Terriennes

Au festival du film d'animation d'Annecy, les femmes à l'honneur

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©N. GEORGE / J. MUNTZER - Images : CITIA/Megapixailes.com

Moins nombreuses, moins payées et avec moins d'accès aux métiers de premier plan : comme dans le reste du cinéma, la parité est loin d'être acquise pour les femmes dans le secteur de l'animation. Même si le vent du changement souffle, comme le montre la charte pour la diversité signée lors de ce Festival d'Annecy. Reportage.

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C’est l’une des images fortes de cette édition 2018 du festival d'animation d'Annecy : la signature d’une charte en faveur de la parité hommes-femmes, dans les festivals de cinéma. Un engagement similaire avait déjà été approuvé au dernier festival de Cannes.

Les femmes étaient à l'honneur lors de cette 42ème édition du festival d'Annecy, avec l'organisation des deuxièmes "Rencontres internationales des femmes dans l'animation", initiées par les associations "Women in Animation" et "Les Femmes s'animent".

50% d'étudiantes en animation

Le monde du cinéma d’animation reste très masculin. Si 50% des étudiantes sont des femmes… elles ne représentent que 30% des emplois du secteur en France.
 

A partir du moment où des jeunes femmes ne se voient pas en miroir dans les réalisatrices, les productrices, elles doivent se dire qu'il n'y a pas de place pour elles. C'est important d'avoir des représentations et de voir que quelque chose les attend au bout. Ça va dans le bon sens. 

Pénélope Bagieu, dessinatrice, réalisatrice et membre du jury 2018

Ces dix dernières années, certains postes se sont féminisés comme dans l’infographie, la décoration ou la production… Mais il reste encore de vrais déficits.
 


On manque de réalisatrice, c'est clair. Et c'est très important parce que c'est elle qui porte un projet. Il manque de storyboardeuses, des musiciennes. C'est un milieu très masculin les compositeurs de série. 

Patricia de Wilde de l'association "Les femmes s'animent.

Coopérer pour être mieux représentées

En 2018, les réalisatrices ne représentaient que 20 % des longs métrages sélectionnés en festival. On est donc loin, très loin de la parité. Mais la nouvelle génération, elle, semble avoir trouvé une autre alternative.
 

C'est une coopération entre femme et homme qui mène parfois à un film masculin et féminin. C'est ça l'avenir. Ce n'est pas si noir et blanc. Une coopération, c'est la meilleure chose.

Emma de Swaef – Réalisatrice, primée lors de ce Festival 2018

Et si travailler avec une réalisatrice était aussi gage de succès ? Ces cinq dernières années, 80% des courts métrages d’animation primés aux Césars ont été réalisés par des femmes.