Inculpation au pénal de Donald Trump : les élus républicains s'indignent, les démocrates tempèrent

L'ancien président des États-Unis Donald Trump a été inculpé au pénal par la justice de l'État de New York. Cette première historique, qui n'est que la première étape d'un long chemin judiciaire, provoque de vives réactions. 
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L'ancien président des États-Unis Donald Trump arrive à son avion pour participer à un rassemblement de ses partisans au Texas, à l'aéropot de West Palm Beach, le 25 mars 2023. 
AP Photo/Evan Vucci
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Pour le fils de Donald Trump, il s'agit d'un acte digne du "tiers-monde". Un "abus de pouvoir", lance la cheffe du parti républicain. Famille, alliés et même rivaux de droite de Donald Trump dénoncent l'inculpation de l'ancien président, assurant qu'il s'agissait de l'empêcher de reprendre ses quartiers à la Maison Blanche en 2024.

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 "Soyons clairs les gars. C'est un truc digne des communistes. C'est un truc qui ferait rougir Mao, Staline, Pol Pot", tempête son fils aîné Donald Trump junior dans son émission en streaming. "Je pense que nous sommes en plein dans une bataille pour l'avenir de notre pays. Pour notre existence même", ajoute-t-il. Il fustige le procureur derrière l'inculpation comme étant un "gauchiste corrompu". Sur Twitter, il ajoute que les opposants à son père "instrumentalisaient les autorités pour interférer dans l'élection de 2024 pour arrêter Trump".

"La seule solution est (...) de le remettre à la Maison Blanche!!!", écrit-il. Cette inculpation est "digne du tiers-monde", "un acte opportuniste visant un opposant politique en pleine campagne électorale", renchérit son frère Eric Trump dans un tweet.

L'inculpation dénoncée par sa famille politique

Le gouverneur de Floride Ron DeSantis, principal rival républicain de Donald Trump - même s'il ne s'est pas encore officiellement déclaré candidat à la présidentielle de 2024 - dénonce l'inculpation comme étant "contraire aux valeurs de l'Amérique".

Quant à Mike Pompeo, également pressenti pour 2024, il juge qu'en décidant d'inculper un ancien président, le procureur Alvin Bragg "sapait la confiance de l'Amérique dans notre système judiciaire". Pour l'ancien vice-président de Donald Trump, Mike Pence, "c'est une honte !". "Cela ne servira qu'à diviser encore davantage notre pays", déclare sur CNN celui qui flirte aussi avec l'idée d'une candidature en 2024.

La cheffe du parti républicain, Ronna McDaniel, tweete que l'inculpation est "un abus de pouvoir flagrant émanant d'un procureur concentré sur une vengeance politique au lieu d'assurer la sécurité de la population". "Pendant ce temps, New York, où Alvin Bragg est procureur de Manhattan, a atteint un nouveau record en matière de crimes l'an dernier", affirme le compte officiel du parti républicain sur Twitter.

La décision d'inculper Trump a "irrémédiablement endommagé notre pays", dénonce le président républicain de la Chambre des représentants, Kevin McCarthy. "Le peuple américain ne tolérera pas cette injustice", assure le ténor républicain sur Twitter.

"Scandaleux", lâche de son côté l'influent élu Jim Jordan dans un tweet laconique. C'est "un jour sombre pour l'Amérique", déplore l'élue Elise Stefanik. Elle critique le procureur, qualifié de "socialiste". "Des dizaines de millions d'Américains patriotes n'ont jamais été aussi mobilisés pour exercer leurs droits constitutionnels pour s'organiser pacifiquement et VOTER afin de sauver notre grande république en élisant le président Donald Trump en 2024", dit-elle dans un communiqué. "Je suis avec Trump!!!" tweete de son côté Marjorie Taylor Greene.

Que dit le camp démocrate ? 

Joe Biden, actuel président du pays, décline tout commentaire sur l'inculpation de son prédécesseur et potentiel rival pour la présidentielle de 2024. Toutefois, plusieurs personnalités démocrates ont réagi à cette annonce. Nancy Pelosi, qui était présidente de la Chambre des représentats des États-Unis jusque janvier 2023 écrit sur son compte Twitter qu'elle espère que "l'ancien président respectera pacifiquement le système, qui lui garantit le droit à un procès pour prouver son innoncence."

Les leaders du parti démocrates restent toutefois très tempérés dans leurs réponses. Le chef de la majorité au Sénat Chuck Schumer écrit sur Twitter qu'il ne doit pas y avoir "d'influence politique extérieure, d'intimidation ou d'interférence dans cette affaire." Pour le membre du Congrès Adam Schiff, la "conduite illégale" de Donald Trump est sans précédent dans l'histoire du pays. "Un pays de lois doit demander des comptes aux iches et aux puissants, même si ils ont des postes importants, explique-t-il. Faire autrement n'est pas de la démocratie.