Terriennes

Décès de Mariama Keïta, celle qui fut la première femme journaliste du Niger

Mariama Keïta, pionnière du journalisme et des droits des femmes au Niger
Mariama Keïta, pionnière du journalisme et des droits des femmes au Niger
(c) Capture d'écran Africa24

Le communiqué diffusé à la télévision du ministère nigérien de la Communication l'a annoncé sobrement : Mariama Keïta, qui fut la première femme journaliste du Niger est décédée lundi 29 octobre 2018, alors qu'elle se trouvait en Turquie.

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Mariama Keïta,  première femme journaliste du Niger, est décédée lundi 29 octobre 2018 à l'âge de 72 ans en Turquie. Sa famille l’a annoncé dans les médias nigériens.

Une voix, une présence, une référence

Directrice de la Voix du Sahel, la radio d'Etat où elle avait débuté comme rédactrice et présentatrice du journal, elle occupe de 2003 à 2006 le poste de présidente du Conseil supérieur de la Communication (CSC), organe chargé de la régulation des médias au Niger.

Nous avons une douleur personnelle mais aussi professionnelle. Elle laisse un trou dans la presse nigérienne.
 Seidik abba journaliste nigérien  chroniqueur au Monde Afrique 

« C’est une énorme perte pour l’ensemble de la presse nigérienne. Mariama Keïta a toujours été un modèle de référence pour nous qui sommes arrivé.es dans la presse au Niger beaucoup plus tard qu’elle. Elle a été notre conseillère, nous avions un lien affectif très fort avec elle. On gardera toujours en tête son modèle de rigueur et d’indépendance. » nous confie Seidik Abba journaliste nigérien chroniqueur au Monde Afrique. 

Une pionnière des droits des femmes au Niger 

Cette militante pour les droits des femmes nigériennes en plus de ses nombreuses activités était aussi en charge de la coordination des organisations non gouvernementales et associations féminines nigériennes, un collectif d'une cinquantaine de structures, puis de l’Association pour la démocratie, la liberté et le développement, l'une des toutes premières ONG du pays. De cet autre engagement, un internaute écrit : "Elle a été incontestablement l'une des voix les plus importantes pour les femmes, leurs #droits et leur #leadership au #Niger.

Elle a apporté la preuve qu’une femme peut être journaliste et réussir dans le journalisme au Niger. 
 Seidik abba journaliste nigérien  chroniqueur au Monde Afrique

« Elle a été la première femme nigérienne à un moment où, au Niger le métier de journaliste était exclusivement réservé aux hommes. Elle a servi de modèle à beaucoup de femmes nigériennes. Ça a créé une certaine volonté chez les Nigériennes  de braver les interdits » ajoute-t-il. 

c() Africa24

Depuis l'annonce de sa mort, les hommages se succèdent, de représentants de l'Etat comme de ses pairs. 

Mariama Keïta a certes tiré sa révérence mais la relève semble assurée puisque d'autres Nigériennes comme Mariama Moussa portent le flambeau  en se battant contre les violences conjuguales. Etudiante en sciences sociales à Niamey, capitale du Niger, Mariama Moussa s'était mariée par amour. L'union s'est vite transformée en cauchemar, jusqu'aux violences et à la répudiation. La jeune assistante sociale refusa cette destinée et décida alors de défendre les Nigériennes victimes, comme elle, de sévices conjugaux, un sujet interdit de citer dans cet immense pays de l'Afrique occidentale. 

Pour en savoir d'avantage sur Mariama Moussa > Quand Mariama Moussa osa transgresser le tabou des violences conjugales