DIRECT - Ukraine : Xi Jinping déclare s'engager pour le "retour de la paix"

Selon Paris, Xi Jinping s'est dit prêt à travailler avec la France "à créer les conditions de négociations" entre Moscou et Kiev. À l'issue d'une visite d'État de trois jours en Chine, le président français et Xi Jinping ont fait une déclaration commune a minima. Le texte ne mentionne pas la Russie, n'appelle pas au départ d'Ukraine des troupes de Moscou et ne condamne pas l'intervention militaire de Vladimir Poutine.
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Xi Jinping et Emmanuel Macron dans les jardins de la résidence du gouverneur de Guandong , Canton, ce 7 avril 2023.
Xi Jinping et Emmanuel Macron dans les jardins de la résidence du gouverneur de Guandong , Canton, ce 7 avril 2023.
© Jacques Witt, Pool via AP
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19h19 TU. Volodomyr Zelensky accuse la Russie de "réprimer" les musulmans de Crimée

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé la Russie de mener une "répression" de la communauté tatare de Crimée, s'engageant à reprendre la péninsule annexée, à l'occasion d'une rupture du jeûne de ramadan à Kiev.
"La tentative de la Russie d'asservir l'Ukraine (...) a commencé avec l'occupation de la Crimée, avec les répressions contre la liberté de la Crimée, des Ukrainiens et des Tatars de Crimée", a-t-il déclaré devant les dirigeants musulmans ukrainiens et les ambassadeurs des pays musulmans.
 
Volodymyr Zelenskyy serre la main de Mustafa Dzhemilev, dirigeant des Tatars de Crimée
Volodymyr Zelenskyy serre la main de Mustafa Dzhemilev, dirigeant des Tatars de Crimée avant la rupture du jeûne dans un centre musulman dans la banlieue de Kiev ce 7 avril 2023.
© AP Photo/Efrem Lukatsky

La communauté tatare, qui représente 12 à 15% des deux millions d'habitants de la Crimée, a largement boycotté le référendum de rattachement organisé par Moscou en 2014 pour son annexion.

Dans les années qui ont suivi, les autorités russes ont interdit et classé "extrémiste" le Mejlis, l'assemblée traditionnelle de la minorité musulmane de Crimée, et emprisonné des membres de la communauté tatare.

"Il n'y a pas d'autre solution pour l'Ukraine, ou pour le monde, que la dé-occupation de la Crimée. Nous retournerons en Crimée", a martelé le président Zelensky, avant de remettre des décorations à plusieurs militaires ukrainiens de confession musulmane.
Volodomyr Zelensky, qui s'exprimait dans une mosquée située près de Kiev, a annoncé que l'Ukraine inaugurait une nouvelle tradition en accueillant un iftar officiel, le repas de rupture du jeûne quotidien pendant le mois du ramadan.

"L'Ukraine est reconnaissante aux musulmans de notre pays et à tous les membres de la communauté musulmane du monde qui, comme nous, aspirent à la paix et à la protection contre le mal", a-t-il ajouté.

Plusieurs pays à majorité musulmane, dont la Turquie et l'Arabie saoudite, se sont positionnés en tant que médiateurs dans le conflit ukrainien, négociant l'accord entre Kiev et Moscou sur les exportations de céréales ou encore des échanges de prisonniers.

La Russie compte une importante minorité musulmane issue de régions telles que la Tchétchénie et le Daguestan, dont des contingents combattent pour l'armée russe en Ukraine.


18h47 TU. Selon une porte-parole de la Présidence ukrainienne, Moscou se serait refusé à des échanges prisonniers musulmans pour le Ramadan (The Kiev Independent)

"Nous avons proposé d'échanger les musulmans 'tous pour tous' des deux côtés en signe de respect pour leur culture et leurs traditions, mais la partie russe a accueilli cette idée sans grand enthousiasme", a déclaré Daria Zarivna au quotidien Voice of America.
 
Volodymyr Zelenskyy décore un soldat ukrainien musulman après la rupture du jeune du ramadan
Volodymyr Zelenskyy décore un soldat ukrainien musulman après la rupture du jeune du ramadan dans un centre religieux musulman dans la banlieue de Kiev ce 7 avril 2023. 
© AP Photo/Efrem Lukatsky
Elle a également déclaré que cette initiative est l'une des nombreuses solutions créatives auxquelles ont recours les négociateurs ukrainiens pour échanger des prisonniers. "Notre groupe de négociation se caractérise par une position proactive. Et la recherche constante d'angles différents à partir desquels nous entrons. C'est un processus difficile qui doit être poursuivi, en cherchant constamment de nouvelles façons d'extraire davantage du nôtre", a-t-elle ajouté.

Lors du dernier échange de prisonniers, le 3 avril, l'Ukraine a pu ramener 10 soldats et deux civils de captivité russe, a rapporté le quartier général de coordination pour le traitement des prisonniers de guerre. Cinq de ses soldats sont grièvement blessés, selon l'état-major de coordination. Les soldats ont été capturés lors de combats dans les régions de Donetsk et Louhansk, y compris près de Bakhmout.

L'un des civils était originaire du village de Lyptsi dans la région de Kharkiv et l'autre de Marioupol.

Selon le quartier général de coordination, il y a encore plus de cinq soldats grièvement blessés en captivité russe, et l'Ukraine s'attendait à ce qu'ils soient libérés.

Selon les chiffres fournis par la Présidence ukrainienne,depuis le 11 mars 2022, le siège de coordination pour le traitement des prisonniers de guerre a effectué 39 échanges. Au total, 1 993 personnes ont été libérées, dont 184 femmes et 107 otages civils.

18h30 TU. Les renseignements militaires ukrainiens affirment que les documents confidentiels récemment dévoilés par des réseaux sociaux sont des faux diffusés par la Russie (The Kiev Independent)

Le quotidien américain The New York Times a révélé que le Pentagone tente d'identifier la source de fuites de documents classifiés détaillant la stratégie des Etats-Unis et de l'Otan pour soutenir l'Ukraine face à l'invasion russe, qui ont été publiés cette semaine sur les réseaux sociaux.

"Nous sommes au courant des informations de presse concernant des messages publiés sur les réseaux sociaux et le ministère est en train d'examiner la question", a déclaré une porte-parole du Pentagone, Sabrina Singh.

Voir : Le Pentagone enquête sur une fuite de documents concernant la guerre en Ukraine
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Les documents, partagés sur Twitter et Telegram, semblent authentiques, selon des experts cités par le journal new-yorkais, mais certains auraient été altérés de façon à présenter la situation russe sous un jour plus favorable, notamment en minimisant l'ampleur de leurs pertes.

Selon ces fuites, 12 brigades ukrainiennes seraient en train d'être constituées, dont neuf entraînées et équipées par les États-Unis, note le New York Times.

Le porte-parole du bureau des renseignements militaires ukrainien, Adrii Yusov a déclaré à la télévision nationale que "ces derniers temps, les opérations les plus réussies des services spéciaux russes se passaient sur Photoshop". Yusov a dit que les Russes ont probablement falsifié les documents pour retarder l'aide occidentale à l'Ukraine et que les chiffres des pertes qui y figurent sont "faux" des deux côtés, et certaines informations semblent provenir de sources publiques.


15h41 TU. Le journaliste américain Gershkovich officiellement inculpé d'"espionnage"

Selon l'agence russe Interfax, Evan Gershkovich, un correspondant du Wall Street Journal ayant également travaillé pour l'AFP par le passé, est poursuivi sur la base de l'article 276 du code pénal russe, un chef d'accusation passible de 20 ans de prison.

Voir : Russie : un journaliste américain en détention pour "espionnage"
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Les autorités ont "inculpé Gershkovich d'espionnage pour le compte de son pays. Il a catégoriquement nié toutes les accusations et déclaré que ses activités en Russie étaient d'ordre journalistique", a rapporté l'agence TASS, citant une source anonyme au sein des forces de sécurité.

Cette inculpation ouvre la voie à un procès dont la date n'a pas encore été annoncée.
Le reporter a été arrêté la semaine dernière par les services de sécurité russes (FSB) lors d'un reportage à Ekaterinbourg, dans l'Oural. Les autorités l'ont accusé notamment de recueillir des informations sur l'industrie de la défense.

Les États-Unis et le Wall Street Journal ont rejeté les accusations d'espionnage et appelé le Kremlin à libérer le journaliste âgé de 31 ans, qui est un citoyen américain d'origine russe.

Son arrestation intervient dans un contexte de répression accrue en Russie contre la presse depuis l'offensive contre l'Ukraine, qui a fortement tendu les rapports entre Moscou et Washington.

Elle fait également suite à un échange intervenu en décembre entre la star américaine du basket Brittney Griner, qui se trouvait en détention en Russie, et le marchand d'armes russe Viktor Bout, prisonnier aux États-Unis.

Washington a plusieurs fois accusé Moscou d'arrêter arbitrairement des Américains pour s'en servir de monnaie d'échange et récupérer des Russes détenus aux Etats-Unis.


14h49 TU. L'Ukraine suspendra les exportations de céréales vers la Pologne, selon un accord bilatéral

Kiev et Varsovie ont décidé de suspendre les exportations de certaines céréales et oléagineux vers la Pologne où leur afflux massif et incontrôlé a déstabilisé le marché local, ont annoncé les ministres de l'Agriculture des deux pays.

Cet accord ne concerne pas le transit par la Pologne de ces produits vers d'autres pays, ont-ils souligné aux journalistes. "La partie ukrainienne se retiendra, et c'est jusqu'à la nouvelle saison, d'exporter le blé, le maïs, le colza et les graines de tournesol", a indiqué le nouveau ministre polonais Robert Telus qui a pris ses fonctions hier.
"Nous ne parlons pas du transit" qui sera maintenu mais "sera contrôlé de très près", a-t-il précisé.
 
Ivan Kilgan, dans son grenier à blé, dans le village de Luky, dans l'ouest de l'Ukraine, près de la frontière avec la Pologne en mars 2022.
Ivan Kilgan, dans son grenier à blé, dans le village de Luky, dans l'ouest de l'Ukraine, près de la frontière avec la Pologne en mars 2022.
© AP Photo/Nariman El-Mofty
Son homologue ukrainien, Mycola Solsky, a ajouté que, courant la semaine prochaine, les deux pays allaient élaborer des modalités permettant de "limiter les exportations qui ne seront plus possibles que moyennant un accord de la partie polonaise", ce qui devrait conduire à la signature d'un accord bilatéral.

Mercredi, sous une pression grandissante de fermiers organisant des manifestations perlées à travers le pays et menaçant de bloquer des passages frontaliers, le ministre polonais de l'Agriculture précédent a déposé sa démission.

Le 31 mars, cinq pays de l'Europe centrale, la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie, ont appelé la Commission européenne à mettre en place des aides supplémentaires aux agriculteurs de ces pays touchés par ces importations en provenance de l'Ukraine.

Selon eux, les problèmes les plus graves surviennent dans les pays limitrophes de l'Ukraine, alors que le blé arrivé d'Ukraine pour être transféré vers d'autres pays dans le monde reste souvent sur place, provoquant la saturation des silos et une importante baisse de son prix.

(RE)voir : Céréales ukrainiennes : un accord est-il possible ?
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De nouvelles mesures européennes à mettre en place par Bruxelles pourraient aussi contribuer à remplir l'objectif initial de l'ouverture de leurs frontières aux produits ukrainiens bloqués par l'invasion russe, à savoir leur exportation vers les pays d'Afrique et du Moyen-Orient, et ainsi prévenir la famine, ont ils indiqué dans une lettre commune.

13h54 TU. La colère des sportifs ukrainiens face à la participation possible de Russes aux JO

Lorsque la Russie a envahi l'Ukraine, les nageuses artistiques ukrainiennes Maryna et Vladyslava Aleksiiva ont reçu des messages de leurs rivales russes soutenant l'invasion: aujourd'hui, elles jurent de boycotter les JO-2024 de Paris, si des représentantes russes sont autorisées à y participer.
Maryna et Vladyslava Aleksiiva lors des championnats d'Europe à Rome, le 13 août 2022.
Maryna et Vladyslava Aleksiiva lors des championnats d'Europe à Rome, le 13 août 2022.
© AP Photo/Andrew Medichini

Ces sœurs jumelles de 21 ans, médaillées de bronze en duo aux Jeux olympiques de Tokyo en 2021, ont dû fuir leur ville de Kharkiv, à la frontière avec la Russie, lorsque les missiles ont commencé à pleuvoir, interrompant leurs vies et leur préparation pour arracher l'or en 2024.

Si les sportifs russes ont, dans la foulée de l'invasion, été bannis de l'essentiel des compétitions sportives internationales, le Comité international olympique (CIO) a ouvert la voie depuis le début de l'année à leur retour à titre individuel, tout en assurant vouloir décider plus tard de leur participation aux JO de Paris.

"Peut-être que ce serait mieux de ne pas permettre à un pays terroriste qui a tué nos sportifs" de participer, lâche auprès de l'AFP Maryna Aleksiiva, à l'issue d'une session d'entraînement de six heures dans une piscine de Kiev.
Elle est d'autant plus amère, que des nageuses russes lui avaient envoyé des messages "dingues" lors de l'invasion, leur affirmant que l'armée de Vladimir Poutine venait en aide aux Ukrainiens.

Kiev souligne pour sa part qu'au moins 343 sites sportifs ont été endommagées dans la campagne militaire russe, y compris le bassin où s'entraînaient les soeurs Aleksiiva à Kharkiv.

Le CIO "doit montrer que les Jeux olympiques, c'est la paix": "il doit le montrer au monde entier", insiste Maryna, alors que derrière elle des spécialistes du plongeon s'entraînent, virevoltant dans l'air.

Les autorités ukrainiennes ont accusé le CIO de promouvoir la guerre, en ouvrant la voie à la réintégration de la Russie et du Bélarus, allié de Moscou qui a prêté son territoire pour permettre l'invasion de l'Ukraine. De nombreux pays occidentaux ont aussi dénoncé le projet des instances olympiques.

Le président du CIO, l'Allemand Thomas Bach, qui a récemment réfuté entretenir "des relations privilégiées" avec Moscou, a lui rejeté ces tentatives d'"ingérence politique".

Moscou n'a guère apprécié non plus, jugeant ces critères "discriminatoires".
Le plongeur ukrainien Stanislav Oliferchik rappelle, lui, que les sportifs de son pays ne peuvent pas s'entraîner de manière sereine et vivent dans la peur, contrairement aux Russes.

"Lorsqu'il y a une alerte anti-aérienne, les hommes et les femmes en maillot de bain courent vers les abris anti-bombes et attendent la fin des sirènes" raconte-t-il, alors que les Russes "s'entraînent calmement, dans des conditions sereines".

Lui qui a été réveillé par les explosions le premier jour de l'invasion le 24 février 2022 note ainsi n'avoir pu s'entraîner qu'une fois dans le nouveau et "superbe" bassin de sa ville natale, Marioupol (sud-est), conquise au printemps 2022 par les forces russes après un impitoyable siège qui a laissé la ville détruite, faisant des milliers, voire des dizaines de milliers de morts.
 
post Insta Gram Stanislav Oliferchik
©Instagram Stanislav Oliferchik - la piscine de Marioupol après les bombardements russes en avril 2022.
Quant à ses homologues russes, il constate avant tout leur mutisme: "Ils sont silencieux, et ce silence est un indicateur, je le pense, de leur soutien à cette guerre".
L'idée d'une participation de sportifs russes ou bélarusses sous bannière neutre ne lui convient donc pas. "Tout le monde sait quel pays ils représenteront", assène le jeune homme de 26 ans. "S'il y a autorisation, notre équipe boycottera."

13h32 TU. Déclaration commune Macron-Xi pour le "retour de la paix"
 

Le président chinois Xi Jinping s'est engagé à "soutenir tout effort en faveur du retour de la paix en Ukraine", selon une déclaration commune publiée à l'issue d'une visite en Chine du président français Emmanuel Macron.

Les deux pays "s'opposent aux attaques armées contre les centrales nucléaires et les autres installations nucléaires pacifiques" et soutiennent l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) "pour assurer la sécurité de la centrale de Zaporijjia".

La déclaration commune ne mentionne pas la Russie et ne condamne pas son offensive en Ukraine.

Le texte évoque "l'importance que toutes les parties au conflit" respectent "scrupuleusement" le droit international humanitaire.

Jeudi à Pékin, Emmanuel Macron avait incité le président chinois Xi Jinping à "ramener la Russie à la raison" vis-à-vis de l'Ukraine, au cours d'un entretien qui s'est conclu par des appels à des pourparlers de paix.

Côté français, on assure que Xi Jinping s'est dit prêt à appeler pour la première fois depuis le début du conflit son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, même s'il a précisé qu'il le ferait au moment qu'il aura lui-même choisi".

Une initiative qui ne figure pas dans les comptes-rendus chinois ni dans la déclaration commune. 

La Chine a publié en février un document en 12 points présentant sa position sur le conflit en Ukraine. 

L'initiative, parfois perçue comme un plan de paix, exhorte notamment Moscou et Kiev à tenir des pourparlers.

Pékin n'avait pas reconnu en septembre le rattachement unilatéral de quatre territoires ukrainiens à la Fédération de Russie ni, en 2014, l'annexion de la Crimée.


12h00 TU. Les Ukrainiens font la queue pour avoir de l'aide alimentaire à Zaporijjia
Ukrainiens faisant la queue pour recevoir de l'aide alimentaire à Zaporijjia ce 7 avril 2023.
Ukrainiens faisant la queue pour recevoir de l'aide alimentaire à Zaporijjia ce 7 avril 2023.
© AP Photo/Andriy Andriyenko

11h08 TU. Kiev ne renoncera pas à la Crimée.
 

L'Ukraine a affirmé qu'elle ne renoncerait pas à la Crimée en échange de la fin de la guerre. Elle rejette ainsi une suggestion du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.

"Il n'y a aucune raison légale, politique ou morale justifiant qu'on abandonne ne serait-ce qu'un centimètre de territoire ukrainien", a écrit sur Facebook le porte-parole de la diplomatie ukrainienne, Oleg Nikolenko, tout en assurant apprécier "les efforts du président brésilien pour trouver un moyen d'arrêter l'agression russe."

"Tout effort de médiation pour rétablir la paix en Ukraine doit être fondé sur le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale pleine et entière de l'Ukraine en accord avec les principes de la charte des Nations Unies", a-t-il ajouté.

10h49 TU. Sergueï Lavrov menace d'interrompre l'accord sur les céréales.
 

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a menacé, depuis Ankara, de suspendre l'accord sur les exportations de céréales ukrainiennes si les ventes de produits agricoles russes restent entravées.

"S'il n'y a aucun progrès dans la levée des obstacles aux exportations d'engrais et de céréales russes, alors nous nous demanderons si cet accord est nécessaire", a-t-il déclaré 

L'accord, qui permet d'exporter les céréales ukrainiennes via la mer Noire malgré la guerre, a été prolongé le 19 mars.

Par ailleurs, le responsable russe a dénoncé l'inégalité des exportations ukrainiennes entre pays riches et pauvres. Selon le Centre de coordination conjointe chargé de superviser l'accord international, 56% des exportations étaient destinées aux pays en développement, et 5,7% ont concerné les pays les moins avancés, qui totalisent plus de 12% de la population mondiale.

10h19 TU. Des négociations de paix possibles avec "un nouvel ordre mondial", selon Lavrov. 


Des négociations de paix sur l'Ukraine ne sont possibles que si elles visent à l'établissement d'un "nouvel ordre mondial" sans domination américaine, a estimé vendredi le ministre russe des Affaires étrangères, au cours d'un déplacement en Turquie.

Sergueï Lavrov a en outre menacé de mettre fin à l'accord permettant les exportations de céréales ukrainiennes, essentiel pour assurer la sécurité alimentaire mondiale et rendre possible l'envoi hors de ses frontières de l'importante production agricole de l'Ukraine.

"Les négociations (de paix sur l'Ukraine) ne peuvent avoir lieu que sur la base de la prise en compte des intérêts russes", a dit le ministre russe, pendant une conférence de presse avec son homologue turc, Mevlüt Cavusoglu. "Il s'agit des principes sur lesquels sera fondé le nouvel ordre mondial", a-t-il ajouté, dénonçant l'"hégémonisme" américain.

Mevlut Cavusoglu et son homologue Sergeï Lavrov se serrent la main avant leur réunion à Ankara ce 7 avril 2023.
Mevlut Cavusoglu et son homologue Sergeï Lavrov se serrent la main avant leur réunion à Ankara ce 7 avril 2023.
© AP Photo/Burhan Ozbilici


La Russie a expliqué son invasion de l'Ukraine en février 2022 en affirmant notamment que l'Otan et les États-Unis se servaient de leur allié ukrainien pour s'en prendre à la Russie.

Avant d'envahir ce pays voisin, Moscou avait réclamé des garanties de sécurité impliquant en particulier un repli de l'Alliance atlantique d'Europe orientale.

Le Kremlin considère aussi que les Occidentaux lui livrent une guerre par procuration en Ukraine en fournissant à Kiev une aide militaire, une manière aussi d'expliquer l'incapacité de l'armée russe de s'imposer sur le champ de bataille.

Ce mois-ci, la présidence russe a dit à plusieurs reprises ne pas voir d'opportunité pour des négociations et ne pas avoir d'"autre solution que de continuer l'opération militaire spéciale", l'euphémisme russe pour décrire son offensive en Ukraine.
Le Kremlin a ainsi exclu dans l'immédiat une éventuelle médiation chinoise et un appel à une trêve de son allié, le président bélarusse, Alexandre Loukachenko.

Concernant la menace agitée ce vendredi par Sergueï Lavrov d'enterrer l'accord sur l'exportation des céréales ukrainiennes, Moscou considère que la partie de ce texte qui doit lui permettre d'envoyer sur les marchés étrangers sa propre production agricole et ses engrais n'est pas appliquée.

"S'il n'y a aucun progrès dans la levée des obstacles aux exportations d'engrais et de céréales russes, alors nous nous demanderons si cet accord est nécessaire", a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

En mars, la Russie a annoncé qu'elle ne prolongeait sa participation à l'accord céréalier que pour 60 jours, au lieu des 120 prévus par le pacte.

L'accord dit de la mer Noire, signé en juillet dernier pour 120 jours entre les Nations unies, l'Ukraine, la Russie et la Turquie a eu pour conséquence d'atténuer la crise alimentaire mondiale provoquée par l'invasion russe.

Il avait été reconduit en novembre pour quatre mois et a permis d'exporter plus de 24 millions de tonnes de céréales à partir des ports ukrainiens, selon l'ONU.

10h04 TU. À Canton, Emmanuel Macron évoque la situation en Ukraine devant un parterre d'étudiants.

Arrivé en début d'après-midi à Canton, troisième ville du pays avec 15 millions d'habitants, il a rejoint immédiatement l'université Sun Yat-sen où une foule l'a accueilli chaleureusement, de nombreuses personnes brandissant leurs téléphones portables dans l'espoir d'un selfie avec lui.

Voir : Emmanuel Macron face à des étudiants chinois

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Dans le gymnase du campus, il a dénoncé, face à un public d'un millier d'étudiants, la guerre russe qui "colonise" l'Ukraine.
"C'est un pays qui décide de coloniser son voisin, de ne pas respecter les règles, de redéployer des armes, de l'envahir", a-t-il insisté, à propos de la Russie.

La veille, dans un entretien bilatéral avec Xi Jinping, le président français avait justement appelé la Chine à "ramener la Russie à la raison" vis-à-vis de l'Ukraine.
"Cet ordre international est aujourd'hui fragilisé et nous avons une responsabilité, Chine et France, de le préserver et en même temps de le réinventer à l'aune des réalités du XXIe siècle", a-t-il assuré aujourd'hui face aux étudiants.

Trois étudiants ont ensuite pu poser des questions, dans un français quasi parfait, de quoi impressionner Emmanuel Macron: "Je serais bien incapable de faire la pareille", a-t-il réagi, faisant rire l'audience.

Aucune question sur la politique ni sur le conflit en Ukraine, mais plutôt des interrogations autour des qualités à attendre chez un bon étudiant, de l'intelligence artificielle et des défis en termes de santé publique.

En réponse, le président Macron en a profité pour souligner l'importance d'avoir un esprit critique.
"L'esprit critique (...) ce n'est pas un esprit pour critiquer les autres, ce n'est pas négatif, mais c'est pour vous interroger sur vous-même ou sur la nature des connaissance qu'on vous transmet", a-t-il plaidé. "C'est ce qui vous donne une forme d'indépendance et qui fait que vous êtes en capacité de juger et distinguer parfois le vrai du faux, de remettre les choses dans leur contexte et de prendre de la distance par rapport aux choses qui vous sont transmises", a ajouté le chef de l'État.
Et c'est ce qui permet de devenir "des individus libres, rationnels", a-t-il insisté.
Mais "un esprit qui n'aurait que les connaissances sans esprit critique n'est pas totalement libre", a estimé Emmanuel Macron, car "il ne saurait pas vraiment quoi en faire ou il serait simplement l'objet d'une propagande ou d'un projet qui n'est pas le sien".

09h06 TU. Russie: le rouble plonge à son plus bas depuis un an

La monnaie russe a plongé ce vendredi à son plus bas depuis un an, tombant dans la matinée à 82,4 roubles pour un dollar et 90 pour un euro, du fait notamment de la chute des revenus de Moscou en devises sur fond de sanctions.
 

Chute du rouble
Un bureau de change à St. Pétersbourg affichant le taux du rouble en dégringolade ce 7 avril 2023. 
© AP Photo/Dmitri Lovetsky


La Russie a martelé un an durant avoir résisté aux mesures punitives adoptées en Occident en réplique à l'assaut contre l'Ukraine, avançant notamment comme preuve la résistance du rouble, qui, après un effondrement dans la foulée de l'offensive, s'était considérablement apprécié durant l'été et l'automne, renforcé notamment par l'envolée des cours des hydrocarbures.

Mais après un an de sanctions, et avec une Europe qui s'est largement sevrée du gaz russe et l'imposition d'un plafonnement du prix du pétrole russe, les perspectives pour l'économie russe sont plus sombres, Vladimir Poutine disant lui-même la semaine dernière s'attendre à des conséquences "négatives".

Le ministre russe des Finances, Anton Silouanov, a voulu rassurer les Russes en affirmant que le rouble évoluait en fonction du marché et qu'il s'attendait à ce qu'il se renforce, les prix des hydrocarbures russes étant selon lui à la hausse. "C'est le signal que plus de devises vont entrer dans le pays. Par conséquent, cela conduira à une tendance au renforcement du rouble", a-t-il prédit cette semaine.

Depuis un an et l'entrée de l'armée de Vladimir Poutine en Ukraine, le cours du rouble a été d'une très grande volatilité, battant suivant les périodes des records de force ou de faiblesse.

La Russie a imposé d'importantes restrictions de change dans le pays pour défendre sa monnaie et forcer les acheteurs occidentaux de gaz russe à payer en roubles.
"À long terme, cette volatilité du rouble affaiblit son rôle pour les paiements et l'épargne: les agents économiques vont être face à des coûts accrus et retarder leurs investissements", estime The Bell, un média économique russe indépendant, classé "agent de l'étranger" par les autorités.


04h08 TU. Le Pentagone enquête sur la fuite de documents classifiés concernant la stratégie américaine pour soutenir Kiev. 
 

Le Pentagone tente d'identifier la source de fuites de documents classifiés détaillant la stratégie des États-Unis et de l'Otan pour soutenir l'Ukraine face à l'invasion russe. 

"Nous sommes au courant des informations de presse concernant des messages publiés sur les réseaux sociaux et le ministère est en train d'examiner la question", a déclaré une porte-parole du Pentagone, Sabrina Singh.

Ces documents, qui, selon le quotidien américain, datent du début du mois de mars, évoquent par exemple le rythme auquel les forces ukrainiennes utilisent les munitions cruciales des lance-roquettes mobiles Himars. Ou encore le calendrier des livraisons d'armes ou des formations fournies par l'Occident aux soldats de Kiev.

Les documents, partagés sur Twitter et Telegram, semblent authentiques, selon des experts cités par le journal new-yorkais. Certains auraient toutefois été altérés de façon à présenter la situation russe sous un jour plus favorable, notamment en minimisant l'ampleur de leurs pertes.

Selon ces fuites, 12 brigades ukrainiennes seraient en train d'être constituées, dont neuf entraînées et équipées par les États-Unis, note le New York Times.

12h50 TU. Sergueï Lavrov en Turquie pour discuter de l'accord céréalier.
 

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, doit évoquer, aujourd'hui, en Turquie, l'avenir de l'accord sur les exportations de céréales ukrainiennes dont Ankara est l'un des promoteurs.

Il a été reçu par son homologue, Mevlüt Cavusoglu, avant une conférence de presse à la mi-journée, selon les autorités turques. Un responsable a par ailleurs indiqué, sous couvert d'anonymat, que le ministre russe serait aussi reçu par le président turc, Recep Tayyip Erdogan.

Le dirigeant turc s'est personnellement impliqué dans l'accord céréalier lors de sa signature en juillet 2022 à Istanbul. Prolongé le 19 mars, il permet d'exporter les céréales ukrainiennes via la Mer noire malgré la guerre.

Moscou a toutefois proposé 60 jours plutôt que la reconduction tacite initialement convenue de 120 jours. La Russie insiste sur le respect de l'autre volet de l'accord, qui concerne ses propres exportations d'engrais.

Théoriquement, ces produits, indispensables à l'agriculture mondiale, ne tombent pas sous le coup des sanctions occidentales imposées à Moscou depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022. Mais elles sont de fait entravées.

La Turquie est parvenue depuis le début du conflit à maintenir des relations avec l'Ukraine et la Russie.

02h32 TU. Lula suggère à Kiev de céder la Crimée pour mettre fin à la guerre.

Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, estime que le président ukrainien Volodymyr Zelensky "ne peut pas tout vouloir [...] Le monde a besoin de tranquillité [...] Nous devons trouver une solution."

En outre, le président russe, Vladimir Poutine, "ne peut pas s'emparer du territoire de l'Ukraine. Peut-être discutera-t-on de la Crimée. Mais ce qu'il a envahi en plus, il doit y repenser", a-t-il ajouté lors d'une rencontre avec des journalistes à Brasilia.

Kiev refuse de négocier avec Moscou sans retrait préalable des troupes russes de tout son territoire, y compris de la Crimée annexée en 2014.

Fin janvier, Lula a formulé une proposition, aux contours encore flous, de médiation dans le conflit en Ukraine par un groupe de pays. Il doit le présenter à son homologue chinois, Xi Jinping, à Pékin, la semaine prochaine. Le chef d'Etat brésilien s'est dit "confiant" quant aux chances de succès de cette initiative.

(Re)voir : Guerre en Ukraine : la Crimée se barricade

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