Le coronavirus chinois se propage

Alors que le nombre de victimes du coronavirus bondit à 106 morts et près de 4 500 cas en Chine, plusieurs pays étrangers ont commencé l'évacuation de leurs ressortissants. Après une réunion spéciale ce lundi, l'OMS a relevé le niveau de menace à "elevé" à l'international.
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virus Cambodge
(AP Photo/Heng Sinith)
Des élèves font la queue pour se désinfecter les mains afin d'éviter le contact du coronavirus avant leur cours dans une école de Phnom Penh, Cambodge, le mardi 28 janvier 2020.
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C'est inédit. Pour la première fois de son histoire, la Chine prolonge, ce lundi, son long congé du Nouvel an chinois dans l’espoir de retarder le pic d’affluence dans les transports et de réduire les risques de contagion du coronavirus.

Le bilan de l'épidémie ne cesse de s'alourdir. Plus d'une centaine de personnes sont mortes en Chine (dont une première à Pékin), après avoir été infectées par ce  coronavirus potentiellement mortel, selon un dernier décompte provisoire des autorités locales, qui multiplient les mesures drastiques pour freiner la contagion tant à l'intérieur qu'en dehors du pays.

Après le confinement de la métropole de Wuhan, épicentre de l'épidémie, puis de quasiment toute la province centrale du Hubei où vivent plus de 56 millions d'habitants, Pékin a annoncé ce week-end la suspension des voyages organisés en Chine et à l'étranger. Ce qui pourrait considérablement affecter le tourisme mondial et partant, l'économie mondiale. 
 

La France, premier pays d'Europe touché

En attendant, le monde se met en ordre de marche pour stopper la propagation de ce virus qui proviendrait d'animaux (serpents ou chauves-souris). A commencer par des mesures de rapatriement de leurs ressortissants.

Le Japon a envoyé un avion ce mardi pour évacuer environ 200 Japonais de Wuhan, l'épicentre de l'épidémie. Paris, Berlin, Séoul et Washington s'apprêtent à le faire. 

Le gouvernement français va organiser un rapatriement par voie aérienne directe  pour les Français de la région de Wuhan, l'épicentre de l’épidémie, et ce, en milieu de semaine.

Auparavant, la France avait annoncé vendredi 24 janvier 2020 l'identification des trois premiers cas européens du coronavirus 2019 nCoV. "Les trois personnes vont très bien, nous sommes tout à fait rassurés sur leur évolution", a déclaré dès ce samedi soir le directeur général de la santé, Jerôme Salomon, lors d’un point de presse

Depuis, les autorités sanitaires françaises déploient une stratégie de crise alors que six nouveaux cas suspects attendaient toujours dimanche soir les résultats de tests. 

Dans le dispositif déployé actuellement en France, les autorités n’ont pas retenu la mise en place de caméras thermiques dans les aéroports afin de dépister d'éventuels cas importés, une mesure adoptée dans différents pays mais jugée peu efficace en France. 

Outre la France, une douzaine d'autres pays, essentiellement asiatiques sont touchés par le virus selon l'OMS, dont les Etats-Unis (5 cas), la Corée du Sud (4 cas), le Japon (2 cas) ou encore l'Australie (un cas). 

Aux Etats-Unis, les autorités sanitaires ont rapporté ce lundi avoir séquencé le génome de deux des premiers cas dans le pays et confirmé que le virus était le même que celui détecté en Chine, signifiant que le virus n'avait pas muté pour l'heure.

Enfin, un premier cas de contamination a été confirmé en Allemagne le 27 janvier, chez un homme de la région de Starnberg, en Bavière (sud).
 

Les autres pays francophones aux aguets

Après la confirmation de plusieurs cas de coronavirus en France, la Belgique se prépare à l’arrivée éventuelle du virus originaire de Chine sur son territoire.

Tous les médecins généralistes et hôpitaux ont été avertis et les aéroports sont sur leurs gardes.

Une réunion de coordination européenne a lieu ce lundi à Pékin pour décider d’éventuelles mesures à prendre. 

Au Canada, un cas présumé du nouveau coronavirus chinois a été détecté pour la première fois dans l’Ontario, à Toronto.

Le patient, un homme d’une cinquantaine d’années, avait séjourné à Wuhan, l'épicentre de l'infection apparue en décembre. Il a été hospitalisé à l’hôpital Sunnybrook de Toronto le 23 janvier 2020 et placé à l’isolement.

Des échantillons seront envoyés à un laboratoire de Winnipeg (centre) pour confirmer s’il s’agit bien du coronavirus chinois, ont précisé les autorités. Ces dernières se sont voulues rassurantes sur les risques de contamination, estimant que le patient n’a pas été en contact avec d’autres personnes que son entourage familial.

Deux cas similaires ont été détectés en Suisse. Deux personnes, tout juste rentrées de Chine, sont suspectées d'avoir contracté le coronavirus. Elles ont été mises en quarantaine à l'hôpital Triemli à Zurich. Il n'y aurait aucun risque pour les patients et employés.

Enfin, l'Afrique est en état d'alerte car la Chine est le premier partenaire commercial du Continent. Pour autant, aucun cas n'a encore été confirmé.  Seule une suspicion de cas a été annoncé en Côte d'Ivoire. 

Le samedi 25 janvier 2020, le Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique ivoirien a été alerté par les autorités aéroportuaires d’Abidjan de la présence d’un malade, une étudiante ivoirienne de retour de Pékin, présentant des symptômes de grippe.

La jeune femme a été placée en isolement mais son état général serait satisfaisant. 

Un diagnostic final sera établi à l’issue des résultats de l’analyse des échantillons prélevés. S'il est confirmé, il s'agira du premier cas de ce virus mortel en Afrique. 

Fermeture de frontière en Mongolie

La Mongolie, qui partage une longue frontière avec la Chine, a décidé de fermer les points de passages routiers avec ce pays afin d'éviter une contamination par le nouveau coronavirus.

Oulan-Bator devient ainsi le premier pays voisin de la Chine à fermer sa frontière avec Pékin, même si les liaisons ferroviaires et aériennes sont toujours ouvertes.

Le vice-Premier ministre mongol Enkhtuvishin Ulziisaikhan a en outre annoncé dimanche que le pays fermait ses écoles et universités jusqu'au 2 mars. 

La Mongolie n'a pour l'heure enregistré aucun cas de contamination par l'épidémie de pneumonie virale.

Mais le Premier ministre mongol a expliqué avoir pris cette décision après l'apparition de cas confirmés en Mongolie-intérieure, une région chinoise frontalière de la Mongolie.

"Les manifestations publiques sont interdites", a ajouté le chef du gouvernement, précisant que les événements sportifs devraient être annulés et les salles de jeux rester fermées.

Les bourses se grippent

Face à ces inquiétudes, les bourses ont vacillé. 
 

La Bourse de New York évoluait en forte baisse dès son ouverture lundi, dans la foulée des autres places de marché mondiales. Vers 17H00 GMT, son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, reculait de 1,23% à 28.632,48 points. 

Auparavant, l'indice Nikkei japonais avait lâché -2,03%.

Et en Europe, l'ensemble des marchés ont décroché : la Bourse de Paris a lâché 2,68% alors que Francfort a perdu 2,74% et celle de Londres 2,29%.

Les Bourses de Chine continentale et de Hong Kong étaient fermées lundi en raison des congés du Nouvel An chinois.