Géorgie : retrait du projet de loi sur les "agents de l'étranger"

Le parti au pouvoir en Géorgie annonce ce 9 mars le retrait du projet de loi controversé sur les "agents de l'étranger", qui vise médias et ONG.  Celui-ci était à l'origine des manifestations durement réprimées les 7 et 8 mars. L'opposition appelle à manifester malgré le retrait du projet. 
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Manifestation drapeau georgien
Un homme agite le drapeau géorgien devant une barricade en feu, tandis que d'autres manifestants se tiennent derrière, à proximité du Parlement géorgien à Tbilisi, le 8 mars 2023.
AP Photo/Zurab Tsertsvadze
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"En tant que parti de gouvernement responsable envers chaque membre de la société, nous avons décidé de retirer de façon inconditionnelle ce projet de loi que nous soutenions", déclare le parti du Rêve géorgien, dans un communiqué publié ce 9 mars sur son site. De cette manière, le parti au pouvoir annonce retirer le projet de loi sur les "agents de l'étranger", visant médias et ONGs. 
 

Des partis d'opposition géorgiens annoncent qu'ils continueraient de manifester contre le gouvernement, malgré le retrait du projet de loi jugé répressif. La mobilisation "ne s'arrêtera pas tant qu'il n'y aura pas de garantie que la Géorgie est résolument engagée sur une voie pro-occidentale", déclarent  plusieurs partis d'opposition dans une déclaration commune. Ils appelent à de nouveaux rassemblements et à la libération de dizaines de protestataires en détention.

Source de manifestations massives

Cette annonce intervient au lendemain de manifestations massives dans la capitale Tbilissi lors desquelles la police a utilisé des grenades lacrymogènes et des canons à eau pour disperser des dizaines de milliers de personnes rassemblées près du Parlement.

Le mouvement de contestation a été déclenché par l'adoption le 7 mars en première lecture d'un projet de loi prévoyant que les ONG et médias recevant plus de 20% de leur financement de l'étranger soient obligées de s'enregistrer en tant qu'"agents de l'étranger", sous peine d'amende. Pour ses détracteurs, ce texte est inspiré d'une loi similaire qui existe en Russie où le Kremlin l'utilise pour réprimer la presse indépendante, les organisations de défense des droits humains et ses opposants.

Dans son communiqué, le parti du Rêve géorgien estime que le projet de loi a été "présenté sous un mauvais jour de façon trompeuse". Il ajoute qu'il allait lancer des consultations publiques pour "mieux expliquer" le but de ce texte.

Pas un retrait total

Le parti au pouvoir ne ferme donc pas complètement la porte à un retour futur de ce projet de loi au Parlement. Les manifestations qui ont secoué la Géorgie mardi et mercredi s'inscrivent dans un contexte plus large de crise politique dans ce pays du Caucase. Cette ex-république soviétique, marquée par une intervention militaire russe en 2008, ambitionne officiellement de rejoindre l'UE et l'Otan, une orientation prise après la "révolution des roses" de 2003.

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Cette révolution avait amené au pouvoir le pro-occidental Mikheïl Saakachvili, qui est aujourd'hui en prison d'où il dénonce une vengeance politique. Mais plusieurs mesures récentes du gouvernement actuel, comme le projet de loi sur les "agents de l'étranger", jettent le doute sur le maintien des aspirations pro-occidentales, l'opposition l'accusant de soutenir Moscou.