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Coronavirus : en Iran, l'humanitaire Nazanin Zaghari-Ratcliffe est libérée temporairement

Richard Ratcliffe, le mari de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, à Londres, en 2019. L'humanitaire détenue en Iran depuis 4 ans bénéficie d'une permission de sortie de 15 jours depuis le 17 mars 2020. 
Richard Ratcliffe, le mari de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, à Londres, en 2019. L'humanitaire détenue en Iran depuis 4 ans bénéficie d'une permission de sortie de 15 jours depuis le 17 mars 2020. 
©Dominic Lipinski/PA via AP
Richard Ratcliffe, le mari de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, à Londres, en 2019. L'humanitaire détenue en Iran depuis 4 ans bénéficie d'une permission de sortie de 15 jours depuis le 17 mars 2020. 

L'épidémie de coronavirus qui sévit en Iran depuis plusieurs semaines a fait près de 1000 morts. Seule raison de se réjouir, la libération de milliers de détenus arbitraires, pour la plupart politiques. L’humanitaire Nazanin Zaghari-Ratcliffe a pu bénéficier de cette libération, qui reste néammoins temporaire. 

Après quatre ans passés privée des siens, dans une cellule de la prison d'Evin à Téhéran, voici enfin un sursis pour Nazanin Zaghari-Ratcliffe. L'humanitaire irano-Britannique  a obtenu une permission de sortie temporaire. En 2016, elle a été condamnée à 5 ans de détention pour appels à la sédition, accusations qu'elle nie.

"Nazanin a été libérée cet après-midi temporairement pour deux semaines jusqu'au 4 avril", a indiqué Richard Ratcliffe, son mari, dans un communiqué. Elle devra toutefois porter un bracelet électronique limitant ses déplacements dans un rayon de 300 mètres autour du logement de ses parents.

Sur l'antenne de nos confrères de RFI, il fait part de son soulagement :"Bien sûr, je suis très heureux que Nazanin ait été temporairement libérée. Elle avait un grand sourire sur le visage, lorsqu’on a communiqué avec elle. Elle était heureuse de voir Gabriella, notre fille, qui lui a montré la maison, ses jouets, son lit, sa vie à Londres… Pendant un instant, nous avons été presque une famille normale". 
 

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, s'est dit lui aussi "soulagé" tout en exhortant le régime iranien à "garantir qu'elle reçoive tout traitement médical nécessaire". Il a également appelé Téhéran à "libérer tous les binationaux britanniques détenus arbitrairement en Iran".
 

Contaminée par le virus

Fin février, la famille de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, 41 ans, avait dit craindre qu'elle ait été contaminée par le nouveau coronavirus, qui frappe particulièrement l'Iran, tandis que les autorités judiciaires iraniennes avaient affirmé qu'elle était "en parfaite santé". "Elle nous a dits qu’elle en avait eu les symptômes, il y a environ trois semaines. Et elle va mieux depuis 3 ou 4 jours, les symptômes ont pratiquement disparu alors qu’elle était encore en prison", a précisé son époux sur RFI.  

Même si sa détention avait été jusqu'ici peu médiatisée, elle exacerbe les tensions entre Londres et Téhéran. Nazanin Zaghari-Ratcliffe était employée de la Fondation Thomson Reuters , la branche humanitaire de l'agence de presse canado-britannique du même nom et avait été arrêtée le 3 avril 2016 à l’aéroport de Téhéran alors qu’elle revenait de vacances avec sa fille d'un an et demi. La petite Gabriella aujourd'hui âgée de presque 6 ans a été placée chez ses grands-parents maternels.

157 femmes se trouvent derrière les barreaux en Iran pour des crimes non prémédités, dont 133 pour des délits financiers.