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Coronavirus : quelle place pour les femmes dans les médias en temps de crise ?

A gauche, la Une du quotidien français <em>Le Parisien</em> datant du 5 avril 2020 qui a fait polémique, à droite proposition d'une Une paritaire diffusée comme réponse sur les réseaux sociaux. Au lendemain de la publication, la direction du journal a fait part de ses excuses.
A gauche, la Une du quotidien français Le Parisien datant du 5 avril 2020 qui a fait polémique, à droite proposition d'une Une paritaire diffusée comme réponse sur les réseaux sociaux. Au lendemain de la publication, la direction du journal a fait part de ses excuses.
capture Twitter

Quelle place pour les femmes dans les médias en temps de crise ? C'est l'enquête que va mener Céline Calvez. La députée française vient d'être officiellement chargée de dresser un état des lieux sur ce sujet par le secrétariat à l'Egalité entre les femmes et les hommes. Une mission qui intervient après la polémique provoquée par la Une 100% masculine d'un quotidien français.

Quatre hommes, quatre experts à la Une d'un quotidien national à gros tirages. Une vision 100% patriarcale du monde d'aujourd'hui, mais pas seulement, de celui de demain aussi, ce fameux "monde d'après" coronavirus. Cette Une publiée par Le Parisien ce dimanche 5 avril n'est pas passée inaperçue, voire a choqué nombre d'entre-nous. C'est peut-être le seul point "positif" que l'on peut tirer de cette polémique : aujourd'hui, en ère post-Metoo, cela ne passe plus. 
 

Alors oui, on doit bel et bien se poser la question : quelle place les femmes peuvent-elles ou doivent-elles avoir dans les médias (et ailleurs ?) en période de crise, alors même que le monde traverse une crise sanitaire sans précédent.

Logique, c'est donc à une femme, une élue, qu'est revenue cette difficile mission, en la personne de Céline Calvez. Une décision annoncée par Marlène Schiappa, peu après le tollé suscité par la Une du quotidien affichant les visages de quatre experts pour évoquer un"monde d'après" exclusivement envisagé du côté masculin.

"En tout cas, ce sera indispensable de nous faire la place que les #femmes méritent.
Au moins la moitié.", avait elle-même réagit la députée sur son compte Twitter.

Cédrine Calvez, députée LREM (majorité présidentielle) des Hauts-de-Seine, aura pour mission "d'analyser la place des femmes expertes dans les médias au sens large en cette période de confinement et de crise, la place des femmes journalistes, et de formuler des propositions pour s'assurer de leur représentativité", écrit dans un communiqué la secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes.

En période de crise liée au Covid-19, "les experts doivent aussi être des expertes, et les femmes ne peuvent être exclues de la réflexion publique ou des représentations publiques", estime Marlène Schiappa dans sa lettre de mission à la parlementaire.
 

Les excuses du Parisien

Le quotidien Le Parisien a présenté dès dimanche des excuses. "Vous avez été nombreux ce matin à critiquer et relayer la Une de notre journal où "le monde d'après" était exclusivement dessiné par des hommes. Vous avez raison. Il s'agit là d'une maladresse qui n'illustre en rien la ligne éditoriale du Parisien. Cette erreur est pour nous un rappel à l'ordre et à la vigilance. Elle restera comme une des pierres du "monde d'après" que nous voulons continuer de construire avec vous", a posté le directeur de la rédaction du journal, Stéphane Albouy.
 

Sur les réseaux sociaux, cette première page a valu au quotidien de très nombreuses accusations de sexisme. 
 

Parmi les multiples réactions, celle du collectif des femmes journalistes du Parisien qui qualifie ce faux pas de "vraie claque" et "regrettable retour en arrière" pour tous ceux qui se battent pour la parité et une meilleure visibilité des femmes expertes dans les médias.


Le Collectif Prenons la Une, (collectif rassemblant des femmes journalistes) salue quant à lui l'initiative lancée par le secrétariat à l'Egalité entre les femmes et les hommes, tout en rappellant l'existence d'un site répertoriant les femmes expertes. "Demander aux journaux et émissions de débats de compter le nombre de femmes dans leurs contenus. Les obliger à inviter au moins 40% de femmes expertes. Chercher dans le guide des http://expertes.fr s’ils manquent de contacts..", et sinon"nous sommes là si besoin" a posté sur Twitter le collectif.