence de presse le chef du projet au sein des gardes-frontières, Ismo Kurki.

La construction, divisée en trois phases, débutera en mars 2023 avec la mise en place d'une barrière pilote sur trois kilomètres au passage frontalier d'Imatra.
 

En fonction des résultats de cette phase, la deuxième étape vise la construction fin 2023 de 70 kilomètres supplémentaires de barrière dans les zones autour des passages frontaliers.

Le gouvernement a déjà ajouté dans son budget une enveloppe supplémentaire de 6 millions d'euros pour la phase pilote et 139 millions pour la deuxième.
La dernière phase doit s'achever en 2025 ou 2026, selon le brigadier-général Jari Tolppanen. "C'est l'un des plus grands projets jamais entrepris par les gardes-frontières", a-t-il déclaré aux journalistes.

Craignant que Moscou n'utilise les migrants pour exercer une pression politique, la Finlande, candidate à l'Otan, a amendé en juillet sa loi sur les gardes-frontières pour faciliter la construction de barrières plus solides.

Bien que la frontière entre la Finlande et la Russie ait "bien fonctionné" dans le passé, la guerre en Ukraine a "fondamentalement" changé la situation sécuritaire.
"Dans cette situation, nous avons toutes les raisons de reconsidérer notre dispositif", a déclaré M. Tolppanen à l'AFP.

Les frontières finlandaises sont actuellement principalement sécurisées par de légères barrières de bois, essentiellement conçues pour empêcher le bétail de se déplacer.

Les nouveaux amendements permettent de fermer les passages aux frontières et de réunir les demandeurs d'asile à des points spécifiques en cas de tentative d'entrée à grande échelle en Finlande.

15h01 TU. Le G7 s'inquiète de la montée des "menaces hybrides".

Les ministres de l'Intérieur du G7 se sont dit déterminés à lutter contre les "menaces hybrides" sur la sécurité, accrues par la guerre en Ukraine, qu'il s'agisse des risques d'atteinte aux infrastructures critiques ou de la manipulation de l'information.

La guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine "a eu un impact significatif sur la sécurité intérieure des pays du G7", selon la déclaration finale adoptée par les ministres de l'Intérieur du groupe des sept pays qui s'est réuni dans une abbaye à Eltville (ouest), non loin de Francfort.

Cette réunion est intervenue la même semaine que la chute sur le territoire polonais d'un missile qui a fait deux morts, nouvelle illustration des vastes retombées de cette guerre.

Le conflit a envenimé ce que le G7 qualifie de "menaces hybrides" provenant "d'acteurs étatiques et non étatiques" visant à semer "l'insécurité" et la "division" chez "les partenaires et alliés de la communauté internationale", selon la déclaration.
Ces menaces visent notamment les infrastructures critiques qu'il convient de "protéger", écrit le G7 évoquant le sabotage présumé fin septembre, des gazoducs Nord Stream en Mer Baltique.

Par conséquent, il apparaît "crucial" d'établir des "partenariats au niveau national et international, y compris avec le secteur privé, pour devenir plus résilient."
La manipulation de l'information est "un défi croissant pour les sociétés démocratiques, les gouvernements et les institutions du monde entier", selon cette déclaration.
Mais "Poutine ne réussira pas !", a martelé la ministre allemande de l'Intérieur Nancy Faeser, hôte du sommet, lors d'une conférence de presse.
 

"Nous contrerons les mensonges par des faits. Nous encouragerons la coopération dans la traque des réseaux de désinformation", a-t-elle ajouté.
Concrètement la ministre a annoncé la volonté de "travailler plus étroitement et en réseau" sur le sujet, citant en exemple les avancées de la France en matière de vérifications de faits effectuées avec la société civile.

Ils ont également mis en garde contre les nouvelles menaces qui pourraient apparaître du fait de la présence de combattants étrangers en Ukraine et de la circulation accrue d'armes dans la région.

"Un petit nombre" de combattants volontaires en Ukraine "pourrait constituer une menace accrue à leur retour", ont-ils déclaré. Les ministres du G7 se sont engagés à travailler étroitement avec l'Ukraine sur "un régime strict de contrôle des armes" afin d'empêcher le commerce illégal d'armes à feu et de munitions.

Le groupe des sept pays industrialisés compte l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l'Italie, le Japon, le Canada et les États-Unis.


14h36 TU. "Près de la moitié" du système énergétique "hors d'état de fonctionner" après les frappes russes (Premier ministre).

"Près de la moitié" des infrastructures énergétiques d'Ukraine est "hors d'état de fonctionner" à la suite d'une série de frappes russes depuis début octobre, a indiqué vendredi le Premier ministre ukrainien Denys Chmygal.

Le Premier ministre Chmygal a fait cette annonce lors d'une conférence de presse à Kiev avec le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis. Il a ainsi réclamé "un soutien supplémentaire" de l'UE pour faire face à cette situation.
 

"Des restrictions sur plusieurs heures sont imposées dans toute l'Ukraine pendant la journée", a encore indiqué l'opérateur électrique national, Ukrenergo, après que le président Volodymyr Zelensky a dit jeudi soir que "dix millions d'Ukrainiens" se trouvaient toujours sans courant.

14h34 TU. Moscou accuse l'Ukraine d'avoir exécuté plus de 10 prisonniers de guerre russes.

La Russie accuse l'Ukraine d'avoir exécuté "brutalement" plus de 10 de ses militaires qui avaient été fait prisonniers, dénonçant un "crime de guerre".
"Personne ne pourra présenter le meurtre délibéré et méthodique de plus de 10 soldats russes qui étaient immobilisés (...), avec des tirs directs dans la tête, comme une 'exception tragique' ", a déclaré le ministère russe de la Défense, après la publication sur les réseaux sociaux de vidéos affirmant montrer les corps de militaires russes tués et qui venaient de se rendre, alignés au sol.

Le Conseil des droits de l'homme auprès du Kremlin, un organe consultatif rattaché à la présidence russe, a affirmé que ces exécutions présumées avaient été commises à Makiïvka, localité de la région de Donetsk (est de l'Ukraine).

"Nous allons demander une réaction de la communauté internationale et une enquête", a déclaré le dirigeant de cet organe, Valériy Fadeïev.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole de l'ONU a déclaré : "Nous avons connaissance de ces vidéos et les examinons". Il a souligné que le cas échéant les coupables devaient répondre de leurs actes.

Le Comité d'enquête russe a indiqué avoir ouvert une enquête pour "l'exécution de soldats russes capturés". Le ministère russe de la Défense a affirmé que ces vidéos constituaient "une nouvelle preuve du massacre de prisonniers de guerre russes désarmés par des militaires ukrainiens""Ce meurtre brutal de prisonniers de guerre russes n'est pas le premier, ni le premier crime de guerre commis", a-t-il poursuivi, affirmant que le président ukrainien Volodymyr Zelensky "rendra des comptes pour tous les prisonniers torturés et tués".

Dans un rapport publié le 15 novembre , l'ONU avait affirmé que des prisonniers de guerre capturés par les deux parties étaient soumis à la torture et aux mauvais traitements.

L'organisation fait état de témoignages selon lesquels les prisonniers détenus par les forces russes étaient torturés de manière "assez systématique". L'ONU indique avoir reçu des "allégations crédibles" d'exécutions sommaires de prisonniers de guerre russes capturés par les forces ukrainiennes et de plusieurs cas de torture et de mauvais traitements.

Kiev n'avait en fin d'après-midi pas encore réagi à ces accusations. Mais l'Ukraine a affirmé à plusieurs reprises que l'armée russe avait commis, selon elle, des "crimes de guerre" et des "atrocités", notamment lors de l'occupation d'une partie de la région de Kiev en mars, mais aussi dans les territoires des régions de Kharkiv (nord-est) et Kherson (sud) récemment repris.

Hier, le chargé ukrainien au Parlement des droits de l'homme, Dmytro Loubynets, avait indiqué que, selon lui, "l'ampleur" des cas de torture à Kherson, ville du sud libérée il y a une semaine, était "horrible".
 
Alesha Babenko, 27 ans, à gauche, Vitaliy Mysharskiy, 14 ans, au centre et une de leurs parentes Tanya Babii dans le jardinet situé devant leur maison dans le village récemment repris aux Russe de Kyslivka
Alesha Babenko, 27 ans, à gauche, Vitaliy Mysharskiy, 14 ans, au centre et une de leurs parentes Tanya Babii dans le jardinet situé devant leur maison dans le village récemment repris aux Russe de Kyslivka, dans la banlieue de Kherson le 15 novembre. En septembre, Alesha et Vitaliy ont été arrêtés par des soldats russes pour avoir pris des photos de tanks russes et les avoir envoyées à l'armée ukrainienne. Alesha affirme avoir été battu systématiquement par des soldats pendant les dix jours qu'a duré sa détention. Il a été ligoté avec les yeux bandés et menacé d'être torturé avec des décharges électriques.
© AP Photo/Bernat Armangue

Selon le chef adjoint de la présidence, Kyrylo Tymochenko, qui s'est rendu ces derniers jours dans la région, "les Russes n'ont pas seulement tué, miné, mais également volé dans nos villes", a-t-il dénoncé.

14h25 TU. La deuxième livraison d'engrais russes aura pour destination l'Afrique de l'Ouest (ONU).

Une deuxième cargaison d'engrais russes sera destinée à l'Afrique de l'Ouest après que l'ONU a réussi à surmonter les obstacles liés aux sanctions qui frappent la Russie, a indiqué une haute responsable onusienne très impliquée dans les discussions.

"Maintenant nous avons un modèle qui fonctionne. Il s'agit d'une activité humanitaire. Le Programme alimentaire mondial (PAM) est chargé d'acheminer les engrais des ports vers les pays qui en ont besoin", a déclaré la responsable de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), Rebeca Grynspan, lors d'un point de presse à Genève.
 

Dans le cadre de la mise en oeuvre des deux accords signés le 22 juillet à Istanbul pour garantir l'accès sans entrave à la nourriture et aux engrais en provenance d'Ukraine et de Russie, le PAM a annoncé il y a quelques jours qu'il allait faciliter le don de 260.000 tonnes d'engrais par la société russe d'engrais Uralchem-Uralkali aux pays les plus nécessiteux en Afrique, avec pour première destination le Malawi.
 
Deux femmes marchant sur une route à travers champs, dans le sud du Malawi
Deux femmes marchant sur une route à travers champs, dans le sud du Malawi le 20 juin 2021.
© AP Photo/Thoko Chikondi

"Il y a environ 300.000 tonnes d'engrais dans les ports européens", a souligné Rebeca Grynspan. La première cargaison de 20.000 tonnes d'engrais doit quitter les Pays-Bas le 21 novembre pour se rendre au Malawi, en passant par le Mozambique. "Le navire est en train d'être chargé", a précisé Rebeca Grynspan.

Ce chargement est "très important car le Malawi est l'un des pays qui est dans le rouge en ce qui concerne les engrais", a-t-elle ajouté. "Et donc nous avons très envie que le chargement arrive au Malawi le plus rapidement possible avant la fin de la saison des semailles".

Ce sera ensuite le tour de l'Afrique de l'Ouest.

"Après le Malawi, grâce au don d'Uralchem-Uralkali, de l'intervention du PAM et avec l'aide de la Banque mondiale et de la France, nous espérons que la prochaine destination des engrais sera l'Afrique de l'Ouest, qui a été très touchée par la crise des engrais" qui sont devenus trop chers, a annoncé Rebeca Grynspan, sans donner de précision sur les dates et les pays concernés.

La semaine dernière, l'Initiative sur les céréales en mer Noire - l'accord signé le 22 juillet entre la Turquie, l'Ukraine, la Russie et l'ONU permettant les exportations de céréalises ukrainiennes depuis les ports d'Ukraine - a été prolongé de 120 jours à compter du 19 novembre.
"C'est une très bonne nouvelle pour le monde face à l'insécurité alimentaire. Mais il y a encore du travail à faire, en particulier dans le domaine des engrais, car il y a toujours une crise des engrais", a relevé Rebeca Grynspan.

Elle a également jugé qu'il serait "souhaitable" que l'accord sur les céréales ukrainiennes soit reconduit à l'avenir sur une plus longue durée afin de garantir un meilleur fonctionnement de ce marché.

13h58 TU. Les pays du G20 n'ont "pas cédé" face à la Russie, se félicite un négociateur français.

Les pays membres du G20, qui ont pour la plupart condamné l'invasion russe en Ukraine lors du sommet de Bali, n'ont "pas cédé" face à Moscou, s'est félicité le directeur général du Trésor Emmanuel Moulin tout juste rentré d'Indonésie.

Les trois dernières réunions du G20 Finance n'ont pas permis d'adopter un communiqué commun en raison de la présence de la Russie à la table de cette organisation qui rassemble des Etats développés. Mais les chefs d'États réunis à Bali cette semaine sont parvenus à publier le 16 novembre un texte commun stipulant que "la plupart" de ses membres "ont condamné fermement la guerre en Ukraine", a relevé Emmanuel Moulin qui représente la France dans de nombreux sommets économiques.

"C'est un communiqué où l'on n'a pas cédé, qui condamne la guerre en Ukraine, qui dit que l'ère qui vient ne doit pas être une ère de guerre et, pour la première fois dans les communiqués du G20, indique qu'il serait inadmissible d'utiliser des armes nucléaires", a-t-il poursuivi au cours d'un échange avec la presse au ministère français de l'Economie dans le cadre des rendez-vous de l'Association des journalistes économiques et financiers (AJEF).

Selon le fonctionnaire français, "tous les États du G20 ont souhaité conserver cette enceinte, et on y est parvenus", notant dans le même temps les "grands efforts" de la présidence indonésienne du G20 pour obtenir un texte commun.

Le président indonésien Joko Widodo a souligné que les négociations avaient été "très difficiles".

13h04 TU. Un officier de réserve allemand condamné pour espionnage au profit de la Russie​.

Un officier de réserve allemand a écopé ce 18 novembre à Düsseldorf d'une peine de prison d'un an et neuf mois avec sursis pour espionnage au profit de la Russie.
L'officier de réserve de la Bundeswehr, âgé de 65 ans, a été reconnu coupable par le tribunal de Düsseldorf (ouest) d'avoir transmis des documents et des informations aux services secrets russes entre 2014 et 2020.

En contact avec des attachés de l'ambassade russe, qui étaient également des services de renseignements militaires GRU, il a notamment transmis des informations sur l'économie allemande, particulièrement sur les conséquences des sanctions imposées en 2014 après l'annexion de la Crimée, ainsi que sur le gazoduc controversé Nord Stream 2.

"Il a également fourni des publications sur la politique de sécurité et de défense des États-Unis et de ses alliés occidentaux", résume dans son jugement le tribunal, précisant que "les contacts ont eu lieu en partie personnellement ou par téléphone, mais surtout par courriels". "La motivation de l'accusé résidait notamment dans son attitude favorable à la Russie et dans son envie de se rendre intéressant auprès des hauts gradés de l'armée russe et de renforcer sa réputation d'expert en sécurité", selon le tribunal.
Le prévenu, qui a reconnu les faits, n'aurait pas touché d'argent mais "grâce à ses contacts, il a reçu des invitations à des événements organisés par l'ambassade de Russie à Berlin et à la conférence annuelle sur la sécurité à Moscou", poursuit le tribunal.

Plusieurs affaires d'espionnage présumé ont envenimé ces dernières années les relations entre Moscou et Berlin.

La justice allemande avait ainsi condamné fin octobre un ancien employé d'une société de sécurité informatique à deux ans de prison avec sursis pour avoir transmis des données sur la chambre des députés allemande à la Russie.

En avril, elle a également condamné à un an de prison avec sursis un scientifique russe pour avoir espionné le programme spatial européen Ariane pour le compte de Moscou.

12h38 TU. La Russie mène des travaux de fortification en Crimée annexée.

"Des travaux de fortification sont menés sous mon contrôle sur le territoire de la Crimée afin de garantir la sécurité des Criméens", a déclaré Sergueï Aksionov, le gouverneur installé par Moscou après l'annexion de cette péninsule ukrainienne en 2014.
Il a toutefois souligné que la sécurité de la Crimée passait "principalement par des mesures à mettre en oeuvre sur le territoire de la région de Kherson", qui jouxte la péninsule, dans le sud de l'Ukraine.

Cette annonce intervient alors que les forces russes ont effectué la semaine dernière une humilitante retraite dans cette région, après avoir échoué à contenir une contre-attaque des soldats ukrainiens, armés par les Occidentaux.

Le repli des militaires russes, qui ont notamment abandonné la capitale régionale qui porte le même nom, a permis aux forces de Kiev de rapprocher leurs canons de la Crimée, plusieurs fois ciblée ces derniers mois.

En octobre, le pont de Crimée, qui rattache la péninsule au territoire russe et sert au réapprovisionnement des troupes engagées en Ukraine, avait été partiellement détruit dans une attaque attribuée à Kiev par Moscou, qui a évoqué un camion piégé.
 
Des flammes et de la fumée s'élèvent du pont au dessus du détroit de Kerchen Crimée, le 8 octobre 2022. 
Des flammes et de la fumée s'élèvent du pont au dessus du détroit de Kerchen Crimée, le 8 octobre 2022. 
© AP Photo

D'autres attaques imputées aux forces ukrainiennes ont également été menées en Crimée, notamment contre la flotte russe à Sébastopol ou encore contre plusieurs infrastructures militaires russes dans la péninsule.

Depuis son annexion en 2014, Moscou considère que la Crimée fait partie de son territoire, ce qui n'est pas reconnu par la communauté internationale.
Kiev a répété plusieurs fois ces derniers mois vouloir reprendre la péninsule.

12h26 TU. Les sanctions de l'UE sont "un pas vers la guerre" déclare Viktor Orban.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban qualifie les sanctions de l'Union Européenne contre la Russie de "pas vers la guerre", intensifiant ses critiques contre une stratégie bruxelloise jugée "dangereuse".
 

"Quiconque intervient économiquement dans un conflit militaire prend position", a déclaré le dirigeant nationaliste lors de sa traditionnelle interview à une radio proche du pouvoir. "Petit à petit, nous glissons vers la guerre", a-t-il insisté, s'inquiétant de l'accumulation de mesures prises pour sanctionner l'offensive russe en Ukraine.

Viktor Orban s'oppose également à la proposition de la Commission européenne d'accorder à l'Ukraine une aide de 18 milliards d'euros pour 2023, sous forme de prêts dont les intérêts seraient pris en charge par les États membres.
 
On ne nous tire pas encore dessus, mais nous sommes sur le point de devenir un belligérant. L'Europe se livre à un jeu très dangereux.
Viktor Orban, Premier ministre
"La Hongrie ne va pas accepter que les membres de l'UE contractent ensemble des prêts pour aider l'Ukraine", a-t-il déclaré lors d'une conférence, selon des propos rapportés par l'agence de presse MTI. Il préconise plutôt le versement d'une somme, divisée "équitablement" entre les Vingt-Sept.

La Hongrie pourrait fournir jusqu'à 70 milliards de forints (170 millions d'euros) dans le cadre d'un accord bilatéral avec Kiev, a-t-il précisé.
Tout en maintenant des liens avec la Russie, Viktor Orban dénonce régulièrement la stratégie européenne - même s'il a voté l'ensemble des sanctions européennes aux côtés de ses partenaires.

Pour lui, elle est la principale raison des déboires économiques de ce pays d'Europe centrale. L'économie s'est contractée au troisième trimestre (en comparaison du deuxième) et l'inflation dépasse les 20%, atteignant même 45% dans l'alimentation.
Le gouvernement a lancé une "consultation nationale" sur le sujet et placardé dans le pays des affiches avec un message flanqué d'une photo de missile: "Les sanctions de Bruxelles nous ruinent".

Le Premier ministre s'est dit prêt à "combattre" un éventuel nouveau paquet de mesures et à faire en sorte que la Hongrie, très dépendante des hydrocarbures russes, en soit "exemptée", comme c'est le cas pour l'embargo sur le pétrole.
"Maintenant nous fournissons des armes destructrices, nous entraînons des soldats ukrainiens sur notre propre territoire, nous imposons des sanctions sur l'énergie.(...) Nous devenons partie intégrante" du conflit, a insisté Viktor Orban à la radio.

"On ne nous tire pas encore dessus, mais nous sommes sur le point de devenir un belligérant. L'Europe se livre à un jeu très dangereux", a-t-il conclu.

10h23 TU. La liaison ferroviaire Kiev-Kherson rouverte.
 

L'Ukraine a annoncé la réouverture de la ligne de train entre la capitale Kiev et Kherson, une semaine jour pour jour après le retrait de l'armée russe de la ville.

"Le premier trajet aura lieu aujourd'hui à 22H14 (20H14 GMT) depuis la capitale, et arrivera demain autour de 09h00 (07H00 GMT) à Kherson", a indiqué, sur Facebook, un responsable local, Serguiï Khlan, précisant qu'"environ 200 passagers (...) voyageront à bord" du train.

08h27 TU. Des travaux de fortification entamés en Crimée.
 

La Russie a annoncé qu'elle effectuait des travaux de fortification dans la péninsule de Crimée annexée, après le repli de ses soldats dans la région ukrainienne voisine de Kherson.

"Des travaux de fortification sont menés sous mon contrôle sur le territoire de la Crimée afin de garantir la sécurité des Criméens", a déclaré Sergueï Aksionov, le gouverneur installé par Moscou après l'annexion de la péninsule ukrainienne en 2014.

07h56 TU. Le sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et 2 confirmé par la Suède.
 

Les explosions qui ont touché en septembre les gazoducs Nord Stream 1 et 2 en mer Baltique, construits pour acheminer le gaz russe en Europe, relèvent du sabotage, selon le procureur en charge de l'enquête préliminaire menée en Suède. 

"Les analyses qui ont été réalisées montrent des restes d'explosifs sur plusieurs des objets étrangers découverts", a déclaré, dans un communiqué, le procureur Mats Ljungqvist, chargé de l'enquête préliminaire ouverte après la découverte fin septembre de quatre énormes fuites de gaz sur les gazoducs reliant la Russie à l'Allemagne.

(Re)voir : Gazoduc Nord Stream : l'enquête avance

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07h39 TU. L'armée russe "partiellement vulnérable" dans l'oblast de Kherson selon l'ISW.

Dans son dernier rapport, l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW) présente les forces russes présentes dans l'est de l'Oblast de Kherson comme "partiellement vulnérables." Il indique qu'elles pourraient faire face à "une campagne d'interdiction ukrainienne telle que celle que les forces ukrainiennes ont exploitée avec succès pour reprendre l'ouest de l'Oblast de Kherson."
05h45 TU. Zelensky salue les condamnations dans le dossier de l'avion de la Malaysia Airline. 

Dans son adresse quotidienne, jeudi soir, le président ukrainien, s'est réjoui des peines de perpétuité prononcées à l'encontre de trois personnes reconnues coupable du crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines qui reliait Amsterdam à Kuala Lumpur, abattu le 17 juillet 2014, au-dessus du Donbass.
"C'est la première sentence pour les meurtriers qui ont détruit le Boeing malaisien dans le ciel de Donbass en 2014. La Russie a beaucoup menti sur cette catastrophe, mais néanmoins les faits essentiels ont été établis", a-t-il indiqué sur sa chaîne Telegram.

Un événement qui constitue, selon lui, un préalable à une "paix durable". "Lorsque tous les meurtriers et les tortionnaires seront condamnés, lorsque la Russie compensera tous les dommages causés par son agression, cela constituera une base très solide pour une paix durable."
05h35. De nouvelles oeuvres de Banksy en Ukraine dévoilées.

L'artiste britannique, Banksy, a publié une vidéo, jeudi, sur son compte Instagram, dans laquelle il dévoile de nouvelles oeuvres urbaines en Ukraine. 
03h44 TU. Emmanuel Macron veut impliquer les pays de l'Apec dans le "consensus croissant" contre la guerre.
 

Le président français, Emmanuel Macron, appelle les pays d'Asie-Pacifique à se joindre au "consensus croissant" contre la guerre en Ukraine.

"La priorité numéro un de la France est de contribuer à la paix en Ukraine et d'essayer d'avoir une dynamique mondiale pour mettre la pression sur la Russie", a-t-il lancé au sommet des dirigeants économiques de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (Apec), à Bangkok, en Thaïlande.

Paris veut aussi "travailler très étroitement avec différents pays comme la Chine, l'Inde, toute la région, le Moyen-Orient, l'Afrique, l'Amérique latine, pour créer un consensus croissant et dire "cette guerre est aussi votre problème parce qu'elle va créer beaucoup de déstabilisation"".

02h19 TU. Plus de dix millions d'Ukrainiens sans courant.

Plus dix millions d'Ukrainiens sont privés d'électricité, notamment dans la région de Kiev, au lendemain de nouvelles frappes russes dans plusieurs villes du pays. Celles-ci sont survenues durant les premières neiges, alors que le mercure pourrait descendre jusqu'à -10°C dans les prochains jours. 


"Des sites civils sont la cible principale. La Russie fait la guerre contre l'électricité et le chauffage destinés aux gens en faisant exploser des centrales électriques et d'autres installations énergétiques", a affirmé le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Le Kremlin a rétorqué la veille que les souffrances des civils en Ukraine étaient imputables au refus de Kiev de négocier.

"C'est la conséquence du manque de volonté de la partie ukrainienne de régler le problème, d'entamer des négociations, de son refus de chercher un terrain d'entente", a justifié, Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin.

(Re)voir : Guerre en Ukraine : Zelensky se ravise sur le missile, les frappes russes reprennent
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