Fil d'Ariane
Le 22e sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) s'est tenu les 15 et 16 septembre à Samarcande, en Ouzbékistan. Les dirigeants de 14 pays ont pris part à la rencontre. Outre ceux des États-membres de l’alliance, deux invités étaient particulièrement attendus : le président turc Recep Tayyip Erdogan, et son homologue azerbaïdjanais, Ilham Aliev. Interrogé par des médias à l'isue du sommet, le président turc a affirmé que la Turquie cible l'adhésion à l'OCS. Une telle perspective serait une première de la part d'un pays membre de l'OTAN.
L’OCS, c’est quoi ?
En terme géographique, l’OCS est la plus grande organisation régionale de la planète. Elle couvre 34 millions de km2 par ses pays membres et la population des pays membres dépasse les 3 milliards d’individus. Visant à contrebalancer l’influence occidentale, l’OCS se retrouve au cœur de plusieurs conflits internationaux. Ainsi, ce sommet était particulièrement scruté. Quels sont les pays membres de l’alliance impliqués dans des conflits ? Cette alliance peut-elle être une alternative à l’Occident ?
Par les deux principaux pays-membres de l’organisation, celle-ci se retrouve au cœur des tensions diplomatiques internationales. D’un côté, il y a la Russie. Depuis le 24 février, elle mène une guerre en Ukraine, vivement critiquée par l’occident. Résultat : elle est frappée par d’importantes sanctions internationales. De l’autre côté, la Chine. Depuis le mois d’août, elle a intensifié son activité militaire autour de Taiwan, car Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des Représentants des États-Unis s’y est rendue. Cette activité militaire accroît les tensions entre Pékin et Washington.
Par ailleurs, le Kirghizstan et le Tadjikistan font face à une escalade des affrontements. Ce 16 septembre, le Kirghizstan accuse le Tadjikistan d’avoir bombardé une ville frontière avec des armes lourdes. Aussi, d’autres affrontements ont eu lieu en début de semaine à la frontière. Ils se déroulent alors que les présidents des deux pays participent depuis le 15 septembre au sommet. Ils sont même apparus ensemble sur une photo de groupe jeudi soir. Ce 16 septembre, le président kirghiz Sadyr Japarov et son homologue tadjik Emomali Rakhmon se sont entretenus en marge ddu sommet. Selon un communiqué de presse de la présidence kirghize, ils "sont convenus de donner pour instruction aux institutions concernées de cesser le feu et de retirer les forces et les équipements de la ligne de contact", selon un communiqué de la présidence kirghize. Cependant, les deux pays s'accusent mutuellement de ne pas respecter le cessez-le-feu.
Enfin, la présence du président de l'Azerbaïdjan à ce sommet le place aussi au centre des tensions entre ce pays et l’Arménie. Historiquement, les relations entre ces deux pays sont compliquées. Le 13 septembre, des affrontements ont éclaté entre les deux pays. Plus de 170 personnes y perdent la vie. Chaque pays accuse l’autre d’être responsable de ces affrontements. Cette escalade, inédite depuis 2020, menace de torpiller un processus de paix fragile entre les deux pays rivaux.
Le 13 septembre, le Kremlin fait l’éloge du sommet de l’OCS. Il y voit une “alternative réelle” à l’Occident, selon le conseiller du Kremlin Iouri Ouchakov. Il souligne qu’il s’agit de la “plus grande organisation du monde, qui comprend la moitié de la planète”. Il assure que les membres veulent un "ordre international juste.” Par ailleurs, lors de la session principale du sommet de l’OCS, le président chinois Xi Jinping a appelé les dirigeants réunis à “travailler ensemble à la promotion d’un ogre international qui aille dans une direction plus juste et rationnelle.”
“Il convient de promouvoir les valeurs communes de l’humanité, d’abandonner les jeux à somme nulle et la politique consistant à créer des blocs”, poursuit Xi Jinping. Même s’il ne cite aucun pays, il dénonce implicitement les États-Unis et leurs proches alliés. De son côté, le président russe Vladimir Poutine se félicite du “rôle croissant des nouveaux centres du pouvoir.” Selon lui, ce nouveau rôle “devient de plus en plus évident.” Depuis le début du sommet, Vladimir Poutine multiplie les rencontres bilatérales. Le 15 septembre, il remercie son homologue chinois pour sa “position équilibrée” sur l’invasion de l’Ukraine. Il lui promet également des “explications” face à ses “inquiétudes.”