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Mondial 2019 : la Coupe du monde de football féminin, mode d'emploi

L'équipe de football féminine de France lors d'une séance d'entraînement avant la Coupe du Monde Féminine de la FIFA en France, à Clairefontaine, mercredi 29 mai 2019. La France participera au Groupe A de la FIFA 2019 Coupe du monde avec la Corée du Sud, la Norvège et le Nigeria.<br />
 
L'équipe de football féminine de France lors d'une séance d'entraînement avant la Coupe du Monde Féminine de la FIFA en France, à Clairefontaine, mercredi 29 mai 2019. La France participera au Groupe A de la FIFA 2019 Coupe du monde avec la Corée du Sud, la Norvège et le Nigeria.
 
©Photo AP / François Mori
L'équipe de football féminine de France lors d'une séance d'entraînement avant la Coupe du Monde Féminine de la FIFA en France, à Clairefontaine, mercredi 29 mai 2019. La France participera au Groupe A de la FIFA 2019 Coupe du monde avec la Corée du Sud, la Norvège et le Nigeria.<br />
 
Du 7 juin au 7 juillet 2019, tous les regards se tourneront vers la France qui accueille la Coupe du monde de football féminin.

Un an après avoir gagné le Mondial masculin, la France accueille pour la première fois de son histoire la Coupe du monde de football féminin. Du 7 juin au 7 juillet, des centaines de footballeuses venues des quatre coins du monde enfilent leurs maillots et chaussent leurs crampons avec un seul rêve, décrocher le trophée. Mondial féminin 2019, mode d'emploi.

Qui a gagné la précédente Coupe du monde ?

Les Américaines sont les tenantes du titre après leur victoire face au Japon 5 buts à 2 en 2015 au Canada. La sélection anglaise a remporté la petite finale face à l'Allemagne 2-1. Les Américaines dominent depuis longtemps cette compétition mondiale, elles sont d'ailleurs les plus titrées avec trois trophées (91, 99, 2015), et aussi par leur nombre de qualifications en finale (4).
 
Le mercredi 7 mars 2018, la milieu de terrain des États-Unis Carli Lloyd, au centre, soulève le trophée du championnat avec ses coéquipières après avoir vaincu l'Angleterre 1 à 0 pour remporter le tournoi de football féminin SheBelieves Cup à Orlando, Floride. Les États-Unis restent en tête du classement mondial féminin de la FIFA après avoir remporté la Coupe SheBelieves, et l'Angleterre passe au-dessus de l'Allemagne en deuxième position.<br />
 
Le mercredi 7 mars 2018, la milieu de terrain des États-Unis Carli Lloyd, au centre, soulève le trophée du championnat avec ses coéquipières après avoir vaincu l'Angleterre 1 à 0 pour remporter le tournoi de football féminin SheBelieves Cup à Orlando, Floride. Les États-Unis restent en tête du classement mondial féminin de la FIFA après avoir remporté la Coupe SheBelieves, et l'Angleterre passe au-dessus de l'Allemagne en deuxième position.
 
©AP Photo / Phelan M. Ebenhack
Dans les années 1990, au commencement de ce championnat, les Américaines restent sans conteste les meilleures, mais dans les années 2000, les Allemandes les détrôneront, pendant quelques temps du moins. Aux Etats-Unis, le soccer féminin est très populaire et suscite l'engouement de millions de supporter.trice.s. La dernière finale est le match de football le plus regardé de tous les temps aux États-Unis avec 25,4 millions de téléspectateurs (+41 % par rapport à la finale de 2011). Les Allemand.e.s également sont très amateur.trice.s de football féminin. L'Allemagne est la seconde nation la plus titrée avec deux titres en 2003 et 2007. Cette année-là, en 2007, la finale Allemagne-Brésil a été suivie par 9,05 millions de téléspectateurs en Allemagne (soit 50,5 % de l'audience totale).
 
Lors du dernier Mondial, les Lionnes du Cameroun avaient atteint les 1/4 de finale. A revoir en images ici >

 
 
 
Le trophée est conçu par William Sawaya et fabriqué à la main par les Milanais Sawaya & Moroni. En bronze plaqué or, aluminium poli et granit Verde Candeias, il mesure 47 cm de haut et pèse 4,6 kg.
Le trophée est conçu par William Sawaya et fabriqué à la main par les Milanais Sawaya & Moroni. En bronze plaqué or, aluminium poli et granit Verde Candeias, il mesure 47 cm de haut et pèse 4,6 kg.
©FIFA

Comment se déroule la compétition ?

Vingt-quatre équipes sont en lice cette année et c'est une première car, jusqu'à présent, elles n'étaient que 16. Elles sont réparties en six groupes de quatre équipes, A, B, C, D, E, F (au lieu de quatre précédemment). Chacune affronte les trois autres de sa poule. À l'issue des trois journées, les deux premières de chaque groupe, ainsi que les quatre meilleures troisièmes, soit 16 équipes au total, sont qualifiées pour les huitièmes de finale. Les six équipes arrivées troisièmes sont départagées dans l'ordre selon le nombre de points obtenus, la différence de buts, le plus grand nombre de buts marqués et enfin par un tirage au sort (au Mondial masculin, seuls les deux premières de chaque poule sont qualifiées pour les huitièmes de finale, ndlr). Un match pour la troisième place est organisé entre les deux équipes demi-finalistes vaincues.

Pour accéder à la Coupe du monde, les équipes ont dû se qualifier lors de tours préliminaires dans leur propre fédération continentale.
Le pays hôte est automatiquement qualifié pour la phase finale.
A savoir : les trois meilleures équipes UEFA du Mondial 2019 seront directement qualifiées pour les Jeux olympiques de Tokyo en 2020.

Les Bleues ont ouvert le bal le 7 juin face à la Corée du Sud à Paris à 21 heures (heure française). Un match qu'elles ont remporté haut la main 4/0 devant un Parc des Princes comble, rencontre retransmise en direct sur plusieurs chaînes de télévision. Elles affrontent la sélection norvégienne le 12 juin, et celle du Nigéria le 17 juin. Corinne Diacre, la sélectionneuse française (44 ans) a la délicate mission d’apporter enfin un grand titre à l’équipe de France. L’ancienne capitaine des Bleues (121 sélections) est devenue la première femme à entraîner une équipe professionnelle masculine à Clermont (Ligue 2), avant de prendre les commandes de l’équipe de France féminine en août 2017.
 

Ou se déroulent les matchs ? 

Les 52 rencontres de la compétition se dérouleront dans 9 stades répartis à travers la France : Reims, Valenciennes, Le Havre, Rennes, Lyon, Grenoble, Montpellier, Nice et le Parc des Princes à Paris où se tiendra le match d'ouverture France-Corée du Sud le 7 juin à 21 heures (heure de Paris).
 

L’habituel stade du Paris Saint-Germain n’a reçu qu’une seule et unique fois l’équipe de France féminine dans son histoire, en 1973 pour une large victoire en amical sur la République d’Irlande (4-0). C'est donc 46 ans plus tard que les Bleues vont à nouveau fouler cette pelouse à l’occasion du match d’ouverture. Quatre autres rencontres s’y dérouleront, dont un quart de finale, le vendredi 28 juin (21 heures).
 

Les Bleues face aux Coréennes en rouge, 1er rendez-vous de ce Mondial 2019, le 7 juin à Paris.
Les Bleues face aux Coréennes en rouge, 1er rendez-vous de ce Mondial 2019, le 7 juin à Paris.

Combien gagnent les footballeuses : la question qui fâche ?

Malgré des audiences télé en progression constante, et des sponsors publicitaires de plus en plus présents, l'égalité des salaires et des primes n'est toujours pas au rendez-vous. En 2015, la chaîne française W9 a pourtant battu le record d'audience historique de la TNT avec le quart de finale France-Allemagne, regardé par 4,1 millions de personnes en moyenne, avec un pic à 5,3 millions à la fin de la rencontre. Au Japon, la finale 2015 a été vue par 11,6 millions de supporter.trice.s.
 

Un engouement qui se confirme pour cette Coupe, quelques 20 millions de billets ont déjà été vendus avant le coup d'envoi le 7 juin, et dix matchs se joueront à guichets fermés. Quant à la dotation de la FIFA, elle sera de 30 millions de dollars au total (contre 400 millions pour la Coupe du monde masculine). Une dotation que les 24 équipes qualifiées se répartiront en fonction de leur performance, avec 4 millions de dollars pour la gagnante, soit un peu plus de 3,5 millions d'euros. Si cette somme a doublé par rapport au Mondial 2015 au Canada, l’écart avec les hommes reste encore considérable. A titre de comparaison, la FIFA a versé 38 millions de dollars à la seule Fédération française après la victoire des Bleus. 

Les Bleues devraient se partager 30% de la dotation FIFA attribuée à la France, soit le même pourcentage que les hommes lors du dernier Mondial en Russie, selon une source proche de l'équipe de France. Si l’égalité est réelle en termes de pourcentage, ce n’est plus du tout la même chose en termes de sommes finales car les joueuses de l’équipe de France toucheront beaucoup moins.
 
Ada Hegerberg, première Ballon d'or féminin, ne sera pas à la Coupe du monde féminine, pour protester contre l'inégalité des sexes dans le football.<br />
 
Ada Hegerberg, première Ballon d'or féminin, ne sera pas à la Coupe du monde féminine, pour protester contre l'inégalité des sexes dans le football.
 
©AP Photo / Christophe Ena
C'est pour protester contre cette inégalité que l'une des plus grandes stars du football féminin a boycotté la compétition : la Norvégienne Ada Hegerberg, première Ballon d'or de l'histoire en 2018. "Impossible d'être footballeuse sans se battre pour l'égalité", déclare-t-elle dans un entretien accordé au Monde.
  En colère également, les championnes du monde en titre. Les vingt-huit joueuses des Etats-Unis ont lancé une procédure en justice pour discrimination sexiste contre la Fédération américaine, afin d'obtenir l’égalité des salaires et une hausse de leur prime. En Australie, un syndicat représentant à la fois les sélections masculines et féminines a exigé de la part de la FIFA, une augmentation de la dotation de cette Coupe, pour obtenir 64 millions d'euros au lieu des 33 millions prévus.

Seules à avoir remporté le match de l'égalité : les footballeuses de l’équipe nationale d’Afrique du Sud. Leur fédération a annoncé que ses deux équipes masculines et féminines percevraient des primes quasiment équivalentes cet été. Une prime individuelle de 20 000 euros au 1er tour, 26 000 euros pour les demi-finales et 42 000 euros pour la finale, si elles arrivent jusque-là.

Et puis, les hommes aussi se montrent (parfois) solidaires, à l'instar de l’international suédois Jimmy Durmaz qui, trois jours avant le coup d'envoi du Mondial féminin, s’est engagé à reverser les primes perçues pendant la phase de qualification à l'Euro 2020 à la sélection féminine de son pays, au nom de l’égalité de traitement.

Depuis quand existe cette compétition féminine ?

Dans les années 1970-1980, des coupes sont organisées, mais ne sont pas reconnues officiellement par la FIFA. Celle-ci se décide enfin lors du Mondial au Mexique, en 1986, et annonce que la première Coupe du monde féminine aura lieu en Chine, cinq ans plus tard, en 1991. Douze nations participent à cette première édition. La même année, la FIFA décide également d'incorporer pour la première fois dans une compétition internationale des femmes arbitres. La première coupe est remportée par les Etats-Unis face à la Norvège en finale, 2 buts à 1.

Réunissant les meilleures sélections féminines mondiales, la Coupe féminine est disputée tous les 4 ans les années impaires, un an après la coupe masculine.

En plus du Graal final, quatre autres récompenses sont décernées individuellement à l'issue de la compétition : le Soulier d'or à la meilleure buteuse ; le Ballon d'or pour la meilleure joueuse ; le Gant d'or pour la meilleure gardienne de but (depuis 2011) ; le Trophée du Fair-Play de la FIFA pour l'équipe qui fait preuve du plus bel esprit sportif et du meilleur comportement.
 

"Le moment de briller", slogan de France 2019 

La Brésilienne Marta détient le record de buts marqués avec 15 buts le 9 juin 2015.
Avec six titres de Joueuse Mondiale de la FIFA, elle explique sur le site de la FIFA ce que lui évoque le slogan de France 2019, où elle essaiera d’améliorer son record de buts.
 
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La Brésilienne Marta sourit en s'étirant avec ses coéquipières lors d'un entraînement par équipe, le mardi 20 octobre 2015 à Seattle. L’équipe disputera mercredi un match amical contre les Etats-Unis, champions de la Coupe du Monde, dans le cadre de sa "tournée de la victoire".<br />
 

La Brésilienne Marta sourit en s'étirant avec ses coéquipières lors d'un entraînement par équipe, le mardi 20 octobre 2015 à Seattle. L’équipe disputera mercredi un match amical contre les Etats-Unis, champions de la Coupe du Monde, dans le cadre de sa "tournée de la victoire".
 
©Photo AP / Elaine Thompson

"Dans la vie, il faut savoir prendre des risques, il faut croire, et ne pas avoir peur de faire des erreurs pour avoir vraiment la volonté de briller."