Irlande : pas de famille sans mariage

Les Irlandais ont largement rejeté lors d'un référendum une modification des références aux femmes et à la famille dans la Constitution de leur pays. Une consultation peu suivie, avec moins de 50% de participation.

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Le Non l'emporte en Irlande

Le camp du "non" a largement battu celui du "oui", en Irlande. Les électeurs ont rejeté le projet de réforme constitutionnelle élargissant le modèle de la famille. 

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Coup dur symbolique pour les femmes, et à rebours d'une classe politique dont les principaux partis avaient défendu le "oui", les électeurs irlandais ont désapprouvé l'élargissement du concept de famille au-delà de la notion de mariage, et l'effacement du texte du rôle prioritaire des mères à assurer les "devoirs domestiques" dans un foyer.

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Le premier amendement proposé - sur la définition de la famille - a vu le "non" l'emporter avec 67,69% des voix, selon les résultats officiels. Le second a lui été rejeté par 73,9 % des électeurs. 

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Concubinage, relation durable : rien ne vaut sauf le mariage

La première question proposait d'élargir la définition de la famille pour inclure également les "relations durables" comme les couples en concubinage et leurs enfants. La deuxième proposait d'imputer à tous les membres d'une famille la responsabilité de prendre soin les uns des autres.

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Les partisans du "non" estimaient que le concept de "relation durable" prêtait à confusion, et que les femmes et les mères étaient "rayées" de la Constitution. Des militants pour les droits des personnes handicapées accusaient aussi le texte de déresponsabiliser l'Etat en matière de prise en charge et de soin de ces personnes.

Nous avons eu du mal à convaincre les gens de la nécessité ou du besoin d'un référendum, sans parler des détails de la formulation. Leo Varadkar, Premier ministre irlandais

"Nous avons eu du mal à convaincre les gens de la nécessité ou du besoin d'un référendum, sans parler des détails de la formulation", a concédé le Premier ministre Leo Varadkar, évoquant un "rejet général" avec "un taux de participation respectable". Ce référendum a suscité peu d'enthousiasme, avec une participation qui n'a pas dépassé les 50% dans la plupart des 39 circonscriptions.

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"Prise de conscience"

L'Irlande, pays de l'Union Européenne aux 5,3 millions d'habitants, a légalisé le mariage pour les couples de même sexe en 2015, et l'avortement en 2018. Mais sa Constitution remonte à 1937, héritière de la longue et forte influence de l'Eglise catholique sur la vie publique et privée.

Le gouvernement comptait sur ce double référendum, organisé le 8 mars, journée internationale des droits des femmes et au moment où la France entérinait l'inscription du droit à l'avortement dans sa propre Constitution, pour effacer un peu plus l'empreinte laissée par l'Eglise dans les institutions du pays.

C'est un jour triste pour ceux qui militent depuis des décennies pour se débarrasser de ces mots sexistes. Marie Sherlock, sénatrice travailliste

"Le peuple a parlé. Il a fait entendre sa voix et doit être entendu. Les propositions du gouvernement ont échoué", a reconnu, non sans regrets, Mary Lou McDonald. Partisane du "oui", la cheffe du Sinn Fein a accusé l'exécutif de n'avoir pas suffisamment consulté en amont sur la réforme proposée.

"C'est un jour triste pour ceux qui militent depuis des décennies pour se débarrasser de ces mots sexistes", dans la Constitution, a ainsi réagi la sénatrice travailliste Marie Sherlock sur la radio RTE.

La directrice du National Women's Council, Orla O'Connor a jugé que ce vote devait servir de "prise de conscience" pour les droits des femmes en Irlande. 

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Un pas en arrière

"C'est une victoire significative du peuple contre l'establishment politique", s'est de son côté félicité auprès de l'AFP Peadar Toibin, chef du parti conservateur Aontu, qui avait soutenu le "non".

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Avant le vote, Leo Varadkar avait estimé qu'une victoire du "non" ferait faire "un pas en arrière" au pays en maintenant "le langage très démodé sur les femmes au sein du foyer".

Jusqu'à quelques jours du scrutin, les sondages prédisaient une victoire assez facile du "oui", mais les derniers sondages avaient révélé une incertitude croissante.

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