La journaliste russo-américaine Alsu Kurmasheva toujours en détention

Arrêtée mi-octobre 2023 au TatarstanAlsu Kurmasheva restera en prison jusqu'en avril prochain. Accusée de ne pas s'être enregistrée en tant qu'"agent de l'étranger", la journaliste russo-américaine est désormais poursuivie pour la diffusion de "fausses informations" sur l'armée russe. 

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Alsu Kurmasheva libre

Image non datée publiée par Radio Free Europe/Radio Liberty, dont Alsu Kurmasheva, est rédactrice en chef. La journaliste est en détention au Tatarstan, région centrale de la Russie. 

©Claire Bigg/Radio Free Europe/Radio Liberty via AP
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Un tribunal russe a prolongé la détention d'Alsu Kurmasheva jusqu'au 5 avril 2024. La cour a confirmé cette information dans un communiqué.

Alsu Kurmasheva est l'une des deux journalistes américain.e.s à avoir été arrêtés en Russie au cours de l'année dernière. Le premier a été le reporter du Wall Street Journal Evan Gershkovich, appréhendé en mars pour "espionnage", une accusation que lui et son employeur rejettent avec véhémence. 

Il est clair qu'elle est injustement détenue car elle est Américaine et une journaliste qui ose faire son travail, deux choses intolérables pour Moscou. Stephen Capus, président de RFE/RL

D'après les médias Baza et Tatar Inform, la journaliste est désormais poursuivie pour la diffusion de "fausses informations" sur l'armée russe, un crime passible de prison ferme. En cause, sa participation à la publication l'an dernier d'un livre intitulé "Dire non à la guerre, 40 histoires de Russes opposés à l'invasion russe de l'Ukraine". Arrêtée en octobre 2023 à Kazan, la capitale de la république du Tatarstan, une région du centre de la Russie, elle travaille pour le média Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL), financé par les États-Unis . 

"Il est clair qu'elle est injustement détenue car elle est Américaine et une journaliste qui ose faire son travail, deux choses intolérables pour Moscou", a dénoncé dans un communiqué Stephen Capus, président de RFE/RL. 

Alsu Kurmasheva au tribunal

Alsu Kurmasheva, rédactrice en chef de Radio Free Europe-Radio Liberty, à droite, se tient dans une cage de verre dans une salle d'audience à Kazan, en Russie, le lundi 23 octobre 2023. Elle a comparu à huis clos devant un tribunal de la ville de Kazan, la capitale de la république du Tatarstan.

©Photo AP/Vladislav Mikhnevski

Privée de passeport

La journaliste, qui réside d'ordinaire à Prague avec son mari et ses deux filles adolescentes, s'était rendue en Russie pour une "urgence familiale" le 20 mai mais n'avait pas pu repartir car ses passeports américain et russe lui avaient été confisqués.

Un tribunal russe a décidé dans un premier temps de la maintenir en détention provisoire sous l'accusation de non-enregistrement en tant qu'"agent de l'étranger", une infraction passible d'une peine potentielle de cinq ans de prison.

Alsu Kurmasheva, à Kazan

Alsu Kurmasheva est assise dans une cage de verre dans une salle d'audience à Kazan, en Russie, le lundi 23 octobre 2023. 

©Photo AP/Vladislav Mikhnevski

Répression anti-journaliste

Son employeur demande sa libération immédiate.

Des groupes de défense des droits estiment que sa détention constitue un nouveau seuil dans la campagne russe contre les médias indépendants, qui s'est considérablement intensifiée depuis l'offensive déclenchée en février 2022 par la Russie en Ukraine.

La persécution d'Alsu Kurmasheva est un exemple de la répression incessante contre le journalisme et le droit à la liberté d'expression en Russie. Marie Struthers, Amnesty International

"La persécution d'Alsu Kurmasheva est un exemple de la répression incessante contre le journalisme et le droit à la liberté d'expression en Russie", estime Marie Struthers, directrice d'Amnesty International pour l'Europe de l'Est et l'Asie centrale, "Cela marque également une escalade alarmante dans le harcèlement des professionnels des médias, car c'est la première fois que ce délit est utilisé pour cibler directement une journaliste en raison de ses activités professionnelles, l'exposant ainsi au risque d'une peine de cinq ans d'emprisonnement."

 

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