Présidentielle 2022 : Mélenchon et l'Outre-mer, la lune de miel

Arrivé troisième au premier tour de l’élection présidentielle française avec un score de 21,95% des suffrages exprimés, Jean-Luc Mélenchon cartonne dans les territoires d’Outre-mer. Son score ultramarin est cependant terni par une abstention plus marquée que dans l’Hexagone.
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Nouvelle-Calédonie présidentielle
En Nouvelle-Calédonie, le premier tour de l'élection présidentielle a été marqué par une forte hausse de l'abstention. Emmanuel Macron a recueilli la majorité des suffrages exprimés sur le Caillou.
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Si la France était composée uniquement de l’électorat guadeloupéen, martiniquais ou guyanais, Jean-Luc Mélenchon aurait été élu président de la République dès le premier tour. Par rapport à 2017, son score en Outre-mer est en très forte augmentation, tandis que celui de Marine Le Pen diminue. Décryptage des résultats du premier tour de l’élection présidentielle en Outre-mer. 

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La percée de Jean-Luc Mélenchon 

En 2017, 20,8% des électeurs d’Outre-mer ont voté pour Jean-Luc Mélenchon. Il était alors deuxième, derrière Marine Le Pen, qui a récolté 21,9% des suffrages ultramarins. Le 10 avril, le leader de la France Insoumise a, cette fois-ci, récolté 40% des suffrages exprimés en Outre-mer. Son score a presque doublé depuis la dernière élection présidentielle. 

Aux Antilles et en Guyane, Jean-Luc Mélenchon récolte même plus de 50% des suffrages exprimés au premier tour. Il a fait un score de 56,2% en Guadeloupe, de 53,6% en Martinique et de 50,6% en Guyane. Dans ces territoires, cette percée peut s’expliquer par ses prises de positions sur l’accès à l’eau, le chlordécone ou encore la vie chère. 

Le candidat de La France Insoumise est aussi arrivé en tête à La Réunion, avec 40,6% des voix. Jean-Luc Mélenchon était déjà arrivé en tête sur l’île lors de la précédente élection présidentielle. Enfin, comme en 2017, il a été le candidat plébiscité par les électeurs de Saint-Pierre et Miquelon, avec 40,9% des suffrages exprimés en sa faveur. 

L’abstention poursuit sa progression 

53% des électeurs d’Outre-mer ne se sont pas rendus aux urnes en 2017. Le taux d’abstention ultramarin progresse de 4 points pour le premier tour de l’élection présidentielle. Il s’élève à 57,1%. 

Cependant, d’un territoire à l’autre, cette évolution ne va pas dans le même sens. Les électeurs se sont plus mobilisés cette année en Guadeloupe qu’en 2017 : l’abstention recule de cinq points dans ce territoire. On retrouve un recul de l’abstention en Guyane et en Martinique, avec une baisse respective de 1 et de 3 points. 

Cependant, hormis à Saint-Pierre et Miquelon où elle stagne, le taux d’abstention augmente en Outre-Mer. À Mayotte, il passe de 56% à 60%, à La Réunion, de 41% à 46% et à Wallis-et-Futuna, de 36% à 43%. Mais c’est en Nouvelle-Calédonie que l’abstention connaît la hausse la plus spectaculaire : entre 2017 et 2022, elle a augmenté de 16 points, passant de 51% à 67%. Le plus fort taux d’abstention a été enregistré en Polynésie, avec près de 69% des électeurs ne s’étant pas déplacés aux urnes, contre 61% en 2017. 

Une autre tendance à Mayotte et dans l’Océan Pacifique

En 2017, Emmanuel Macron était arrivé troisième en Nouvelle-Calédonie, et en Polynésie, mais était favori à Wallis-et-Futuna. Au premier tour de cette élection présidentielle, il est arrivé en tête dans ces trois territoires du Pacifique. Le score de l’actuel président, qualifié pour le second tour progresse légèrement par rapport à 2017 sur l’ensemble des territoires d’Outre-mer. De 20,4%, il passe à 20,6%. 

En revanche, celui de Marine Le Pen diminue légèrement. Favorite des territoires ultramarins en 2017, elle est devancée par Jean-Luc Mélenchon lors de ce scrutin et passe de 21,9% à 21,2% des suffrages exprimés. Elle reste cependant largement en tête dans un territoire : Mayotte, avec 41,4% des suffrages exprimés. Ce score peut s’expliquer par l’immigration illégale massive à laquelle est confrontée le plus jeune département de France, qui pousse les électeurs à voter pour des programmes plus autoritaires en matière de lutte contre l’immigration.