Epidémie de faim dans le monde, la FAO alerte

La pandémie de Covid-19 a contribué à une envolée du nombre de personnes confrontées à la faim et aura des effets à long terme sur la sécurité alimentaire mondiale, avertit l'agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO). 
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Faim dans le monde
Des enfants attendent d'être transportés après avoir reçu de la nourriture donnée par le Programme alimentaire mondial, à Kaboul, en Afghanistan le 24 janvier 2017. 
(AP Photo/Rahmat Gul, dossier)
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C'est une des conséquences de la gestion de la crise sanitaire liée au Covid-19.
La faim dans le monde a augmenté de 18% en un an selon l'agence spécialisée des Nations unies FAO.

"En 2020, entre 720 et 811 millions de personnes dans le monde ont été confrontées à la faim, soit environ 118 millions de personnes de plus qu'en 2019", rapporte la FAO dans ce document publié avec le concours du Fonds international pour le développement de l'agriculture, de l'Unicef, du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l'Organisation mondiale de la santé.

Les mesures prises contre la pandémie ont poussé "des millions de personnes dans le chômage et la pauvreté", "laissant les gouvernements et les donateurs avec moins de ressources pour répondre aux besoins alimentaires et nutritionnels des plus vulnérables", explique le PAM.  Et de poursuivre, "malheureusement, au moment où une famine est déclarée, il est déjà trop tard. Des milliers de personnes meurent déjà de faim"

(Re)voir : Yémen, des millions d'enfants menacés par la famine

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Les plus fragiles en première ligne

Plus de la moitié des personnes sous-alimentées vivent en Asie, plus du tiers en Afrique et 8% en Amérique latine. Le rapport explique que 149 millions d'enfants de moins de cinq ans sont affectés par un retard de croissance et des problèmes de développement cognitif en raison de la malnutrition. 
 

Le PAM estime que 41 millions de personnes sont au bord de la famine dans 43 pays, dont l'Afghanistan, la République Centrafricaine, la République Démocratique du Congo, l'Éthiopie, Haïti, le Honduras, le Soudan du Sud, le Soudan, l'Ouganda, le Venezuela, le Yémen et le Zimbabwe.

Dans certains pays, les restrictions de déplacement ont  empêché les petits agriculteurs d'écouler leur production sur les marchés, les privant ainsi de revenus. Dans les villes, il y a eu des problèmes d'approvisionnement, ce qui a fait exploser les prix.  

(Re)voir : Nigeria, la pandémie fait exploser les prix de l'alimentation

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Des effets à long terme

Avec la pandémie, l'objectif de l'ONU d'éradiquer la faim dans le monde d'ici à 2030 s'éloigne dangereusement. 

Pire, selon les projections, quelque "660 millions de personnes environ pourraient connaître la faim en 2030, en partie à cause des effets à long terme de la pandémie de Covid-19 sur la sécurité alimentaire mondiale – soit 30 millions de plus que dans un scénario où il n'y aurait pas eu de pandémie".

Loin d'avoir fait disparaitre les effets du réchauffement climatique, la crise sanitaire les a au contraire exacerbé. Face à l'urgence, un sommet mondial sur les systèmes alimentaires aura lieu en septembre à New-York. 

A cette occasion, "Action contre la Faim" appelle à "une refonte globale, radicale et juste des systèmes alimentaires en faveur de l'agroécologie paysanne". "Il est primordial que les Etats amorcent dès maintenant des changements de fond à la hauteur de la situation et cessent d'abdiquer face aux géants de l’agro-industrie", estime l'ONG dans un communiqué.

(Re)voir : Éradiquer la faim dans le monde pour 2030, un objectif compromis à cause de la pandémie

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