Inondations au Brésil: l'eau commence à se retirer et dévoile le chaos

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Une voiture endommagée, des branches et des débris sont visibles à Cruzeiro do Sul après les inondations dévastatrices qui ont frappé l'État du Rio Grande do Sul, au Brésil, le 14 mai 2024

Une voiture endommagée, des branches et des débris sont visibles à Cruzeiro do Sul après les inondations dévastatrices qui ont frappé l'État du Rio Grande do Sul, au Brésil, le 14 mai 2024

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L'eau a commencé à se retirer dans certaines zones du sud du Brésil dévasté par les inondations, révélant l'étendue des dégâts dans la région, qui recevra plus d'un milliard de dollars d'aide annoncés mardi par la banque des pays émergents, les Brics.

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La catastrophe climatique sans précédent dans l'Etat du Rio Grande do Sul a fait au moins 149 morts, tandis que 124 personnes sont portées disparues, selon le dernier bilan publié mardi soir par la Défense civile.

Plus de 615.000 personnes ont été évacuées de leur domicile, d'après la même source.

Des vendeurs font sécher leurs marchandises  après les inondations qui ont touché leurs magasins à Porto Alegre, dans l'État du Rio Grande do Sul, au Brésil, le 14 mai 2024

Des vendeurs font sécher leurs marchandises après les inondations qui ont touché leurs magasins à Porto Alegre, dans l'État du Rio Grande do Sul, au Brésil, le 14 mai 2024

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Les fonds débloqués par la banque de développement des Brics (acronyme des puissances émergentes autour du Brésil, de la Russie, de l'Inde, de la Chine et de l'Afrique du Sud) serviront à "reconstruire les infrastructures urbaines et rurales" et à "aider" les sinistrés, a indiqué dans une vidéo diffusée sur X la dirigeante de l'institution, l'ex-présidente brésilienne Dilma Rousseff.

Ces inondations, provoquées par des pluies torrentielles qui ont fait déborder les fleuves, constituent le pire désastre environnemental de l'histoire de l'Etat, qui va devoir reconstruire une bonne partie de ses infrastructures.

Des vendeurs nettoient leurs produits après les inondations qui ont touché leurs magasins dans le quartier à Porto Alegre, dans l'État du Rio Grande do Sul, au Brésil, le 14 mai 2024

Des vendeurs nettoient leurs produits après les inondations qui ont touché leurs magasins dans le quartier à Porto Alegre, dans l'État du Rio Grande do Sul, au Brésil, le 14 mai 2024

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A l'intérieur des terres, dans les localités de Lajeado et Cruzeiro do Sul, une équipe de l'AFP a constaté de nombreux dégâts.

Maisons détruites où parfois il ne reste plus qu'un pan de mur, rues envahies par les débris et la boue, épaves de voitures ensevelies sous les branchages charriés par l'eau: les scènes de désolation se répètent.

"Partons d'ici avant que quelque chose de pire ne se produise", lance Silvio Kehl, un habitant de Cruzeiro do Sul, âgé de 40 ans, racontant que son bébé de quatre mois a déjà vécu trois inondations depuis sa conception.

"Nous avons travaillé pendant 30 ans, nous nous sommes battus, et maintenant nous avons tout perdu", souffle Nelson Xavier, 61 ans, propriétaire d'une usine de béton dans la ville.

Des maisons détruites, des voitures endommagées, des branches et des débris à Cruzeiro do Sul après les inondations dévastatrices qui ont frappé la région dans l'État du Rio Grande do Sul, au Brésil, le 14 mai 2024

Des maisons détruites, des voitures endommagées, des branches et des débris à Cruzeiro do Sul après les inondations dévastatrices qui ont frappé la région dans l'État du Rio Grande do Sul, au Brésil, le 14 mai 2024

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Le chaos s'est aggravé après de nouveaux débordements dus aux fortes pluies de ces derniers jours. Le fleuve Guaiba, qui borde la capitale régionale Porto Alegre, a retrouvé des niveaux historiques et atteint mardi 5,21 mètres, et sa crue pourrait se poursuivre. Les premiers débordements surviennent à partir de trois mètres.

Selon l'Institut météorologique brésilien, les prévisions pour le reste de la semaine annoncent une nette baisse des températures dans l'Etat le plus méridional du Brésil.

Le président Luiz Inacio Lula da Silva, dont le gouvernement a promis une aide de 50 milliards de réais (9 milliards d'euros), se rendra dans la zone sinistrée pour la troisième fois mercredi.