Terriennes

Les Français.e.s célèbrent les Bleus, en attendant les Bleues

20 ans après la première victoire des Bleus en coupe du monde, les femmes sont toujours présentes pour accueillir les vainqueurs.
20 ans après la première victoire des Bleus en coupe du monde, les femmes sont toujours présentes pour accueillir les vainqueurs.
(Soukaina Skalli)

Retour en images sur cette journée de liesse nationale où supporters et supportrices ont fêté l'arrivée à Paris de leurs champions.

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16 juillet 2018. Lendemain de victoire à Paris. Les supporters français occasionnels ou non affluent en masse vers les Champs-Élysées dans l'espoir d'apercevoir les héros du jour. L'équipe de France, championne du monde aura droit à son tour d'honneur en bus, sur la célèbre avenue parisienne, tout comme ses aînés de 1998. 

Alors que l'équipe de France est attendue pour 17h30, les premiers supporters sont présents depuis le matin.
Les supporters arrivent, habillés de leurs drapeaux tricolores.
Les supporters arrivent, habillés de leurs drapeaux tricolores.
(Soukaina Skalli)
Sous une chaleur écrasante, la foule commence à se faire dense. Les forces de l'ordre bloquent une partie des accès. Les drapeaux sont fièrement déployés, les trois couleurs s'affichent sur les visages impatients et les premiers chants résonnent dans les rues de la capitale.
Largement représentée, la nouvelle génération est excitée à l'idée de vivre la joie de celle de 98, comme Mona. 

Génération 2018 vs génération 1998

Fiona, 30 ans, amatrice de foot s'est particulièrement intéressée à la Coupe du monde cette année. "Cette victoire est unique", nous dit-elle. "En 1998, j'avais dix ans, je n'ai pas vécu ce moment comme je le vis aujourd'hui."

"Les hommes ne prennent pas au sérieux le sport au féminin."Fiona, supportrice des Bleus, 30 ans

Elle a hâte de voir ce que peut donner une Coupe du monde au féminin en France, qui aura lieu en juin 2019, mais appréhende une sous-médiatisation de cet événement : "À mon avis, ce ne sera pas la même effervescence. À moins que les médias poussent un peu. Mais les mentalités doivent changer. Les hommes ne prennent pas au sérieux le sport au féminin. Mes amis oui, mais pas le grand public."

Qui sera au rendez-vous en 2019 ?

Ensemble pour les Bleus, mais aussi pour les Bleues. Si la victoire des Français a suscité un réel engouement, la question d'une ferveur du peuple français autour des féminines divise les opinions. La qualité du jeu des femmes fait débat. 
Marine, la vingtaine, adepte de foot depuis son enfance, est présente pour voir défiler l'équipe masculine. Néanmoins elle penche plus pour le foot féminin, plus agréable selon elle : "Je le préfère presque, car les joueuses simulent moins. Le football féminin n'est pas assez reconnu."

Un avis qui n'est pas partagé par ces deux amis, qui déplorent "un jeu moins physique mais plus technique."
 
Caroline est contente de la victoire des Bleus et attend de voir le bus des champions.
Caroline est contente de la victoire des Bleus et attend de voir le bus des champions.
(Soukaina Skalli)
Caroline, 10 ans est accompagnée de sa
maman, drapeau tricolore à la main, elle témoigne : "Je suis très contente qu'ils aient gagné ! Apparemment, c'était en 1998 la dernière victoire. Je me suis mise à regarder le foot cette année avec la CDM".
La  fillette ne semble pas être au courant de l'existence d'une telle compétition au féminin, ce qui ne l'empêchera pas de soutenir les Bleues. "Encore plus!" souligne sa mère.

Ines et Imene, toutes deux 18 ans, sont des amatrices ponctuelles de football. Elles ont suivi tous les matchs de l'équipe de France, car "c'est l'ambiance qui nous a poussées à regarder", expliquent-elles. "La victoire des Bleus, c'est une joie pour nous. Vivre ça aujourd'hui, c'est un super souvenir gravé à jamais dans nos mémoires, que l'on pourra raconter à nos enfants."
En revanche, elles ne semblent pas motivées par la compétition féminine : "On n'est pas sûres que le monde entier suive cet événement, du coup ça nous donne moins envie de regarder".

L'attente fut longue, et le passage des Bleus, furtif, laissant un goût amer chez certains, ce qui n'a pas empêché les supporters de fêter bruyamment et jusque tard le soir, cette deuxième étoile.