France: stabiliser la dette publique implique 60 milliards d'euros d'économies en 2025, selon Rexecode

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Vue du ministère des Finances et du Budget à Paris, le 9 août 2013

Vue du ministère des Finances et du Budget à Paris, le 9 août 2013

AFP
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La stabilisation de la dette publique de la France impliquerait, à croissance constante, des économies de 60 milliards d'euros en 2025, largement supérieures à celles prévues par le gouvernement sortant, estime mercredi l'institut Rexecode.

Rappelant que la dette publique tutoyait les 110% du PIB fin 2023, l'institut réputé proche du patronat juge dans une note qu'après les législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet, "la nouvelle Assemblée nationale se trouvera rapidement confrontée au déséquilibre des finances publiques et à la montée de la dette publique de la France."

"La plupart des mesures avancées au cours de la campagne électorale ont un coût budgétaire élevé et leur mise en oeuvre se traduirait par un déséquilibre encore plus marqué et de nouvelles augmentations de la dette publique", avertit encore Rexecode, qui élabore quatre scénarios de finances publiques "pour éclairer les orientations possibles".

Basé sur une prévision de croissance du PIB de 1% en 2025 et une fiscalité stable, le deuxième scénario cherche à identifier le montant des économies nécessaires pour stabiliser la dette autour de 110% du PIB.

"Le calcul montre que la stabilisation" de la dette à son niveau de fin 2023 exigerait "une réduction de dépenses publiques de 60 milliards d'euros dès 2025", écrit Rexecode, qui juge ce scénario insatisfaisant puisqu'il implique des coupes radicales et ne permet pas d'investir suffisamment dans la "décarbonation et la transition climatique".

Le gouvernement sortant a jusqu'ici communiqué autour d'un objectif d'économies de 20 milliards d'euros en 2025.

Mais il table sur une croissance de 1,4% en 2025 et une légère hausse de la fiscalité, souligne Rexecode.

En outre, il n'ambitionne pas de réduire dès 2025 la dette publique, sa décrue étant attendue à compter de 2026 seulement. Autant de paramètres qui peuvent expliquer l'écart entre les 60 milliards d'économies avancés par Rexecode et les 20 milliards envisagés avant la dissolution de l'Assemblée nationale par le gouvernement.

Reste que la prévision de croissance du gouvernement pour 2025 est supérieure à celle de la Banque de France (1,2%) ou de l'OCDE (1,3%) et reste tributaire de la politique économique du futur exécutif.

Avec une croissance faible, "il est illusoire d'espérer stabiliser la dette publique, accroître les dépenses publiques pour conduire la transition climatique et augmenter le pouvoir d'achat des ménages", conclut Rexecode.

Dans une note publiée mercredi et également consacrée à la dette publique, les économistes de La Banque postale Maël Blanchet et Corentin Ponton soulignent que "la prolongation d'une situation de déficit des finances publiques pourrait effriter progressivement" la position avantageuse de la France, qui "a longtemps profité d'un statut d'emprunteur privilégié en raison de sa stabilité politique, de la crédibilité des politiques économiques et de son rôle d'influence dans les instances européennes".

"L'instabilité politique actuelle pourrait être un catalyseur de cette évolution", ajoutent-ils. "A l'inverse, la clarification de la trajectoire financière par le gouvernement issu des élections et la réassurance sur les atouts traditionnels français (éducation, infrastructure, taille du marché) seraient susceptibles de rassurer les marchés."