Paris 2024 : la présidente du Comité olympique français démissionne à 14 mois des Jeux Olympiques

La présidente du Comité olympique français (CNOSF) Brigitte Henriques, élue en juin 2021, a démissionné de son poste, un coup de théâtre en pleine assemblée générale quatorze mois avant les JO-2024 de Paris, afin de mettre fin à une crise interne qui dure depuis plus d'un an et demi, a annoncé le CNOSF

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Brigitte Henriques

Brigitte Henriques, présidente du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), assiste à une conférence de presse avec le chef des Jeux olympiques de Paris 2024, Tony Estanguet, et la maire de Paris, Anne Hidalgo, avant les Jeux olympiques de Paris 2024 pour présenter les cérémonies d'ouverture, à Paris, le lundi 12 décembre 13 janvier 2021.

(AP Photo/Thibault Camus)
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Les conflits et rivalités internes ont eu raison de l'ancienne vice-présidente de la Fédération française de football (FFF), en guerre ouverte depuis des mois avec son prédécesseur Denis Masseglia. La secrétaire générale de l'instance Astrid Guyart va assurer l’intérim jusqu'à l'élection d'un nouveau président "dans les trois mois à venir", précise le communiqué du Comité olympique français (CNOSF). 

"La situation n'était plus tenable, elle a fait le choix qu'il fallait", a réagi un président de fédération présent au moment de l'annonce de cette démission lors d'une assemblée générale très attendue.

Depuis plus d'un an et demi, le CNOSF est traversé par une crise inédite, entre menaces de plaintes, coups bas et révélations d'échanges de mails dans la presse... 

Ce climat est devenu encore plus lourd ces derniers jours avec l'annonce par Denis Masseglia d'un prochain dépôt de plainte au parquet national financier (PNF) pour abus de confiance visant la mandature de Brigitte Henriques. 

L'éviction en septembre 2022 de l'ancien bras droit d'Henriques, Didier Seminet, a déclenché une crise profonde dont l'institution ne s'est jamais relevée.

La proximité avec les Jeux olympiques de Paris, dans quatorze mois, et cette crise qui n'en finissait pas, ont inquiété de nombreux acteurs du sport français.

(Re)voir Jeux Olympiques à Paris en 2024 : "On veut sortir le sport des stades !"

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"Cette démission, c'est une façon de régler la crise, et c'est assez noble", a réagi un autre président de fédération.

Après le discours en ouverture de la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra, se disant soucieuse de "ramener la sérénité et l'intérêt collectif", selon une source fédérale, la présidente s'est ensuite exprimée devant les membres du CNOSF.

Elle a détaillé le bilan de son action avant d'annoncer se démission qui sera effective le 29 juin, un scénario que peu avaient prédit, tant Brigitte Henriques avait répété ne pas envisager de démissionner malgré les nombreux épisodes de crises ayant émaillé sa mandature.

La secrétaire générale de l'instance Astrid Guyart va assurer l’intérim jusqu'à l'élection d'un nouveau président "dans les trois mois à venir", précise un communiqué du CNOSF. 

Coups bas

Cette démission devrait ouvrir une nouvelle page pour une institution traversée depuis plus d'un an et demi par de nombreuses turbulences, entre plaintes, menaces de plaintes, coups bas et révélations d'échanges de mails dans la presse... 

(Re)voir : JO Paris 2024 : les Franciliens entre joie et doute

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L'éviction en septembre 2022 de l'ancien bras droit d'Henriques, Didier Seminet, avait déclenché cette crise profonde dont l'institution ne s'est jamais vraiment relevée.

Fin 2022, la présidente s'était mise en retrait pendant plusieurs semaines pour se reposer, très touchée par cette situation. Mais à son retour, le climat n'a pas évolué et il s'est même considérablement alourdi ces derniers jours avec l'annonce par Denis Masseglia d'un prochain dépôt de plainte au parquet national financier (PNF) pour abus de confiance visant la mandature de Brigitte Henriques. 

Brigitte Henriques et Didier Séminet avaient porté plainte l'un contre l'autre, entraînant l'ouverture fin mars de deux enquêtes par le parquet de Paris et confiées à la police judiciaire parisienne.

La proximité avec les Jeux olympiques de Paris et cette crise qui n'en finissait pas, inquiètent de nombreux acteurs du sport français.

C'est une décision courageuse qui diminuera sûrement sans doute les conflits en cours, car on était dans une spirale sans fin, il faut espérer que les tensions s'apaisent. 
Philippe Bana, président de la Fédération française de handball.

Le comité olympique français doit se "rassembler" et "rebondir", a réagi la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, dans une déclaration à l'AFP.

"Il n’y a pas de vainqueur aujourd’hui", a-t-elle dit mais il peut y avoir "une victoire, celle du sursaut éthique et démocratique", a-t-elle ajouté, précisant qu'elle conviait au ministère le bureau exécutif de l'instance "mardi soir" afin de "faire le point".

"On n'a jamais connu une telle crise dans cette maison, les présidents de fédération en ont globalement assez de ce très mauvais feuilleton qui dégrade l'image du sport français à près d'un an des JO", avait confié un président de fédération avant l'assemblée générale.

"C'est une décision courageuse qui diminuera sûrement sans doute les conflits en cours, car on était dans une spirale sans fin, il faut espérer que les tensions s'apaisent", a de son côté déclaré Philippe Bana, le président de la Fédération française de handball.

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