Le conflit israélo-palestinien, une guerre de plus de 100 ans

Le conflit israélo-palestinien, marqué par une attaque terroriste sans précédent du Hamas en Israël, a pris naissance à la fin du XIXe siècle avec le début de l'immigration en Palestine de Juifs. Ces derniers fuyaient l'antisémitisme en Russie et en Europe centrale.

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ISRAEL PALESTINE 1948

Un détachement de soldats israélien dans le désert du Néguev  le 6 janvier 1949 contres des forces égyptiennes. 

 

 

AP/ARCHIVES
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"Foyer juif"

Le 2 novembre 1917, le ministre britannique des Affaires étrangères Arthur Balfour soutient "l'établissement d'un foyer national juif en Palestine". En 1918, l'armée britannique occupe cette province de l'Empire ottoman, placée sous administration militaire.

En 1922, la Palestine passe officiellement sous mandat de la Grande-Bretagne, qui se heurte à une grande révolte arabe (1936-1939).

Plan de partage

Après la Seconde Guerre mondiale et l'extermination des Juifs par les Nazis, l'ONU vote le 29 novembre 1947 le partage de la Palestine en deux États, un juif et un arabe, avec Jérusalem sous contrôle international.

Accepté par les dirigeants sionistes, ce plan est rejeté par les leaders arabes et provoque une éruption de violence entre Arabes et Juifs.

"Nakba"

Le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame la création de l'Etat d'Israël à la fin du mandat britannique sur la Palestine. Le premier conflit israélo-arabe éclate le lendemain.

Jusqu'au cessez-le-feu en janvier 1949, plus de 760.000 Palestiniens sont poussés à l'exode par l'avancée des forces juives ou chassés de chez eux. Cet exil forcé est baptisé "Nakba" ("catastrophe" en arabe) par les Palestiniens. Près de 400 villages sont rasés.

La Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, revient à la Jordanie, et la bande de Gaza à l’Égypte.

Kippour

Le 5 juin 1967, Israël déclenche la guerre contre l’Égypte, la Syrie et la Jordanie, s'emparant en six jours de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie, de la bande de Gaza, du plateau syrien du Golan et de la péninsule égyptienne du Sinaï.

La défaite des armées arabes se traduit par le déplacement de centaines de milliers de Palestiniens.

La colonisation commence dans les territoires occupés. Elle n'a jamais cessé depuis.

Égypte et Syrie lancent à leur tour le 6 octobre 1973, jour de la fête de Yom Kippour, une attaque surprise contre Israël. Les deux parties subissent de lourdes pertes humaines. L’État hébreu parvient finalement à repousser l'offensive.

Cette "guerre du Kippour" conduit en 1979 à l'accord de paix israélo-égyptien scellé à Washington après les accords de Camp David.

Sabra et Chatila 

Le 6 juin 1982, les troupes israéliennes envahissent le Liban et assiègent Beyrouth. L'Organisation de libération de la Palestine (OLP) de Yasser Arafat doit quitter le pays.

En septembre, des massacres sont perpétrés dans les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila à Beyrouth par des miliciens chrétiens libanais pro-israéliens.

Autorité palestinienne

Le 13 septembre 1993, après des négociations secrètes à Oslo, Israël et OLP se reconnaissent mutuellement et signent à Washington une "Déclaration de principes" sur une autonomie palestinienne transitoire de cinq ans.

Celle-ci débute le 4 mai 1994 avec un accord au Caire prévoyant qu'Israël évacue 70% de la bande de Gaza ainsi que Jéricho (Cisjordanie). En juillet, Arafat retourne dans les Territoires palestiniens, après 27 ans d'exil. Il y établit l'Autorité palestinienne.

Intifadas

Le 28 septembre 2000, une visite controversée du chef de la droite israélienne Ariel Sharon sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est entraîne le début de la seconde Intifada, après celle qui avait embrasé les villes palestiniennes de 1987 à 1993.

L'armée israélienne réoccupe les principales villes autonomes de Cisjordanie puis lance une vaste offensive en mars 2002.

Début 2005, Mahmoud Abbas prend la tête de l'Autorité palestinienne, après le décès d'Arafat.

En septembre, Israël retire son dernier soldat de Gaza dans le cadre d'unÀ désengagement unilatéral.

Guerres à Gaza

En juin 2007, le mouvement islamiste Hamas, vainqueur des élections de 2006, prend le contrôle de Gaza après une lutte fratricide avec le Fatah d'Abbas.

Fin 2008, Israël lance une vaste offensive aérienne puis terrestre pour mettre fin aux tirs de roquettes de Gaza. Deux opérations meurtrières sont menées en 2012 et 2014.

À partir de mars 2018, des rassemblements hebdomadaires ont lieu à Gaza le long de la barrière de sécurité pour réclamer "le droit au retour" des Palestiniens, ainsi que la fin du blocus israélien, en vigueur depuis 2006.

Le 14 mai 2018, l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem, ville dont les Palestiniens aspirent à faire leur capitale, se traduit par un bain de sang dans l'enclave.

 Depuis 2021, nouveaux embrasements 

Le 10 mai 2021, après plusieurs jours de heurts sur l'esplanade des Mosquées, le Hamas lance des milliers de roquettes vers Israël, qui réplique avec des raids meurtriers sur Gaza. Début de 11 jours de guerre Hamas-Etat hébreu, jusqu'à un fragile cessez-le-feu.

En août 2022, Israël mène trois jours d'hostilités contre le Jihad islamique, dont les principaux chefs militaires sont tués.

Nouvelles violences début 2023 après un raid israélien sur Jénine (Cisjordanie). En mai, 35 personnes sont tuées en 5 jours dans des affrontements et, en juillet, Jénine connaît sa plus importante opération militaire depuis plusieurs années.