Terriennes

3919: la ligne d'écoute pour les femmes victimes de violences en veille continue en France

La ligne d'écoute gratuite et anonyme d'aide aux femmes victimes de violences en France est désormais ouverte toute la semaine, nuit et jour. 77 femmes ont péri sous les coups d'un conjoint ou ex-compagnon depuis le début de l'année. 
La ligne d'écoute gratuite et anonyme d'aide aux femmes victimes de violences en France est désormais ouverte toute la semaine, nuit et jour. 77 femmes ont péri sous les coups d'un conjoint ou ex-compagnon depuis le début de l'année. 
©capture d ecran/campagne 3919

Le 3919 en continu, voilà chose faite. En France, la ligne d'écoute pour les femmes victimes de violences est désormais joignable de nuit comme de jour et cela toute la semaine, sans interruption. Une dizaine de nouvelles écoutantes ont été recrutées et formées. Une promesse tenue, comme le réclamaient depuis des mois associations d'aide aux victimes et militantes féministes. 

Anonyme, gratuit et désormais accessible sept jours sur sept, 24h sur 24. Le 3919, le numéro unique attribué à l'aide des femmes victimes de violences mise en place depuis mars 217 en France pourra écouter celles qui en ont besoin, ainsi que des proches en demande d'information et de conseils, tous les jours et sans interruption. 

Comme le précise le communiqué du ministère à l'égalité, il s'agit d'une "promesse tenue" qui vient ainsi "concrétiser l'une des mesures phares du Grenelle" contre les violences conjugales, fin 2019.

Des écoutantes supplémentaires

Ouvert la nuit, le 3919 est désormais plus accessible pour les femmes vivant en Outre-mer, malgré le décalage horaire avec la métropole. Depuis juin, la plateforme est en outre accessible aux personnes sourdes ou ayant des troubles du langage.

L'extension des horaires d'ouverture avait été officialisée le 25 mai lors de la signature de la nouvelle convention pluriannuelle d'objectifs entre l'État et la Fédération nationale Solidarité Femmes (FNSF), qui gère la plate-forme d'écoute depuis sa création en 1992. Pour assurer les nouveaux horaires, une dizaine d'écoutantes supplémentaires ont été "embauchées et formées à l'écoute des victimes de violences conjugales", avait précisé la FNSF. 

La première écoute est essentielle et chaque instant doit être saisi pour leur permettre d'entamer le parcours vers la sortie de la violence.
Fédération nationale Solidarité Femmes

"Les femmes pourront appeler au moment où elles le choisissent: la première écoute est essentielle et chaque instant doit être saisi pour leur permettre d'entamer le parcours vers la sortie de la violence", avait souligné l'association, qui a reçu en 2020 près de 165.000 appels, soit 70% de plus qu'en 2019. On estime que près de 210.000 femmes subissent chaque année des violences conjugales. 

Chaque jour, des violences familiales et conjugales sont signalées sur les réseaux sociaux. Outre le 3919, une plate-forme d'écoute et d'information a été mise en place par le gouvernement. 

Du signalement des violences... au féminicide

Le meurtre de Chahinez Daoud à Mérignac, près de Bordeaux, le mardi 4 mai 2021, avait marqué les esprits par l’atrocité du meurtre. La commission d'enquête mise en place par le gouvernement après cet assassinat avait officiellement pointé une suite de défaillances entre services judiciaires et police. Face à ces conclusions, le gouvernement français a annoncé six nouvelles mesures. 3 000 téléphones "grave danger" seront mis à disposition des juridictions d'ici début 2022 contre 1 324 aujourd'hui, et un fichier des auteurs de violences conjugales sera mis en place. Une instance de suivi judiciaire des situations individuelles sera également créée dans les tribunaux et réunira magistrats, forces de sécurité intérieure, service pénitentiaire d'insertion et de probation et associations dédiées. Le gouvernement annonce en outre le "renforcement du contrôle et de la détention" d'armes et un comité de suivi des mesures.
 
Quelques mois plus tard, au coeur de l'été, le 70ème féminicide comptabilisé depuis le début de l'année créait à nouveau une vague d'émotion. Le 1er août 2021, une femme de 48 ans, résidant dans l'Aveyron, a été tuée à l'arme blanche par son compagnon sur un chemin communal. Son compagnon a tenté de se suicider avec l'arme du crime.

Le même jour, dans un entretien au quotidien Le Parisien, le ministre de l'Intérieur français Gérald Darmanin a dévoilé le bilan des violences au sein du couple pour 2020 : 102 femmes - et 23 hommes - ont perdu la vie sous les coups de leur conjoint ou ex. C'est le chiffre le plus bas depuis quinze ans avec, pourtant, deux confinements pendant l'année. Baisse des homicides de 28%, mais aussi des tentatives d'homicides (238 au lieu de 268) par rapport à 2019, année noire, où 146 féminicides avaient été recensés. Près d'une femme sur cinq, parmi les 102 qui ont perdu la vie en 2020 en France sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint, avait porté plainte contre lui pour des violences.

A ce jour, le décompte établi par le collectif anonyme Féminicides par compagnon ou ex sur Facebook fait état de 77 femmes tuées depuis début 2021. Les mouvements associatifs d'aide aux femmes victimes de violence et le mouvement de militantes féministes NousToutes appellent à manifester le 20 novembre prochain en France.