Terriennes

Journée internationale de la paix : femmes et guerres, entre guérison et reconstruction

Baseh Hammo, femme yézidie, ex-esclave de Daech, les poings brûlés lors de violences subies dans un camp de réfugiés de Dahuk en Irak, le 28 février 2019.
Baseh Hammo, femme yézidie, ex-esclave de Daech, les poings brûlés lors de violences subies dans un camp de réfugiés de Dahuk en Irak, le 28 février 2019.
©AP Photo/Khalid Mohammed
Baseh Hammo, femme yézidie, ex-esclave de Daech, les poings brûlés lors de violences subies dans un camp de réfugiés de Dahuk en Irak, le 28 février 2019.
Le 5 avril 2019, lors d'affrontements entre migrants et forces de l'ordre près d'un camp de réfugiés dans le nord de la Grèce.

Les femmes sont souvent présentées comme des ambassadrices de paix, peut-être justement parce qu'elles sont, avec les enfants, les premières victimes, de l'ombre, lors de conflits armés. Utilisées comme armes de guerre, violées, déplacées ... Comment guérir de ces traumatismes et comment ne pas les transmettre aux générations futures ? Rencontre avec des actrices de terrain qui accompagnent ces femmes sur la voie de la reconstruction.

Elavie. Un prénom inventée pour elle. Petite fille née d'un viol en République démocratique du Congo. Pour comprendre son histoire, il faut raconter celle de sa mère. Arrêtée par des paramilitaires avec sa famille dans la région de Kinshasa, elle est contrainte, sous peine d'être exécutée, de regarder sa mère se faire violer.

Quelques mois plus tard, elle sera à son tour violée par un soldat, le visage caché sous un foulard. Il lui semble reconnaître sa voix, une voix familière, probablement celle d'un homme qu'elle a déjà croisé dans son quartier. Elle est jetée en prison par les militaires, mais alors qu'elle est à plus de 8 mois et demi de grossesse, un prêtre la fait sortir de sa cellule et la fait embarquer dans un avion munie d'un billet pour la France. Un "miracle" en quelque sorte, qu'elle attribue à son violeur, sans doute pris de remords.

"Après un accouchement très difficile, elle ne voulait pas voir son bébé, elle ne voulait pas le nommer, elle ne voulait pas l'allaiter, d'ailleurs elle n'avait pas de lait, elle ne voulait rien savoir de ce bébé", nous raconte la professeure Marie-Rose Moro, cheffe de file de l'ethnopsychanalyse et de la psychiatrie transculturelle en France, et qui soigne des migrantes dans un hôpital parisien.
 
Et d'un coup elle a prononcé ces mots : Et la vie, Et la vie !
Marie-Rose Moro
"Nous l'avons vue quelques jours après l'accouchement. Nous sommes allées chercher le bébé. Elle a demandé à la traductrice de le prendre dans ses bras et de lui dire quelques mots dans sa langue, le Lingala. C'est ainsi qu'elle a commencé à réinvestir ce bébé, par la langue et les bras de l'interprète", explique la médecin. Vient ensuite le moment de donner un nom à l'enfant. C'est alors que la maman demande à la doctoresse de lui en trouver un, ou même pourquoi pas de lui donner le sien, "Moro". "Je lui explique que ce n'est pas possible. On s'est revues le lendemain, elle nous a dit que si on voulait l'aider, il fallait lui trouver un 'beau nom', un nom en français. Ce qu'elle ne voulait pas, c'est que cette petite soit traumatisée par la guerre, sinon cela voudrait dire qu'ils ont gagné, qu'elle n'aura pas une vraie vie. 'C'est pour ça que je veux que vous lui trouviez un nom, vous ! Vous vous n'êtes pas marquée par la guerre, et donc si vous lui donnez un nom, elle ne le sera pas non plus'. Et d'un coup elle a prononcé ces mots, Et la vie, Et la vie !" 
 
"Dans un deuxième temps on a réussi à retrouver le père de cette maman. Par Skype, ils ont pu se parler, il a procédé aux rituels de bénédiction pour faire entrer l'enfant dans la famille. C'est à partir de là, comme par magie, une fois que la petite a eu un nom et qu'elle a trouvé sa place dans la famille, que la mère a eu une montée de lait et a pu la nourrir."
Des femmes réfugiées congolaises, qui ont trouvé refuge en Ouganda, le 14 juin 2019.
Des femmes réfugiées congolaises, qui ont trouvé refuge en Ouganda, le 14 juin 2019.
©AP Photo/Ronald Kabuubi
 

Le corps des femmes, ce bouclier

"Le corps des femmes sert de bouclier. Cela me rappelle aussi l'histoire de cette femme qui se fait amputer par des soldats avec un bébé sur le dos sans un cri, comment est-ce possible ? C'est le corps qui cherche toutes ses ressources. Dans le cas de la maman d'Elavie, c'est son corps qui enfin accepte d'être maternel, parce que jusque-là la douleur était trop lourde. C'est très symbolique d'un point de vue psychothérapique. Mais ça relève aussi du charnel", nous dit encore Marie-Rose Moro, qui participait au 4ème colloque Droit et Santé des Femmes, ce lundi 16 septembre au Palais du Luxembourg à Paris, organisé par l’ONG Actions Santé Femmes (ASF) .

 
"Guérir de la guerre"

Après des études de médecine et de philosophie, Marie-Rose Moro entame un double cursus de psychiatrie et d’anthropologie. Elle dirige actuellement la maison de Solenn, maison des adolescents de l'hôpital Cochin à Paris.


Professeure de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, Université de Paris-Descartes, chercheuse à la Sorbonne Paris Cité, Institut de Psychologie et CESP, INSERM, elle est l'autrice de nombreux ouvrages.

Ses travaux scientifiques concernent les adolescents, les forces et vulnérabilités des enfants de migrants, les dispositifs thérapeutiques, les métissages, le bilinguisme, le traumatisme psychique.

Elle s'intéresse au rôle de l'école, et plus particulièrement à la réussite scolaire des enfants de migrants.
Ses axes de recherche sont la transmission du trauma de la mère à l'enfant et l'évaluation des troubles post-traumatiques chez les enfants .


http://www.marierosemoro.fr

Les réalités des femmes dans les conflits

"Il est pour nous primordial d’insister sur le fait que ces situations dramatiques, que la guerre, les conflits ne sont pas des fatalités, que des solutions existent et doivent être trouvées. C’est la raison pour laquelle nous voulions nous réunir autour de la Journée Internationale de la Paix", explique le professeur Henri Jean Philippe, Secrétaire général d’ASF.

Des migrantes et leurs enfants sont accueillis par le UNHCR, arrivant de Misrata, en Libye, à l'aéroport militaire de Pratica di Mare près de Rome,  le 29 avril 2019.
Des migrantes et leurs enfants sont accueillis par le UNHCR, arrivant de Misrata, en Libye, à l'aéroport militaire de Pratica di Mare près de Rome,  le 29 avril 2019.
©AP Photo/Andrew Medichini

Souvent peu visibles en première ligne des conflits armés, les femmes sont pourtant, elles aussi, victimes des déplacements forcés, des vies en camps de réfugiés, des violences quotidiennes, sans parler du viol en masse, arme redoutable qui provoque des dégâts immenses. "Nos expériences humanitaires nous ont plusieurs fois rappelé que si l’action est essentielle, la parole l’accompagne nécessairement. Les femmes que nous rencontrons ont besoin d’être écoutées, d’être comprises et nous avons besoin de les entendre pour savoir comment ajuster notre aide.",  ajoute le docteur André Benbassa, président d’ASF.

Femmes migrantes en France

"Plus d’un tiers d’entre elles n’avaient jamais parlé de ces événements à personne avant l’enquête […]. C’est "au pays" que la prévalence des violences que l’on peut considérer comme les plus graves (être privée de sa liberté / être agressée physiquement / être violée) est la plus importante : près d’un tiers des femmes migrantes interrogées déclarent avoir été privées de leur liberté ou séquestrées dans leur pays d’origine, plus de 4 sur dix y avoir été agressées physiquement ou torturées, et plus de 3 sur dix agressées sexuellement ou violées.

Pour une grande partie des femmes rencontrées, l’expérience de ces violences fait intrinsèquement partie des déterminants au départ : qu’elles soient exercées par un État, qu’elles soient le fruit d’une situation politique (conflit armé interne ou international, guerre civile) ou qu’elles résultent d’une oppression exercée par un conjoint et/ou par la famille (violences conjugales, mariage forcé, mutilations génitales, etc.), elles poussent les femmes vers l’exil... »

Extrait du rapport "Les femmes seules dans le dispositif de veille sociale: une enquête auprès du public accueilli à l’ESI ‘’Halte Femmes’’"

Ces femmes yézidies esclaves sexuelles

Le 16 septembre 2019, Paris.
Le 16 septembre 2019, Paris.

Femme de conviction, acupunctrice de formation, Elise Boghossian est présidente et fondatrice de l’ONG EliseCare créée en 2012, dont la vocation est d’apporter une aide médicale d’urgence aux populations civiles vivant en zones de conflits.

L’ONG assure sur les routes d’Irak la circulation de bus recyclés en clinique mobile, qui vont au-devant des populations déplacées et réfugiées prodiguant des soins : médecine générale, gynécologie, pédiatrie, chirurgie, suivi de grossesse et du post-partum, traitement de la douleur, prise en charge psychologique. Au Kurdistan irakien, des dispensaires ont été construits pour un accès permanent des populations déplacées à des soins gratuits. Parmi elles, les femmes yézidies.

Elise Boghossian témoigne : "Une femme me raconte comment, alors qu'elle avait 9 ans, une femme est venue la chercher dans son village situé au sud de Mossoul. Elle l'emmène au tribunal et, soudain, la fillette a changé d'âge, elle a 12 ans et se retrouve mariée à un inconnu, combattant de Daesh, qui va la violer chaque nuit. Aujourd'hui, elle a huit enfants".

"Comment construire la société de demain dans un pays où près de 25 000 femmes font l'objet de trafic sexuel, aujourd'hui rejetées par leurs familles, par la société, elles sont emmenées dans des bordels la nuit, comment éviter qu'elles ne deviennent elles-mêmes, ou leurs enfants, des bombes à retardement ? On sait qu'il existe des cellules dormantes de Daech un peu partout en Irak, et que déjà, les recrutements se font chez les femmes, et les enfants", s'insurge-t-elle.
 

Nadia Murad, prix Nobel de la paix (avec le Dr Mukwege), ici le 8 octobre 2018, à Washington. Nadia Murad est devenue la porte-parole du peuple yézidi, elle-même a été violée et esclave sexuelle de Daech après avoir assisté à l'assassinat d'une partie de sa famille.
Nadia Murad, prix Nobel de la paix (avec le Dr Mukwege), ici le 8 octobre 2018, à Washington. Nadia Murad est devenue la porte-parole du peuple yézidi, elle-même a été violée et esclave sexuelle de Daech après avoir assisté à l'assassinat d'une partie de sa famille.
@AP Photo/Andrew Harnik

Gérer le référent masculin

Autre témoignage, celui de Gwenolla Chaudet, sage-femme, qui a effectué une mission pour ASF dans un camp de réfugiés rohingas au Bangladesh. Pour elle, la première difficulté est l'hébergement. Les réfugiés vivent dans des cabanes en bambou, couvertes de toiles faites de sacs de riz, peu efficaces en saison de pluie. Pour les femmes s'ajoutent le  problème des sanitaires. Celles qui ont leurs règles ne peuvent pas aller dans les sanitaires destinées aux hommes, parce qu'elles sont considérées comme impures. Elles se retrouvent donc contraintes de quitter le camp de nuit pour faire parfois des kilomètres avant de pouvoir se soulager. Et c'est justement à ce moment-là qu'elles se font violer.
 

Begum, femme rohinga et son bébé Jamila, dans le camp de réfugiés de Unchipran au Bangladesh, 16 novembre 2018.
Begum, femme rohinga et son bébé Jamila, dans le camp de réfugiés de Unchipran au Bangladesh, 16 novembre 2018.
©AP Photo/Dar Yasin

Pour les parturientes, les accouchements se font dans des logis de fortune, le plus souvent sans accompagnement médical, "la tradition veut que les femmes accouchent chez elles. Ce sont des populations qui n'ont pas accès aux soins depuis plusieurs décennies", précise Gwenolla Chaudet.
 

Au cours de sa mission, elle a travaillé avec des sages femmes bangladaises qui sortaient juste de formation, et donc très jeunes. "Il faut arriver à communiquer, en anglais, mais aussi à partager des techniques qui ne sont pas forcément connues là-bas, et encore moins par les populations rohingas. Souvent, il fallait passer par une sorte de médiatrice, une sorte de 'matrone' qui venait nous chercher au centre médical pour assister une femme en train d'accoucher. Là encore, on doit faire face à d'autres obstacles. Par exemple pour procéder à une césarienne, il faut l'accord du mari. Quand on est dans une situation d'urgence vitale pour la mère comme pour l'enfant, il faut gérer le temps de la négociation, et cela peut rendre les choses encore plus compliquées. Il y a des femmes qui font le choix de contraceptif par injectable de manière à ce que cela ne se voit pas, c'est plus facile d'aller se faire une injection qui ne se voit pas pour ne pas avoir de grossesses pendant 2 ou  3 mois, que de cacher une plaquette de pilules.", confie-t-elle.

 
Une maman Ahmadi tient son nouveau né dans les bras, dans le camp de réfugiés de Pasyala, nord-est de Colombo, Sri Lanka, 25 avril 2019.
Une maman Ahmadi tient son nouveau né dans les bras, dans le camp de réfugiés de Pasyala, nord-est de Colombo, Sri Lanka, 25 avril 2019.
©AP Photo/Gemunu Amarasinghe

Lire aussi > Avoir ses règles dans une Syrie en guerre, le calvaire des femmes

La force de la rémission

Comme le dit Marie-Rose Moro, "Ces femmes sont ingénieuses. Une des manières qu'elles choisissent pour guérir, c'est justement de ne pas transmettre les effets de la guerre à leurs enfants. Elles sont incroyables et elles m'émerveillent, car ce sont des formes de leçons qu'elles nous donnent. Parfois, je me demande pourquoi je retourne sur ces terrains de guerre, et en fait, je sais, je vais apprendre de ces femmes !" Et de leurs enfants ...

Aujourd'hui Elavie a six ans, elle vient de rentrer en CP.
 

Lors du 4ème colloque d'ASF, le 16 septembre 2019 à Paris.
Lors du 4ème colloque d'ASF, le 16 septembre 2019 à Paris.
©IM
Transmission mère-enfant, pas une fatalité ?

Elizabetta Dozio, psychologue clinicienne, a fait sa thèse sur la transmission du traumatisme de la mère à l'enfant. Pour cela, elle a mené des entretiens, filmés, avec des mamans victimes de violences pendant des conflits, originaires de Centrafrique, Tchad et Cameroun.


Comment une mère peut-elle transmettre son traumatisme ?
Un traumatisme ne se réduit pas aux personnes qui l'ont subi, mais se transmet aux générations suivantes. L'indisponibilité psychique d'une mère peut être source de détresse pour l'enfant, cela peut se traduire par l'arrêt de la production de lait maternel en pleine période d'allaitement, cela peut mettre en péril la survie du bébé.

Qu'avez-vous observé pendant ces entretiens ?
On remarque qu'il y a des différences d'interaction entre la mère et son bébé. La mère a le regard absent, absorbée par le récit de ce qu'elle a vécu, comme si elle revivait ce moment traumatique, on observe aussi que plus le récit avance, plus le bébé sollicite sa maman, avec des cris, des touchers, parfois s'il a un hochet, il se met à le secouer de plus en plus frénétiquement, presque comme pour couvrir les sons qui sortent de la bouche de la mère. La mère, elle, ne répond pas aux sollicitations du bébé. Parfois le bébé se met à crier de plus en plus fort pendant le récit de la mère, sans qu'elle y fasse attention alors que nous, nous n'entendions quasiment plus ce qu'elle disait.
 
Pourquoi avoir filmé ces séances ?
C'était pour pouvoir ensuite observer les attitudes de la maman et du bébé pendant l'entretien, par le biais d'outils de microanalyse de toutes les intéractions seconde par seconde.

Peut-on parler de bébés différents ?
Selon les mères, oui. Ces bébés sont investis d'un mandat familial et collectif différent, parfois de sauveur, de protecteur de la famille, c'est un peu le mandat de 'Moïse'. D'ailleurs la  nomination est très importante car il inscrit l'enfant dans une histoire. On voit apparaitre des prénoms signifiant 'le sauveur' ou 'tu seras fort dans les combats' ou encore 'le protecteur'. A l'inverse, il y a ceux qui vont porter en eux les traces du traumatisme vécu par la mère, on a vu des bébés s'appeller 'souffrance', avec le désir de la mère de rappeller à l'enfant dans quelles conditions il est né, et qu'il ne doit jamais l'oublier.  Il faut savoir aussi que le bébé sait aussi s'autoconsoler, souvent pour s'apaiser il peut pratiquer l'autostimulation. Le plus souvent par soucis de protection, la maman choisit de se taire, et ce silence est aussi une transmission du traumatisme. Le silence, cette question a souvent été au coeur de la transmission intergénérationnelle pour les survivants de la Shoah. 

Quelles sont les pistes pour éviter la transmission du traumatisme ?
On peut soigner le traumatisme de la mère et l'aider à être en rémission, en renforcant toutes les intéractions avec le bébé, et notamment celles qui ont été perdues. Mon étude portaient surtout sur les intéractions tactiles. Des mères hésitent à toucher leur enfant. L'idée c'est de recentrer tout ça, on peut leur proposer de renouer avec des pratiques traditionnelles comme par exemple le massage des bébés, ou encore de pratiquer des exercices de psychomotricité. C'est le côté corporel. Il y a aussi la guidance parentale, en général sur comment on peut accueillir un bébé,  donner les moyens aux mamans de prendre réellement conscience de leur propre traumatisme et qu'il peut être transmis à leur enfant. L'idée, c'est aussi de pouvoir accompagner la narration du traumatisme, et de moduler ce dévoilement du récit traumatique au bébé avec des mots que l'enfant peut entendre, à un âge où il peut comprendre.

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