Guerre entre Israël et le Hamas : des réactions africaines diverses et variées

Quarante huit heures après l'offensive surprise du Hamas palestinien contre Israël, les réactions officielles venues du continent africain se multiplient mais sont loin d'être univoques. Du Togo à l'Afrique du Sud en passant par la Tunisie, florilège de déclarations.

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mugs mandela gaza

Photo d'archive. Des tasses avec des photos de Nelson Mandela et Yasser Arafat sont entreposées par un magasin de souvenirs à Gaza, 10 décembre 2013. 

AP Photo/Adel Hana
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  • Egypte

Médiateur traditionnel dans le conflit israélo-palestinien, l'Égypte a réagi samedi dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères appelant Israéliens et Palestiniens à "faire preuve de la plus grande retenue" mettant en garde contre "le grave danger de l'escalade en cours". Le président Abdel Fattah al-Sissi a mis en garde "contre le danger d'une nouvelle détérioration de la situation".

Premier pays arabe à avoir normalisé ses relations avec Israël en 1979, Le Caire a eu des échanges avec différents interlocuteurs pour tenter de "mettre fin à l'escalade". Le chef de la diplomatie égyptienne, Sameh Shoukry, s'est entretenu au téléphone avec ses homologues jordanien, émirati, turc, allemand et français, ainsi qu'avec le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell. M. Shoukry a également discuté avec le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken et son homologue russe Sergueï Lavrov.

Dimanche, un incident isolé s'est déroulé à Alexandrie, sur la côte égyptienne. Un policier égyptien a tiré sur des touristes israéliens, tuant deux d'entre eux et leur guide égyptien. L'Égypte n'a pas encore réagi officiellement à l'attaque contre les touristes.

  • Maroc

Dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, "le Royaume du Maroc exprime sa profonde préoccupation suite à la détérioration de la situation et au déclenchement des actions militaires dans la bande de Gaza et condamne les attaques contre les civils d’où qu’ils soient".

Et de rappeler qu'il "n’a eu de cesse de mettre en garde contre les répercussions du blocage politique sur la paix dans la région et contre les risques de l’aggravation des tensions qui en résulte". A cet égard, le communiqué "appelle à un arrêt immédiat de tous les actes de violences et à un retour à l’apaisement".

Le Maroc a normalisé ses relations diplomatiques avec Israël en décembre 2020 dans le cadre des accords d'Abraham. Les deux pays ont depuis accéléré leur coopération et leur rapprochement. Pour autant, la cause palestinienne continue de susciter une immense sympathie au sein de la population marocaine.

  • Tunisie

La présidence de Tunisie a réagi samedi dans un communiqué diffusé sur sa page Facebook pour exprimer "sa solidarité totale et inconditionnelle avec le peuple palestinien".

Le communiqué prend fait et cause pour les Palestiniens et appelle à "se remémorer les massacres que l'ennemi sioniste a commis". Et de conclure par un appel à la communauté internationale "de prendre ses responsabilités historiques pour mettre fin à l'occupation de la Palestine". 

  • Union Africaine

Dans un communiqué publié samedi soir sur le compte X (ex-Twitter) de l'Union africaine, le président de la Commission de l'Union africaine Moussa Faki Mahamat exprime sa plus vive préoccupation et appelle les deux parties "à revenir, sans conditions préalables, à la table des négociations pour mettre en œuvre le principe de deux Etats vivant côte à côte".

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Mais le communiqué souligne clairement que "le déni des droits fondamentaux du peuple palestinien, notamment celui d'un Etat indépendant et souverain, est la cause principale de la tension israélo-palestinienne permanente".

Une position particulièrement tranchée du président de la Commission de l'Union africaine, qui ne reflète pas forcément l'avis de chacun des 55 membres de l'organisation continentale.

  • Afrique du Sud

En Afrique du Sud, l'ANC (Congrès national Africain) parti du pouvoir se range aux côtés des Palestiniens. Dimanche, le porte-parole de l'ANC, Mahlengi Bhengu-Motsiri affirme que "les actions des militants palestiniens du Hamas en Israël sont justifiées par l'occupation continue des terres palestiniennes par Israël". En conséquence, les militants palestiniens n'ont d'autre choix que l'escalade de la violence, affirme l'ANC.

Le parti de Nelson Mandela soutient depuis longtemps la cause des Palestiniens considérant qu'elle est comparable à celle vécue sous le régime de l'apartheid. Et la porte-parole de l'ANC de déclarer : "Il ne peut plus être contesté que l'histoire de l'apartheid en Afrique du Sud est la réalité de la Palestine occupée".

  • Togo

Le Togo s'est exprimé sur la guerre entre Israël et le Hamas par la voix de son ministre des Affaires étrangères Robert Dussey. "Nous sommes du côté de la paix", indique une déclaration publiée sur son compte X (ex-Twitter).

En substance, il déclare que "le Togo condamne fermement l'attaque Terroriste du Hamas contre des civils israéliens. Nous encourageons Israël et le Hamas à continuer le dialogue pour régler les différents. Nous demandons la libération des otages."

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  • Burkina Faso

Au Burkina Faso, la situation entre Israël et le Hamas a donné lieu à un incident sur les canaux de communication des autorités sur les réseaux sociaux.

Un message posté sur le compte X (ex-Twitter) de la ministre des Affaires étrangères Olivia Rouamba a circulé le samedi 7 octobre affirmant que le Burkina Faso condamne l'attaque surprise du Hamas et exprime sa solidarité avec Israël.

Mais le lendemain, le ministère des Affaires étrangères burkinabé a publié un démenti sur son compte officiel Facebook. "Ce post, qui est l'œuvre des hackers et de personnes mal intentionnées, n'a pour seul but que de ternir l'image de notre diplomatie".

Et le communiqué "porte donc à la connaissance de tous, que le post en question n'est nullement de S.E Mme Olivia ROUAMBA". En revanche, rien n'est dit sur la position officielle du Burkina Faso.