Terriennes

Elections de Midterms aux Etats-Unis : les femmes font la différence

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De gauche à droite et de haut en bas, Rashida Tlaib, Alexandria Ocasio-Cortez, Sharice Davids, Debra Haaland, Ayanna Pressley, cinq de ces nouveaux visages de femmes avec lesquelles il faudra compter. Récit TV5MONDE K.G. Barzegar, F. Rassinoux - Durée : 1’46

Jamais, elles n'avaient été aussi nombreuses à se présenter. Les Américaines, issues d'univers sociaux et d'horizons les plus divers, ont confirmé l'essai : jamais elles n'ont été aussi nombreuses à être élues. 

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Femmes, jeunes, représentants des minorités mais aussi le frère du vice-président... Les élections législatives du mardi 6 novembre aux Etats-Unis permettent de renouveler largement le Congrès américain. Et cela d'abord grâce aux Américaines... Pourtant, on ne leur avait fait aucun cadeau, elles avaient même, surtout si elles étaient juives ou noires, subi le pire du harcèlement en ligne.
Mais personne ne pouvait empêcher une telles vague arc-en-ciel. 
Voici quelques uns de ces nouveaux visages emblématiques :

Alexandria Ocasio-Cortez, l'étoile de la gauche

Arrivée comme un coup de tonnerre sur la scène politique nationale, cette Hispanique de 29 ans a été élue à la Chambre des représentants, devenant ainsi la plus jeune membre du Congrès. Avec un programme résolument à gauche, l'ancienne serveuse et éducatrice, qui a travaillé pour la campagne de Bernie Sanders en 2016, a remporté sa circonscription populaire new-yorkaise, à cheval entre les quartiers du Bronx, où elle est née dans une famille modeste, et du Queens.

Celle qui revendique l'étiquette socialiste est devenue en quelques mois la figure de proue d'une nouvelle vague de femmes et de membres des minorités qui bousculent l'establishment démocrate.
 
Retrouvez notre portrait complet de Alxandria Ocasio-Cortez dans Terriennes :
Alexandria Ocasio-Cortez, le nouveau phénomène politique des États-Unis
Et notre recension de la haine déversée dans les réseaux sociaux contre ces femmes : 
Elections de mi-mandat aux Etats-Unis : sur les réseaux sociaux, les candidates cibles des harceleurs

Ayanna Pressley, surprise de Boston

Cette élue démocrate de Boston, 44 ans, va être la première femme noire à représenter le Massachusetts au Congrès. Elle savait qu'elle serait élue, dès la mi septembre 2018, parce que plus aucun adversaire ne lui disputait  sa circonscription pour la Chambre des représentants, considérée comme parmi les plus à gauche des Etats-Unis.

Sa vraie victoire était intervenue lors des primaires, contre un vieux routier démocrate, Michael Capuano. Ayanna Pressley incarne un courant à la gauche du Parti démocrate mais aussi une montée en puissance des femmes dans ces élections.

Originaire de Chicago, cette militante a mené une campagne de terrain, n'hésitant pas à évoquer ses expériences d'agressions sexuelles et à invoquer sa proximité avec les classes populaires pour assurer qu'elle serait "une dirigeante différente".

Ilhan Omar et Rashida Tlaib, premières musulmanes

Ces deux candidates démocrates sont devenues les deux premières femmes de confession musulmane à être élues au Congrès américain. Et leur victoire enflamme les réseaux sociaux. 

("Une élection de mi-mandat historique aux États-Unis
- Les démocrates prennent le contrôle de la Chambre des représentants
- Le Congrès verra ses premières femmes musulmanes et amérindiennes
- Le premier gouverneur ouvertement gay a été élu
- Un nombre historique de femmes élues à la Chambre des représentants
- Avec cette majorité, les démocrates auront le pouvoir d'enquêter sur Trump
")

Elle ont remporté chacune un siège à la Chambre des représentants, respectivement au Minnesota et dans le Michigan. "On a réussi, ensemble. Merci!", a tweeté Ilhan Omar, une réfugiée somalienne, avant d'écrire à l'attention de Rashida Tlaib, née à Détroit de parents immigrés palestiniens : "J'ai hâte de siéger avec toi, inchallah".

Qui à son tour se précipite pour saluer Ayanna Pressley : "Je ne paux pas attendre de travailler avec vous !"

Ilhan Omar, 36 ans, a fui enfant la guerre civile en Somalie pour les Etats-Unis, où elle s'est installée à l'adolescence à Minneapolis avant de devenir, déjà, élue locale de l'Assemblée de son Etat.

Rashida Tlaib, Américano-Palestinienne de 42 ans, était assurée de gagner dans son fief démocrate du Michigan, où elle était seule en lice.

A retrouver dans Terriennes, les portraits de Rashida Tlaib, Sharice Davids et Debra Haaland "Ne plus rester hors du ring" :
États-Unis : un nombre record de femmes candidates aux élections de mi-mandat du Congrès

Sharice Davids et Deb Haaland, premières Amérindiennes à siéger

Ces deux démocrates élues à la Chambre, respectivement au Kansas et au Nouveau-Mexique, sont devenues les premières femmes amérindiennes à siéger au Congrès.

Avocate, férue d'arts martiaux et ouvertement homosexuelle, Sharice Davids, 38 ans, l'a emporté sur des terres conservatrices face au républicain Kevin Yoder. Elevée par une mère célibataire ancienne membre de l'armée, elle est diplômée d'un institut de formation publique et a passé un an à Washington au sein de l'administration Obama.

Deb Haaland, 57 ans, est quant à elle une mère célibataire issue de la tribu Laguna Pueblo, qui a vaincu l'alcoolisme et subsisté grâce à des bons d'alimentation.

"Je suis une femme, je suis une femme de couleur", disait la candidate durant la campagne en désignant son visage brun et ses longs cheveux noirs et lisses. "C'est ce genre de personnes qu'il faut au pouvoir actuellement pour faire avancer les questions qui comptent", répétait-elle lors de ses meetings.

Au soir du 6 novembre 2018, elle a juste tweeté : "Nous avons fait l'histoire"

Plus d'une dizaine d'hommes amérindiens avaient déjà été élus, mais jusque-là aucune femme issue des communautés autochtones. Cette année, les élections législatives avaient d'ailleurs enregistré un record de candidats amérindiens. 
Cette entrée de femmes jeunes et diverses est parfaitement et superbement bien résumée par la Une du New Yorker...