Victor Osimhen, ceux qui ont compté pour lui

Victor Osimhen a reçu le trophée du joueur africain de l'année, lundi dernier à Marrakech. Remise par la Confédération africaine de football, cette distinction récompense la plus belle saison de la carrière de l'attaquant nigérian. Un accomplissement qui n'aurait pas été possible sans certaines rencontres déterminantes.
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Emmanuel Amunike

Au moment de recevoir son trophée de joueur africain de l'année, Victor Osimhen a eu ses premiers mots pour Emmanuel Amunike. « Il a cru en moi dès le début et il a été au cœur de notre victoire à la Coupe du monde U17 en 2015 au Chili. Il m'a donné l'opportunité de me mettre en valeur et lorsque les choses n'allaient pas bien, il n’a cessé de me motiver. Il est tout à fait normal que je le reconnaisse sur cette scène. Car quand les choses ont été difficiles pour moi, il m'a beaucoup aidé. Il est présent ici et nous pouvons être témoins de ce qu'il a produit », a déclaré le lauréat, ému.

Sacré joueur africain de l’année 1994, soit quatre ans avant la naissance de Victor Osimhen, Amunike fut le principal artisan de la victoire des Super Eagles à la CAN 1994, avant de jouer un rôle clé dans la médaille d'or olympique du Nigeria à Atlanta en 1996. Devenu entraîneur, l'ex-attaquant a remporté la Coupe du monde U17 2015 avec Victor Osimhen. Auteur de 10 buts, le cadet est reparti avec le Soulier d’or de la compétition.

Felice Mazzù

Au cours de l'été 2018, le moral de Victor Osimhen n'est pas au beau fixe. Sa première saison en Europe, sous les couleurs du VfL Wolfsbourg, a été difficile. Le jeune homme souffre de la malaria et peine à trouver un nouveau club. Zulte-Waregem puis le FC Bruges étaient sur le point de s'attacher ses services, mais les transferts ont capoté au dernier moment. Alors, quand Charleroi lui transmet une offre, Victor Osimhen se méfie... Mais cette fois le deal se conclut, et le joueur africain de l'année va rencontrer le premier des hommes clés de sa carrière : Felice Mazzù. L'entraîneur des Zébres, « un coach très strict » qui va lui apporter beaucoup.

« Il m'a appris à jouer sans ballon, à presser, à bien me positionner dans la surface, racontait Victor Osimhen à France Football en avril dernier. Je suis arrivé le lundi, j'ai joué le week-end suivant et j'avais l'impression d'avoir travaillé six mois avec lui. Il a cru en moi. J'ai aussi bossé quelque chose de très important en Belgique : évoluer seul en pointe. On a commencé la saison à deux, puis j'ai continué seul. J'ai marqué vingt buts et délivré quatre passes décisives. »

Kvicha Kvaratskhelia

Si donc Victor Osimhen sait jouer seul en pointe, ses exploits sous le maillot du Napoli, ses 26 buts qui firent de lui le cc et propulsèrent le club italien vers son premier scudetto en 33 ans, doivent également beaucoup à l'un de ses coéquipiers : le Géorgien Kvicha Kvaratskhelia, nommé comme lui pour le dernier Ballon d'Or.

« Avec 'Kvara', ça a matché quasi instantanément. C'est un immense talent, mais c'est aussi un bon garçon. Tout le monde l'adore. Je ne sais pas comment le décrire, mais, dès que je l'ai vu, j'ai compris ce qu'il pouvait apporter à cette équipe. Et franchement, faire ce qu'il fait, pour sa première saison en Italie, bravo ! », déclarait dans cette même interview à France Football l'enfant du quartier déshérité d'Olusosun à Lagos.

Milan Skriniar

Si Victor Osimhen entretient d'excellents rapports avec Kvicha Kvaratskhelia, le Super Eagle ne passera en revanche certainement pas ses vacances avec Milan Skriniar. Le 21 novembre 2021, un violent choc avec le défenseur slovaque, alors à l'Inter Milan, aurait pu faire basculer sa carrière. « Honnêtement, quand j'ai percuté Skriniar, c'est comme si j'avais reçu un direct dans la tête, se souvient Victor Osimhen. Mais, dix minutes après, je me suis relevé, ils ont checké puis on m'a conduit à l'hôpital. Le chirurgien m'a demandé comment je faisais pour me tenir debout. Moi je lui disais : 'Comment ça ? Il y a quelque chose de grave ? Quand est-ce que je vais rejouer ?' Il a dû me prendre pour un fou. »

Passé par la case billard, le Super Eagle devra se rééduquer (« Pendant deux mois, je ne sentais plus rien », avouera-t-il après coup) et joue désormais avec un masque ; il se montre très reconnaissant envers le chirurgien et son équipe. « Ce sont eux qui ont créé ce masque sur mesure. Ils n'avaient jamais été confrontés à ça, donc ils ont tenté des choses, puis on a fini par trouver la bonne formule. Le côté du masque qui protège ma blessure est super dur. Si quelqu'un s'y cogne, c'est lui qui a mal. Sincèrement, je n'ai plus peur. »

Aurelio De Laurentiis

Le président du Napoli est l'homme qui a entre ses mains l'avenir de Victor Osimhen. Il se murmure aujourd'hui que le fer de lance offensif des Partenopei et plus bel actif du club, sous contrat jusqu'au 30 juin 2025, pourrait prolonger son bail d'une année supplémentaire. L'accord, fignolé en haut lieu, pourrait être officialisé avant le départ de l'ancien Lillois pour la CAN. Une manière de faire monter encore les enchères.

Aujourd'hui conseillé par Robert Calenda, Victor Osimhen sait qu'il faudra une offre XXL pour quitter Naples. Approché par Al-Hilal l'été dernier, le Super Eagle avait vu son président, Aurelio De Laurentiis, rembarrer le club saoudien malgré les 200 millions d'euros, assortis d'un salaire annuel de 40 millions pour le joueur, mis sur la table. « Votre offre ne peut acheter qu'un pied d'Osimhen. Pour l'année prochaine, je pense que vous serez en mesure d'offrir 500 millions et nous examinerons peut-être votre offre, mais je répète peut-être », avait rétorqué le dirigeant. Chelsea et les autres richissimes prétendants d'Osimhen sont donc prévenus.