Journée de la Terre : quatre jours de manifestations à Londres pour la planète et contre l'inaction du gouvernement

Pour la Journée de la Terre du 22 avril, des milliers de personnes se sont réunies à Londres, comme ailleurs dans le monde, pour exposer leur inquiétude vis-à-vis du changement climatique, et leur colère face à l'inaction des gouvernements. La mobilisation appelée "The Big One" a commencé vendredi 21, et se poursuit jusqu'à lundi 24. 
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Des activistes manifestent devant le Parlement à Londres, vendredi 21 avril. Extinction Rebellion et d'autres groupes environnementaux appellent à se réunir pendant quatre jours. AP/ Kin Cheung.
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"La dernière fois que j'ai manifesté à Londres, c'était en 2003 contre la guerre en Irak !", raconte Jenny O'Hara, au milieu d'une foule défilant samedi 22 avril à Londres pour la planète et contre "l'inaction du gouvernement" dans une ambiance bon enfant.

Les manifestants ont rivalisé d'imagination. L'un, perché sur des échasses, est déguisé en arbre avec des branches qui s'élèvent au-dessus de lui. Des enfants ont mis leur plus beau déguisement d'animal. Une femme passe avec d'immenses ailes de papillon colorées. 
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AP/ Kin Cheung.

Changement de stratégie d'Extinction Rebellion

La manifestation dans le centre de la capitale britannique a été organisée à l'appel du groupe écologiste Extinction Rebellion (XR), connu depuis sa création en 2018 pour ses actions coup de poing et l'utilisation de la désobéissance civile. Des militants s'étaient par exemple juchés sur une rame de métro ou sur un avion. 

Mais en janvier, Extinction Rebellion a annoncé la suspension au Royaume-Uni de ces opérations spectaculaires et controversées. Le groupe a préféré mobiliser pour une grande manifestation, plus consensuelle, contre l'inaction du gouvernement sur l'environnement.

Samedi 22 avril, familles avec enfants en poussette, retraités, jeunes adultes, se sont ainsi réunis pour cette manifestation dans le quartier de Westminster où se trouve le Parlement. Elle s'est tenue pour "Earth Day", la Journée de la Terre. Des dizaines d'organisations ont rejoint l'appel lancé par XR. 

Pour Joseph Young, un membre de la première heure de XR, la stratégie semble payante. "Il y a beaucoup de monde, tous là pour la même cause. Cela va encourager les gens à rejoindre la mobilisation sur le climat", estime ce travailleur social de 43 ans. Sa compagne, Laura Churchill, 40 ans, ne croit pas, elle, que ce genre de manifestation soit "utile". "Mais c'est très sympathique d'être ici". Leur fille de 5 ans, Jurno, porte un costume de guépard. "Ce sont mes animaux préférés, je voudrais qu'ils soient protégés". 

"La crise climatique est déjà là"

Un autre enfant tient un dessin de dinosaure avec une question : "Sommes-nous les prochains sur la liste ?". Des panneaux indiquent qu'"un tiers des oiseaux au Royaume-Uni risquent de disparaître". Les slogans sur la disparition des abeilles sont omniprésents. 

Jenny O’Hara a fait six heures de train avec ses deux enfants depuis le Pays de Galles pour venir manifester. "Rester passif n'est plus une option vu l'urgence de la situation", déclare cette femme de 47 ans qui travaille pour une organisation caritative. Elle explique cependant peu participer aux mobilisations, trop prise par son travail et sa vie de famille.

"La crise climatique et écologique n'est pas quelque chose qui va se produire dans le futur, elle est déjà là, nous pouvons le voir avec le manque notable d'insectes et d'animaux sauvages chaque printemps et chaque été", s'inquiète une porte-parole d'ER, Zoe Cohen.
 

(Re)voir : Climat : le Giec publie son "guide de survie" pour l'humanité

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Peine inédite contre un militant

Lisa Longstaff, qui travaille à Londres dans un centre pour les femmes, brandit une pancarte plus critique : "Nous défendons le climat mais la police nous arrête". 

Vendredi 21, un militant de l'organisation écologiste Just Stop Oil a été condamné à trois ans de prison pour avoir bloqué un axe important de circulation près de Londres en octobre. Une peine d'une sévérité exceptionnelle. 

"C'est scandaleux. Mais cela n'empêchera personne de manifester. Nous sommes ici pour défendre le monde", décrit cette femme de 60 ans. 

À la fin de la manifestation, des participant se sont couchés par terre, en silence : un hommage aux animaux sauvages disparus depuis la première Journée de la Terre en 1970. 

La mobilisation va se poursuivre dimanche 23 et lundi 24.