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LFI "n'échappe pas au patriarcat", reconnaît Aubry

L'eurodéputée de la France insoumise Manon Aubry, le 19 mai 2019 à Paris
L'eurodéputée de la France insoumise Manon Aubry, le 19 mai 2019 à Paris
afp.com - Zakaria ABDELKAFI

La France insoumise, ébranlée depuis quelques jours par l'affaire Quatennens, "n'échappe pas au patriarcat" mais elle "le combat", a reconnu jeudi l'eurodéputée LFI Manon Aubry.

La responsable politique a confirmé sur franceinfo la seule "mise en retrait" du numéro deux de LFI, Adrien Quatennens, "qui devra durer tout le temps nécessaire pendant l'enquête judiciaire" car "un homme qui est l'auteur de violences conjugales, n'est pas le représentant d'un mouvement féministe".

Pas de demande de démission donc, mais "peut-être d'autres mesures seront prises par la suite", à l'issue de l'enquête judiciaire, a-t-elle averti.

Figure de la jeune garde de La France insoumise, le député Adrien Quatennens a reconnu des violences conjugales envers son épouse. Il est sous le coup d'une enquête, à la suite d'une main courante.

La réaction de Jean-Luc Mélenchon, qui avait salué la "dignité" et le "courage" de son ami, "nous a tous mis mal à l'aise", a admis Mme Aubry, tout en soulignant que le leader "n'a jamais remis en cause la mise en retrait d'Adrien Quatennens".

"Ce sont des femmes qui souvent sont en première ligne" dans le combat "difficile" contre les violences sexistes et sexuelles, a-t-elle aussi précisé.

"Notre mouvement n'échappe pas au patriarcat, la différence, c'est que nous on en a conscience, la différence c'est qu'on le combat, la différence, c'est qu'on met les outils en place", même s'ils "ne sont pas parfaits", a-t-elle ajouté.

A cet égard, elle a dénoncé "l'espèce d'instrumentalisation de cette affaire" et une "attaque en règle contre les cellules d'écoute" de son parti par la ministre déléguée à l'Égalité entre les femmes et les hommes, Isabelle Rome, qui a critiqué mercredi des cellules de la Nupes qui "étouffe(nt) la parole des victimes" selon elle.

"C'est extrêmement grave, parce que c'est une attaque en règle contre un progrès qui a été fait pour les femmes ces vingt dernières années dans les mouvements politiques", a expliqué l'eurodéputée.

"On va continuer à travailler à améliorer nos outils, mais ce que la ministre vient de faire, je trouve que c'est indigne d'une ministre du Droit des femmes", a-t-elle déploré.