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Jacinda Ardern : une Première ministre exemplaire ?

<p>La Première ministre Jacinda Ardern lors d'une conférence de presse à Wellington le 28 janvier 2020.</p>

La Première ministre Jacinda Ardern lors d'une conférence de presse à Wellington le 28 janvier 2020.

©AP Photo/Nick Perry

Crise sanitaire mondiale, tremblement de terre en direct, éruption volcanique meurtrière ou attentat suprémaciste... Elle semble ne jamais perdre son sang-froid, analyser les situations et agir avec justesse. C'est cette maîtrise d'elle-même et des crises qui font de Jacinda Ardern, l'un.e des plus jeunes chef.fes de gouvernement au monde, désormais aussi l'un.e des plus populaires à l’international, même si elle rencontre aussi quelques difficultés dans son pays.

Dans une vidéo largement relayée par les médias du monde entier, la Première ministre néo-zélandaise, en direct lors d’une interview, reste imperturbable alors qu’un séisme de magnitude 5,8 secoue la région et le plateau télévisé, installé au Parlement. "C'est un tremblement de terre que nous avons là", a-t-elle réagi ce 25 mai alors qu’elle s’exprimait en direct sur la levée des restrictions liées au Covid-19. Imperturbable, la par Jacinda Ardern se montre peu inquiète, jette un coup d'oeil à la ronde avant de poursuivre, souriante et pleine d’assurance.

La secousse s’est produite peu avant 8 heures du matin locales à une profondeur de 52 kilomètres au large de la ville de Levin, qui se situe à environ 90 kilomètres au nord de Wellington, la capitale, où se trouvait la Première ministre lors de son allocution.

Un sang-froid à toute épreuve

Ainsi des milliers de Néo-Zélandais ont-ils pu assister en direct à un nouvel épisode "héroïque" dispensé par la première femme du pays. Un stoïcisme dont seule elle semble avoir le secret, et qui est devenu viral sur les réseaux sociaux où de nombreux internautes ont salué la parfaite maîtrise émotionnelle de leur dirigeante. "Oui, je l’aimer encore plus, déclare une jeune femme sur Twitter. Comment faire face aux tueries de masse, aux éruptions, aux pandémies et aux tremblements de terre en direct ? Je vous présente notre Première ministre, Jacinda Ardern ; cette femme est imperturbable."

Maîtrise + autodiscipline + décision = efficacité

Entre attentat de Christchurch, catastrophes naturelles et coronavirus, il faut dire que la population néo-zélandaise est habituée à la gestion de crises hors pair de la femme politique. Il devient même difficile pour la presse, unanimement dithyrambique à son égard, de prendre du recul. "Son sang-froid sous la pression, son autodiscipline et le caractère décisif de la réponse de son gouvernement à la pandémie de Covid-19 ont conduit certains à appeler Ardern le leader national le plus efficace du monde", lit-on liresur le site du média australien The Conversationreprenant les mots du mensuel américain The Atlantic.

Elle possède tout ce qui fait défaut à nos dirigeants : l’humanité, l’empathie, la transparence et la compassion.
Des Britanniques cités par The Guardian

Dans une opération spéciale consacrée à la "nouvelle normalité", "le quotidien britannique The Guardian a demandé aux Britanniques en quelles figures publiques ils avaient eu le plus confiance pendant la crise du Covid-19", relaie le Courrier international. Sans surprise, le nom de Jacinda Ardern est revenu à plusieurs reprises. Elle a été l’un des premiers dirigeants à annoncer des mesures de restriction et à indiquer le niveau d’alerte maximal alors que le pays ne comptait que très peu de cas. "J’aurais aimé qu’elle soit notre Première ministre, écrit l’un des participants […]. Elle possède tout ce qui fait défaut à nos dirigeants : l’humanité, l’empathie, la transparence et la compassion."

La plupart s’accordent à le dire, c’est l’authenticité dont elle sait faire preuve qui confère à Jacinda Ardern l’honorable étiquette de "Premier ministre néo-zélandais le plus populaire en un siècle", selon The Guardian.

Adulée à l'extérieur, malmenée à l'intérieur

Pourtant, la cheffe d'Etat a souffert début mars 2020 d’un léger affaiblissement politique après l’abandon de plusieurs réformes, à six mois d’élections très incertaines. La dirigeante de 39 ans était à la peine face au Parti national (centre droit), en tête dans les sondages (46%).

"C’est tout le paradoxe d’une dirigeante qui, comme jadis les Américains John F. Kennedy ou Barack Obama, est plus populaire à l’étranger que chez elle, explique le politologue Stephen Levine de l’université Victoria de Wellington. Il n’est pas du tout inconcevable que Jacinda ne soit la femme que d’un seul mandat. L’opinion internationale voit les choses en gros, pas la situation au quotidien."

Mais aux yeux d’une majorité de l’opinion publique, Jacinda Ardern reste un modèle et semble donner du fil à retordre à ses détracteurs et à ceux qui aimeraient la voir tomber. Terriennes lui avait consacré un article peu de temps après sa nomination à la fonction de Première ministre, augmenté après la tuerie de Christchurch, rappelant le parcours de la jeune dirigeante.

Une gestion volontariste de la pandémie du Covid19 

Par la suite, sa gestion efficace et volontariste de la crise sanitaire du Covid-19 a épargné l'hécatombe à son pays qui, à ce jour, déplore 22 décès seulement sur 5 millions d'habitants, et plus aucun cas actif ce 8 juin. Strict confinement et contrôle aux frontières auraient eu raison du coronavirus, puisqu'aucune nouvelle contamination n'a été recensée depuis 17 jours et que le dernier cas actif ne présente plus de symptômes depuis plus de 48 heures. 

Jacinda Ardern l'a annoncé lors d'un discours télévisé : "Nous sommes confiants quant au fait que nous avons éradiqué pour l'instant la transmission du virus en Nouvelle-Zélande". Elle saluait au passage la mobilisation de ses compatriotes, "unis d'une façon sans précédent pour vaincre le virus". Et avouait en riant avoir célébré la levée des restrictions en dansant avec sa fille dans son salon :