Étiquetage "colonies israéliennes" : Washington se dit "profondément préoccupé"

Les États-Unis ont assuré mercredi 13 novembre être "profondément préoccupés" par la décision de la justice européenne d'imposer l'étiquetage "colonies israéliennes" des denrées alimentaires originaires des Territoires palestiniens occupés par Israël. Ils ont fait part à l'Etat hébreu de leur soutien.
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Vue de Silwan, un quartier à population majoritairement palestinienne situé à Jérusalem-Est. 9 septembre 2019
© AP / Mahmoud Illean
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"Je salue les déclarations du département d'Etat (...) et je remercie notre allié, les Etats-Unis, pour sa détermination et son soutien constant à Israël", a déclaré mercredi le chef de la diplomatie israélienne Israël Katz dans un communiqué.

"La décision de la Cour de justice (...) encourage le boycott d'Israël et donne du grain à moudre à ceux qui haïssent Israël. Je compte travailler avec les ministres européens des Affaires étrangères pour empêcher la mise en application de cette politique fâcheuse", a-t-il ajouté.

Une réaction qui fait écho au communiqué du porte-parole du département d'Etat américain, Morgan Ortagus. "Les circonstances entourant les critères de labellisation dans les faits précis présentés à la Cour suggèrent un parti pris anti-israélien", écrit-il.

Avec la décision de la Cour de justice de l'Union européenne mardi, les denrées alimentaires originaires des territoires occupés par Israël doivent porter la mention de leur territoire d'origine, et le cas échéant préciser qu'elles proviennent d'une colonie israélienne. 

La décision de la Cour a été "rejetée fermement" par Israël, tandis que les Palestiniens souhaitent aller plus loin en interdisant ces produits.

Pour la diplomatie américaine, cet étiquetage "sert uniquement à encourager, faciliter et promouvoir" le mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) contre Israël. 

"L'Amérique est aux côtés d'Israël contre les efforts visant à lui imposer une pression économique, à l'isoler ou à le délégitimer", poursuit le département d'État.

La Cour européenne à l'origine de cette décision

A l'origine du jugement de la Cour européenne figure une décision contestée du ministère français de l'Economie en 2016 obligeant à un étiquetage différencié des produits provenant des territoires occupés par Israël.

Cette décision avait été prise en application d'un règlement européen de 2011 sur l'information des consommateurs pour les denrées alimentaires. 

En 2015, la Commission européenne avait publié une "notice interprétative" sur l'indication d'origine des marchandises en provenance des Territoires occupés par Israël depuis juin 1967, et approuvé la mise en oeuvre de l'étiquetage controversé.

Selon la Cour, la mention du territoire d'origine de ces denrées est obligatoire, au vu de ce règlement, "afin d'éviter que les consommateurs ne puissent être induits en erreur quant au fait que l'Etat d'Israël est présent dans les territoires concernés en tant que puissance occupante et non pas en tant qu'entité souveraine".

La décision du ministère français avait été dénoncée comme "discriminatoire" par le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) au motif qu'il aurait renforcé le mouvement BDS.

Saisi d'un recours en annulation par l'Organisation juive européenne (OJE) et la société de vins casher Psagot, le Conseil d'Etat français s'en était remis à la justice européenne.

La Cour européenne a suivi l'avis favorable à un tel étiquetage de l'avocat général.