Terriennes

Jeffrey Epstein: son ex-collaboratrice Ghislaine Maxwell face à la justice

Ghislaine Maxwell, la "recruteuse" présumée de Jeffrey Epstein, sera interrogée le 14 juillet par une juge newyorkaise. 
Ghislaine Maxwell, la "recruteuse" présumée de Jeffrey Epstein, sera interrogée le 14 juillet par une juge newyorkaise. 
©AP Photo/John Minchillo

"Non coupable", voici la ligne de défense de Ghislaine Maxwell lors de sa première comparution devant une juge fédérale new-yorkaise, par vidéoconférence pour cause de pandémie. Arrêtée début juillet aux Etats-Unis, l'ex-petite amie et ex-collaboratrice de Jeffrey Epstein est accusée d'avoir recruté des dizaines, voire centaines, de femmes, en majorité des mineures. La justice la soupçonne aussi d'avoir participé, activement, aux soirées au cours desquelles le milliardaire new-yorkais est accusé d'avoir agressé sexuellement de très nombreuses jeunes filles. 

La femme de l'ombre passe en pleine lumière. Ghislaine Maxwell avait totalement disparu de la circulation depuis l'arrestation en juillet 2019 du milliardaire new-yorkais Jeffrey Epstein, accusé de multiples agressions sur mineures et mort en détention. Après un an de cavale, la fille de l'ex-magnat des médias britanniques Robert Maxwell, 58 ans, se retrouve à son tour en prison.

Sa première audience a eu lieu ce mardi 14 juillet par visioconférence devant une juge du tribunal fédéral de Manhattan, elle a plaidé non coupable.

Elle a aussi demandé sa remise en liberté sous caution et proposé pour cela des garanties à hauteur de cinq millions de dollars. La procureure fédérale de Manhattan, Audrey Strauss, s’est opposée à cette requête, affirmant que l’accusée présentait un risque de fuite « extrême ».

"Non coupable" 

Son arrestation a eu lieu le jeudi 2 juillet, dans une luxueuse propriété du New Hampshire. Un incroyable rebondissement dans cette affaire, auquel les nombreuses victimes de Jeffrey Epstein ne croyaient sans doute plus, tant le témoignage de l'ex-collaboratrice du magnat new-yorkais s'avère capital. 

Les avocats des deux parties avaient initialement proposé la date du 10 juillet pour cette première audience new-yorkaise. Mais après le transfert de cette figure de la jet-set dans la prison fédérale de Brooklyn - depuis le New Hampshire où elle avait été arrêtée - la juge Alison Nathan a finalement retenu la date du 14 juillet. La juge a précisé, après accord de Ghislaine Maxwell, que l'audience aurait lieu par téléconférence, pour cause de pandémie.

Dans cette photo d'archive du 2 septembre 2000, Ghislaine Maxwell, conduite par le prince Andrew quitte le mariage d'une ancienne petite amie du prince, Aurelia Cecil, à l'église paroissiale de St Michael à Compton Chamberlayne près de Salisbury, en Angleterre. Le FBI a arrêté jeudi 2 juillet 2020, Ghislaine Maxwell, qui a été accusée par de nombreuses femmes d'avoir aidé Jeffrey Epstein à se procurer des partenaires sexuelles mineures.
Dans cette photo d'archive du 2 septembre 2000, Ghislaine Maxwell, conduite par le prince Andrew quitte le mariage d'une ancienne petite amie du prince, Aurelia Cecil, à l'église paroissiale de St Michael à Compton Chamberlayne près de Salisbury, en Angleterre. Le FBI a arrêté jeudi 2 juillet 2020, Ghislaine Maxwell, qui a été accusée par de nombreuses femmes d'avoir aidé Jeffrey Epstein à se procurer des partenaires sexuelles mineures.
©Chris Ison/PA via AP

Complice d'Epstein et plus encore ...

Enfin la justice va, peut-être, pouvoir lever le voile sur bien des mystères, c'est en tout cas c'est ce que compte bien faire la juge fédérale new-yorkaise qui se prépare à interroger Ghislaine Maxwell. Un espoir de justice pour les victimes de Jeffrey Epstein. Celui qui comptait parmi ses puissants amis le prince Andrew - fils de la reine Elizabeth II que les procureurs voudraient aussi interroger d'ailleurs- ou l'ex-président Bill Clinton, a été retrouvé mort dans sa cellule new-yorkaise le 10 août 2019.

Quel rôle a joué cette proche collaboratrice et ex-petite amie d'Epstein ? Ghislaine Maxwell est accusée par les procureurs new-yorkais d'avoir "aidé, facilité et contribué aux agressions sur mineures de Jeffrey Epstein", de 1994 à 1997. Elle recrutait pour lui de jeunes adolescentes désargentées âgées de 14 ans et plus, et participait parfois directement aux agressions, selon les procureurs.
 

"Ghislaine Maxwell a facilité, aidé et participé à des actes d'abus sexuels sur des mineurs. Maxwell a attiré des filles mineures, les a mis en confiance, puis les a jetées dans le piège qu'elle et Jeffrey Epstein leur avaient tendu", lit-on sur le compte Twitter de la juge. 

Elle est aussi accusée d'"avoir menti de façon répétée" lors d'un témoignage sous serment dans le cadre d'un procès au civil en 2016.

Des secrets à haut risque

Dans un témoignage exclusif publié sur le site du Daily Mail, un ancien ami de Ghislaine Maxwell affirme qu'elle détiendrait une large collection de vidéos montrant Jeffrey Epstein – mais aussi de nombreuses personnalités très puissantes – en train de commettre des actes pédophiles. "Si Ghislaine tombe, elle s’assurera d’emporter le plus de monde possible dans sa chute- poursuit cet homme resté anonyme -Elle sait où sont enterrés les cadavres, et elle utilisera tous les moyens à sa disposition pour tenter de se sauver".

"Plusieurs personnalités très puissantes doivent être très inquiètes. J’espère que Ghislaine ne finira pas comme Epstein. Je suis très soucieux de cela. Je pense qu’elle est en danger. Il y a trop de pouvoir impliqué si elle parle"
, explique de son côté Christopher Mason, un autre ami de Ghislaine Maxwell, sur le site du New York Post.
 

"Trump est clairement dans un état délirant. Je suppose qu'il a beaucoup de choses auxquelles penser, sauf à son pays bien sûr. Il ne se soucie que de ses sondages en chute libre. Mais que dire de la petite amie emprisonnée d'Epstein qui pourrait le lier à son réseau sexuel qui a agressé 500 jeunes filles. Trump avait qualifié Epstein de bon gars", réagissait un internaute peu après l'arrestation de Ghislaine Maxwell.

Ghislaine Maxwell présente "un risque extrême de fuite", selon les procureurs. Cette femme née en France, éduquée en Grande-Bretagne puis naturalisée américaine en 2002, détentrice de trois passeports et d'une quinzaine de comptes bancaires aux Etats-Unis et à l'étranger, n'a "absolument aucune raison de rester aux Etats-Unis", écrivaient-ils dans un document judiciaire rendu public récemment.

Habituée aux luxueuses résidences et aux vols privés, cette femme, qui risque désormais 35 ans de prison voire la prison à vie, dispose selon eux de plus de 15 comptes en banque, aux Etats-Unis et à l'étranger, dont le solde total a atteint jusqu'à 20 millions de dollars depuis 2016, selon les procureurs. Celle qui fut un temps la petite amie de Jeffrey Epstein a vendu une propriété new-yorkaise pour quelque 15 millions de dollars en 2016, et dispose de "ressources financières substantielles" même si l'ensemble reste "opaque", ont-ils précisé. La propriété de quelque 60 hectares où elle a été arrêtée dans le New Hampshire a ainsi été acquise en cash par une société-écran fin 2019.

Aucune raison -officielle- n'a été donnée sur son placement en détention à Brooklyn plutôt qu'au Metropolitan Correctional Center de Manhattan, tout près du tribunal. C'est là où Jeffrey Epstein avait été retrouvé mort par pendaison. De nombreux médias avaient spéculé sur le fait qu'elle puisse être détenue dans cette même prison, alors qu'elle aussi pourrait être considérée comme à risque pour une tentative de suicide.