Fil d'Ariane
Un tribunal du Kazakhstan a condamné ce mardi 14 janvier à quatre ans et demi de prison ferme un citoyen de ce pays d'Asie centrale ayant combattu en Ukraine au sein du groupe paramilitaire russe Wagner entre 2022 et 2023.
Sculpture du chef mercenaire russe Evgueni Prigojine installée sur sa tombe à Saint-Pétersbourg, en Russie, le samedi 1er juin 2024. P
Quatre ans et demi de prison ferme : telle est la peine infligée à un ancien mercenaire du groupe paramilitaire russe Wagner devant la justice du Kazakhstan pour avoir combattu en Ukraine. L'accusé a été condamné pour "participation préméditée et illégale à un conflit dans un pays étranger", a indiqué ce tribunal de la région d'Oulytaou, au centre du Kazakhstan, immense pays aux quelque 7.500 kilomètres de frontière commune avec la Russie.
Plusieurs citoyens des ex-républiques soviétiques d'Asie centrale ont été condamnés pour s'être battus pour Moscou en Ukraine, la Russie essayant d'attirer des recrues pour combler ses pertes.
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Selon le tribunal de la ville de Satpaïev, le condamné a décidé à l'automne 2022 de rejoindre la société paramilitaire "W", motivé par des raisons idéologiques.
Joint par l'AFP, le tribunal a confirmé qu'il s'agissait de Wagner, groupe depuis démantelé et réorganisé après la mort de son chef Evguéni Prigojine en août 2023.
Le "citoyen kazakh G" a "commis un grave crime contre la paix et la sécurité de l'humanité", d'après le communiqué du tribunal.
Le condamné s'est battu en Ukraine dans une unité d'artillerie contre un salaire de 240.000 roubles (environ 3.800 euros au taux de l'époque), puis est rentré au Kazakhstan fin juillet 2023, après la rébellion avortée du groupe paramilitaire en juin.
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La décision de justice est très détaillée, fait rare en Asie centrale, où la liberté d'expression y reste étroitement contrôlée et les procès souvent tenus à huis clos.
De plus, le thème de la guerre entre l'Ukraine et la Russie est majoritairement passé sous silence pour maintenir de bonnes relations tant avec l'allié russe que les partenaires occidentaux.
Le phénomène de recrutement de citoyens centrasiatiques dans l'armée russe est documenté mais difficilement quantifiable, car le sujet reste une prérogative des services de sécurité.
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