Twitter : depuis son rachat, trois semaines dans la tempête Elon Musk

Fuite des annonceurs, licenciements massifs, démissions en cascade, cacophonie autour des nouvelles fonctionnalités : depuis son rachat, il y a trois semaines, le réseau social Twitter fait sa révolution au coeur de la tempête Elon Musk.
Image
Twitter

Au lendemain d’un ultimatum posé par Elon Musk, les départs se multipliaient chez Twitter jeudi 17 novembre. Le nouveau propriétaire du réseau social avait demandé aux employés rescapés de la première vague de licenciements de choisir entre se donner "à fond, inconditionnellement", et partir.

AP Photo/Gregory Bull
Partager3 minutes de lecture
Le 27 octobre 2022, Elon Musk annonce le rachat de Twitter pour 44 milliards de dollars, après une saga de plus de six mois. "L'oiseau est libre", tweete-t-il en référence au logo de la plateforme, un oiseau bleu.
"Twitter est désormais entre de bonnes mains", salue l'ancien président américain Donald Trump, banni de la plateforme après l'assaut du Capitole début 2021. 

Des associations s'inquiètent au contraire qu'Elon Musk n'ouvre les vannes à la désinformation et aux discours de haine.
L'Union européenne prévient le 28 que Twitter devra respecter sa nouvelle réglementation sur le numérique qui contraint les grandes plateformes à modérer leurs contenus.

Elon Musk tente de rassurer en annonçant la formation prochaine d'un "conseil de modération des contenus".

(Re)voir : Elon Musk, nouveau patron de Twitter, un projet et des craintes
TV5 JWPlayer Field
Chargement du lecteur...

Les annonceurs temporisent

Au lendemain du rachat, le constructeur automobile General Motors arrête temporairement de payer pour des publicités sur Twitter, devenant le premier grand annonceur à remettre en cause sa présence sur le réseau social, dont 90% des revenus proviennent de la publicité.

D'autres entreprises suivent, comme les géants américains de l'agro-industrie General Mills (Cheerios et Häagen-Dazs) et Mondelez international (biscuits Oreo), ou encore Volkswagen et Audi.

8 dollars pour certifier son compte

Le 1er novembre, Elon Musk annonce dans un tweet le lancement prochain d'un abonnement à 8 dollars par mois pour les utilisateurs souhaitant faire certifier leur compte comme authentique et être moins exposés à la publicité.

La certification des comptes était jusque-là gratuite et accessible seulement à certains profils, comme les gouvernements, les entreprises, les médias, les personnalités politiques, culturelles ou sportives, etc.

Vague de licenciements

Le 4, Twitter entame une vague de licenciements, qui concerne environ 50% de ses 7500 salariés dans le monde. "Il n'y a malheureusement pas d'autre choix quand l'entreprise perd plus de 4 millions de dollars par jour", justifie Elon Musk. 

Cacophonie autour de Twitter Blue

Le 9, une grande cacophonie entoure le lancement sur les iPhone du nouveau Twitter Blue, l'abonnement payant pour faire authentifier son compte.

Pendant 48 heures, de nombreux comptes se font passer pour ceux de célébrités ou de grandes entreprises, du basketteur LeBron James à Nintendo. Ces usurpations pousseront Twitter à suspendre Twitter Blue dès le 11 novembre.

(Re)voir : Face aux comptes usurpés, Twitter revoit, encore, son système d'authentification​

Avertissement des autorités américaines

Le 10, l'agence américaine de la concurrence (FTC) émet un rare avertissement contre la plateforme: "Nous suivons les récents développements chez Twitter avec beaucoup d'inquiétude. Aucun directeur général ou entreprise n'est au-dessus de la loi."

L'agence rappelle que Twitter risque des amendes conséquentes si elle ne se conforme pas aux règles sur la sécurité et la confidentialité des données. Or de nombreux employés au fait de ces régulations ne sont plus chez Twitter.

Ultimatum et départs en cascade

Le 16, Elon Musk annonce le report au 29 novembre de la relance de Twitter Blue, après son faux départ de la semaine précédente.

Le même jour, le milliardaire lance un ultimatum à ses employés rescapés de la première vague de licenciements. Ils doivent s'engager avant le lendemain à "travailler de longues heures à haute intensité", faute de quoi ils seront licenciés.
Selon plusieurs médias américains, des centaines d'employés choisissent de partir.