Terriennes

L'avortement dépénalisé en Nouvelle-Zélande

La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern lors d'une intervention télévisée, le 13 mars 2020, en mémoire des victimes de la fusillade de Christchurch qui a fait 51 morts et des dizaines de blessés, le 15 mars 2019.
La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern lors d'une intervention télévisée, le 13 mars 2020, en mémoire des victimes de la fusillade de Christchurch qui a fait 51 morts et des dizaines de blessés, le 15 mars 2019.
©AP Photo/Mark Baker

Le Parlement néo-zélandais a voté, mercredi 18 mars, la dépénalisation de l’avortement. L'interruption volontaire de grossesse était jusque-là passible de 14 ans de prison, même si la loi n'était jamais appliquée dans les faits. Jacinda Ardern, la première ministre néo-zélandaise tient ainsi sa promesse de campagne. 

"Désormais, les avortements seront considérés comme une question médicale", a expliqué le ministre de la justice, Andrew Little dans un communiqué. 

"Avec la loi précédente, les femmes qui souhaitaient se faire avorter devaient surmonter de nombreux obstacles", a rappelé le ministre. Il a dit espérer que ce nouveau texte permettra aux femmes d’obtenir "plus rapidement des conseils et des traitements".

En vertu d’une loi datant de 1961, l’interruption volontaire de grossesse était jusque-là considérée comme un délit passible de quatorze ans d’emprisonnement. Bien que ce texte n’ait jamais été appliqué aux femmes subissant un avortement, un changement était nécessaire, comme l'a indiqué le ministre de la justice, Andrew Little.

Corriger cette loi qualifiant l’avortement de crime faisait partie des promesses de campagne de Jacinda Ardern, la première ministre néo-zélandaise.

L'accès à IVG, une loi alambiquée jusqu'ici, selon l'ONU

La pratique n’était légale à ce jour qu’en cas d’inceste, d’"anomalie mentale", d’anomalie fœtale ou de risque pour la santé physique ou mentale de la femme enceinte. Or, c’est ce dernier argument qui était invoqué dans 97 % des cas. 

"Il faut mentir à un médecin pour avoir accès à un soin médical"
, résumait Terry Bellamak, présidente et porte-parole de l’association pour le droit à l’avortement Abortion Law Reform Association of New Zealand (Alranz).

L’Organisation des Nations unies (ONU) avait d’ailleurs dénoncé, à plusieurs reprises, la législation néo-zélandaise "alambiquée", rendant les femmes "dépendantes de l’interprétation bienveillante d’une règle qui annule leur autonomie".

Le dernier pays à légaliser totalement le droit à l'IVG est l'Australie, en septembre 2019. 
 

Le droit à l'avortement dans le monde
 

Le 28 septembre est la journée mondiale pour le droit à l'avortement. Une journée de mobilisation toujours nécessaire, même en 2019, car l'IVG est encore inaccessible à des millions de femmes à travers le monde. 225 millions de femmes n'ont toujours pas accès aux moyens de contraception modernes.
 


Nos autres articles : 
>L'accès à l'avortement : un enjeu électoral au Canada
>Evelyn Hernandez acquittée mais l'avortement reste toujours un délit au Salvador
>Etats-Unis : en Alabama, le droit à l'avortement en "bonne" voie d'interdiction
>Argentine : les militantes pro-avortement relancent le débat pour la présidentielle