Gaza : l'UNRWA est "irremplaçable et indispensable" souligne le rapport Colonna

L'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens a des "problèmes de neutralité" politique mais Israël doit encore fournir la "preuve" que certains de ses membres sont prétendument liés à des "organisations terroristes". Telles sont les conclusions du rapport remis au chef des Nations unies par l'ancienne ministre des Affaires étrangères française Catherine Colonna.

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Un Palestinien blessé lors d'un bombardement israélien est amené à l'hôpital kuwaitien du camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 20 avril 2024.

Un Palestinien blessé lors d'un bombardement israélien est amené à l'hôpital kuwaitien du camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 20 avril 2024. 

© AP Photo/Ismael Abu Dayyah
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Selon le rapport indépendant de Catherine Colonna, Israël n'a pas encore fourni la preuve des liens du personnel de l'UNRWA avec des organisations terroristes. L'UNRWA est "irremplaçable et indispensable" aux Palestiniens souligne-t-elle. L'ancienne ministre des Affaires étrangères s'est vue confier par le secrétaire général de l'ONU une mission d'évaluation sur la neutralité de cette agence de l'ONU.

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L'UNRWA est irremplaçable et indispensable pour le développement humain et économique des Palestiniens. Rapport indépendant sur l'UNRWA

"L'UNRWA demeure cruciale pour apporter une aide humanitaire vitale et des services sociaux essentiels, notamment en matière de santé et d'éducation, aux réfugiés palestiniens à Gaza, en Jordanie, au Liban, en Syrie et en Cisjordanie", souligne le groupe dans un rapport très attendu d'une cinquantaine de pages.

"L'UNRWA est irremplaçable et indispensable pour le développement humain et économique des Palestiniens. De plus, beaucoup considèrent que l'UNRWA est une planche de salut humanitaire", peut-on lire. "Mais en dépit de ce cadre solide, des problèmes liés à la neutralité persistent", ajoute le rapport.

Il s'agit "de cas d'employés du personnel exprimant publiquement leurs opinions politiques, de livres scolaires au contenu problématique venant du pays hôte et utilisés dans certaines écoles de l'UNRWA, de syndicalistes politisés proférant des menaces contre l'encadrement de l'UNRWA et perturbant des opérations" humanitaires, toujours selon les auteurs appartenant au groupe indépendant.

Employés appartenant au Hamas

L'agence qui compte plus de 30.000 employés dans la région (Gaza, Cisjordanie, Liban, Jordanie et Syrie), est accusée par Israël d'employer "plus de 400 terroristes" à Gaza. Et 12 de ses employés sont accusés par les Israéliens d'avoir été directement impliqués dans l'attaque sans précédent du 7 octobre menée par le Hamas sur le sol israélien, qui a fait 1.160 morts, essentiellement civils, selon un bilan de l'AFP établi à partir de données officielles. Des accusations qui ont entraîné la suspension de financements par certains pays donateurs, dont certains ont repris depuis.

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"Sur la base d'une liste de mars 2024 contenant des numéros d'identité de Palestiniens, Israël a affirmé publiquement qu'un nombre significatif d'employés de l'UNRWA sont membres d'organisations terroristes. Cependant, Israël doit encore en apporter la preuve", prévient le groupe dans son rapport.

D'autant que l'UNRWA, créée par l'Assemblée générale de l'ONU en 1949, "est la colonne vertébrale des opérations humanitaires" à Gaza, avait répété le 17 avril devant le Conseil de sécurité son patron Philippe Lazzarini, dénonçant une campagne "insidieuse" pour mettre fin à ses opérations. "Soyons clairs, les attaques contre l'UNRWA ne visent pas la neutralité. La raison derrière cela est de priver les réfugiés palestiniens de leur statut de réfugié".

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Philippe Lazzarini, répond aux questions des journalistes après s'être exprimé au Conseil de sécurité de l'ONU le 17 avril 2024.

"Démanteler l'UNRWA aura des répercussions durables", a-t-il prévenu, avec pour conséquence notamment d'"aggraver la crise humanitaire à Gaza et accélérer l'arrivée de la famine".

La famine menace déjà le nord du territoire palestinien, où plus de 34.000 personnes, la plupart des civils, ont été tuées depuis le début de l'offensive israélienne, selon le ministère de la Santé du Hamas.