Guerre en Ukraine : quels sont les enjeux du sommet européen de Versailles ?

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union Européenne se réunissent jeudi 10 et vendredi 11 mars au château de Versailles en France. Un sommet prévu depuis longtemps mais qui a été chamboulé par l'invasion de l'Ukraine par la Russie il y a deux semaines. Quels vont être les sujets de discussions ? Que faut-il en attendre ? État des lieux.
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sommet de Versailles
AP Photo/Michel Euler.
Les dirigeants de l'Union européenne discutent de la situation en Ukraine lors d'un sommet à Versailles les 10 et 11 mars 2022 (France).
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Les dirigeants des 27 pays membres se retrouveront au Château de Versailles à partir de 16H30 (15H30 GMT) ce jeudi et commenceront par une discussion sur la défense et l'énergie, avant un dîner de travail sur l'Ukraine. La journée de vendredi sera consacrée au renforcement du modèle économique de l'UE, avant une conférence de presse finale dans l'après-midi.

C'est un moment décisif pour l'Europe, une Europe qui perd sa naïvetéAlexander De Croo, premier ministre belge

"Fixer des orientations politiques"

"C'est un moment décisif pour l'Europe, une Europe qui perd sa naïveté", selon le Premier ministre belge Alexander De Croo.

Le sommet ne devrait pas accoucher de décisions, mais plutôt fixer des orientations politiques qui seront mises en oeuvre dans les mois à venir.

L'appartenance de l'Ukraine à la famille européenne devrait être réaffirmée, même si le projet de Kiev d'adhérer à l'UE ne peut s'envisager que sur le long terme.

Selon un projet de conclusions, les Vingt-Sept, qui réaffirment le rôle clé de l'Otan, vont souligner leur volonté d'investir "plus et mieux dans les capacités militaires", de favoriser les coopérations industrielles et les achats en commun, alors qu'une stratégie de défense doit être publiée avant la fin du mois.

"Réduire la dépendance au gaz russe"

Ils vont également examiner le projet de la Commission de réduire des deux-tiers la dépendance au gaz russe dès cette année, mais aussi de diminuer les importations de charbon et pétrole de Russie, en diversifiant les fournisseurs et en développant des énergies alternatives comme les renouvelables ou l'hydrogène.

Le renforcement du stockage de gaz, mais aussi "l'optimisation du fonctionnement du marché de l'électricité", réclamés par l'Espagne et la France, sont également évoqués, tout comme un engagement pour de nouvelles mesures urgentes destinées à amortir l'impact de la hausse des prix de l'énergie pour les citoyens européens. Le litre d'essence à plus de 2 euros fait craindre des révoltes sociales de type "gilets jaunes".

Au-delà de l'énergie, l'Europe entend également renforcer les capacités de production de composants clés, comme les puces électroniques, les pénuries des dernières années ayant provoqué un électrochoc.

À re(voir) : Comment réduire la dépendance face au gaz russe ?

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Quel sera le message de la France ?

Selon plusieurs sources européennes, la France tente par ailleurs de persuader ses partenaires d'adopter un nouveau plan de relance, sur le modèle du fonds de 800 milliards d'euros mis en oeuvre depuis l'an dernier pour contrer les effets de la pandémie. 

Ce sommet de crise vise à montrer l'unité de l'Europe, c'est essentielEric Maurice de la Fondation Robert Schuman

Il s'agirait cette fois d'un emprunt commun pour amortir les conséquences de la guerre en Ukraine. Mais le sujet "n'est pas à l'agenda", a affirmé le ministre allemand des Finances Christian Lindner, rétif à l'idée d'une nouvelle mutualisation de dettes, comme plusieurs pays d'Europe du Nord.

"Un sommet de crise pour montrer l'unité de l'Europe"

La Commission européenne avait cependant indiqué la semaine dernière qu'elle pourrait prolonger la suspension de ses règles de rigueur budgétaire en 2023 si cela s'avérait nécessaire. Un état des lieux de l'impact économique de la guerre est prévu au printemps.

"Ce sommet de crise vise à montrer l'unité de l'Europe, c'est essentiel", estime Eric Maurice de la Fondation Robert Schuman, et il pourrait "poser les bases d'une transformation en profondeur des politiques européennes".