Tourisme : baisse de fréquentation à Paris et sur la Côte d’Azur

Le nombre de touristes étrangers en France a chuté de 7% depuis janvier. Les attentats mais aussi les intempéries et les grèves sont responsables de cette baisse selon le gouvernement. Paris et la Côte d'Azur subissent de plein fouet cette désaffection.
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Patrouille militaire devant la pyramide du Louvre à Paris le 18 août 2016.
©AP Photo/Michel Euler
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"Les arrivées (de touristes étrangers) depuis le début de l'année sont finalement en recul de 7% sur l'ensemble du territoire, mais les résultats en région sont globalement stables par rapport à l'an dernier, bien qu'impactées par l'attentat de Nice", a indiqué le ministre des Affaires étrangères et du Tourisme, Jean-Marc Ayrault, lors d'un déplacement mardi  23 août dans le Val de Loire.
 
Pour lui, "les attentats expliquent en partie (ces) tendances décevantes", et "la perception du risque sécuritaire a eu une influence nette sur certaines clientèles, notamment les plus aisées, ou celles originaires d'Asie", sans oublier les difficultés économiques en Russie ou au Brésil. 
 
Si l'Hexagone entier est concerné par cette baisse de fréquentation, l'Ile-de-France et plus particulièrement Paris est durement touchée. Le secteur du tourisme en Ile-de-France a ainsi perdu un milliard d'euros de chiffre d'affaires depuis le mois de janvier, selon un bilan du Comité régional du tourisme (CRT), publié ce mardi 24 août. "Tous les clignotants sont au rouge !", s'est alarmé Frédéric Valletoux, président du CRT lors d'un point presse, demandant à l'Etat la mise en place d'un "plan Orsec".

Effet d'évitement de la capitale

"Les touristes étrangers contournent Paris, qui enregistre une baisse de 11,4% des nuitées, contre 4,4% dans les autres départements franciliens. Il y a un effet d'évitement de la capitale", ajoute François Navarro, directeur général du CRT. Jean-Marc Ayrault  a également pointé des "prix trop élevés" dans la capitale, alors que selon lui, les professionnels de la Côte d'Azur ont ajusté leurs tarifs juste après l'attentat à Nice. Cependant, le CRT francilien assure que les établissements 5 étoiles et plus à Paris ont baissé leurs prix de "25 à 45%". 
 
Dans le détail, le nombre de Japonais visitant l'île de France s'est effondré de 46,2% au premier semestre, de même que les Italiens (-27,7%) et Russes (-35%). Même les Américains et Chinois sont entrés désormais dans un "cycle inquiétant de baisse" avec -5,7% et -19,6% sur le semestre.
 
Par ailleurs, selon la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse, interrogée dans Le Figaro mardi, "au-delà du risque terroriste, la sécurité au quotidien n'est pas suffisante". Elle a ainsi dénoncé "l'agression de touristes chinois cet été, devant leur hôtel à Gonesse" qui "a tourné en boucle sur internet", comme celle de "Coréens, dévalisés alors qu'ils s'étaient perdus" à Saint-Denis.
 
La Côte d'Azur, suite à l'attentat de Nice, a également subi une chute de la fréquentation. Une baisse qualifiée d'"exceptionnelle" par le Comité régional du tourisme. Le CRT Côte d'Azur a en effet fait état mardi d'une baisse de fréquentation de 10% dans l'hébergement et les transports et d'un chiffre d'affaires en baisse de 20 à 25% pour les professionnels. Selon les acteurs régionaux du tourisme, la remontée du volume de nouvelles réservations commence cependant déjà à se faire sentir, grâce à un plan de relance rapide et à des campagnes de communication.

Réunion du comité d'urgence en septembre

Le ministre des Affaires étrangères, qui avait présenté en mars un plan doté d'un million d'euros pour promouvoir la France à l'étranger après les attentats de 2015, a annoncé qu'il allait "mobiliser 500.000 euros additionnels" au profit de ce programme piloté par Atout France, pour couvrir notamment la Côte d'Azur.
 
Jean-Marc Ayrault, qui avait déjà rassemblé la filière début juillet, a en outre indiqué qu'il réunirait "début septembre" un nouveau comité d'urgence économique du tourisme, "consacré aux régions les plus affectées" par cette baisse, avant de proposer d'éventuelles mesures supplémentaires. Il souhaite en effet disposer de "statistiques précises", car la situation est "très contrastée" et certaines régions "s'en sortent très bien", a-t-il souligné.
 
Ainsi, Jean-Marc Ayrault a fait valoir que l'Euro 2016 de football avait entraîné des taux de remplissage record des hôtels dans certaines villes-hôtes, leur chiffre d'affaires ayant grimpé de 70% à Lens, Lille ou Saint-Etienne.

Fréquentation exceptionnelle des festivals

Les festivals de l'été ont connu un franc succès en dépit du contexte de menace terroriste, s'est félicitée, mardi 23 août, la ministre de la Culture Audrey Azoulay. "Il y a eu une fréquentation exceptionnelle des festivals. Les Français étaient au rendez-vous, ils étaient là. Les festivals qui se sont tenus - soit la très grande majorité - ont vu leur public augmenter", a-t-elle souligné sur France Info.
 
Après les attentats, la question de l'annulation de ces événements s'était rapidement posée. "Et très vite notre réponse a été de les maintenir, et de les aider à se maintenir" a insisté Audrey Azoulay. "Nous avons mobilisé les forces de sécurité publique, que je tiens à remercier, et lancé un fonds de soutien" pour aider ces structures à assumer les surcoûts liés à la sécurité. Selon la ministre, "il nous reste des crédits pour cela, et beaucoup de festivals ont fait appel à ce fonds".
 
Concernant le festival de théâtre de rue d'Aurillac, où des échauffourées ont opposé forces de l'ordre et festivaliers mécontents des mesures de sécurité, la ministre relève que "c'est le seul endroit où il y a eu des incidents". "Et ils ont été très vite maîtrisés".
 
De manière générale, le public "était plutôt demandeur, et les familles rassurées" par les dispositifs mis en place, a-t-elle estimé.

Les parc d'attractions français aussi ont fait une belle saison. C'est le cas du parc Astérix dans l'Oise qui enregistre une augmentation de sa fréquentation de 5% pour la période estivale.