Pour les membres du Commonwealth, "le moment est venu" de discuter de l'héritage de l'esclavage

Les 56 membres du Commonwealth, qui réunit principalement le Royaume-Uni et d'ex-colonies, ont convenu samedi que "le temps est venu" de discuter de l'héritage de "l'odieux" commerce triangulaire, qui ouvre la voie à des réparations de l'esclavage.

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Le Premier ministre samoan Afioga Fiamē Naomi Mataʻafa s'exprime lors de la cérémonie d'ouverture de la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth à Apia, Samoa, le 25 octobre 2024.

AP Photo/Rick Rycroft
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À l'issue d'un sommet houleux qui s'est achevé samedi 26 octobre aux Samoa, les pays du Commonwealth ont pris acte des appels à une "justice réparatrice" pour "l'odieuse" traite transatlantique et ont convenu que "le temps est venu pour la tenue d'une conversation utile, sincère et respectueuse" sur le sujet, selon un communiqué que l'AFP a pu consulter.

Le Commonwealth était composé à l'origine d'ex-colonies britanniques mais s'est ensuite élargi avec des pays comme le Togo et le Gabon - anciennes colonies françaises. Aujourd'hui, de nombreuses nations d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique souhaitent que le Royaume-Uni et d'autres puissances européennes versent une compensation financière pour l'esclavage ou qu'elles fassent au moins amende honorable sur le plan politique.

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Le roi Charles III lors de la cérémonie d'ouverture de la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth à Apia, Samoa, vendredi 25 octobre 2024. 

AP Photo/Rick Rycroft

Le Premier ministre Britannique Keir Starmer a jusqu'ici rejeté publiquement les demandes de réparations et ses collaborateurs ont exclu la possibilité de présenter des excuses lors du sommet. La famille royale britannique, qui a bénéficié de la traite des esclaves pendant des siècles, a été invitée à présenter des excuses. Mais le monarque s'est abstenu de le faire vendredi, demandant aux participants au sommet de "rejeter le langage de la division".

"Aucun d'entre nous ne peut changer le passé. Mais nous pouvons nous engager, de tout notre cœur, à en tirer les leçons et à trouver des moyens créatifs de corriger les inégalités qui perdurent", a déclaré le roi Charles.

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Vendredi, le Premier ministre des Bahamas Philip Davis avait confié à l'AFP qu'il était temps que le Commonwealth demande "justice" pour la période brutale de l'esclavage subie par de nombreux pays du groupe. "Notre histoire est profondément entremêlée, ce qui implique la responsabilité de faire face au passé avec honnêteté", a-t-il notamment indiqué sur le réseau social X.

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"Les demandes de réparations ne se limitent pas à une compensation financière. Il s'agit de reconnaître l'impact durable de siècles d'exploitation, et de veiller à ce que l'héritage de l'esclavage soit traité avec honnêteté et intégrité," a également insisté Philip Davis.

Joshua Setipa, du Lesotho, l'un des trois candidats en lice pour le poste de secrétaire général du Commonwealth, avait indiqué à l'AFP que les réparations pourraient inclure des formes de paiement alternatives, comme le financement de la lutte contre le changement climatique.

(Re)voir Esclavage : certaines ex-puissances coloniales et esclavagistes font acte de contrition

À l'issue du sommet, le Commonwealth a annoncé la nomination de la ministre ghanéenne des Affaires étrangères, Shirley Ayorkor Botchwey, comme secrétaire générale.

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Ancienne législatrice, elle a dirigé la diplomatie ghanéenne ces sept dernières années, pendant le mandat de deux ans de son pays au Conseil de sécurité des Nations unies, achevé en décembre 2023. Elle a soutenu l'élaboration d'un accord de libre-échange entre les Etats membres du Commonwealth et affirmé qu'elle était en faveur des réparations historiques.