Terriennes

Oubliées en temps de crise, les femmes actrices de paix et de reconstruction

A la veille de la journée internationale des droits des femmes le 8 mars, Myriam Bacquelaine, Fatima Maïga, Nada Saleh Anid et Vanessa Lamothe, quatre femmes engagées échangent leurs expériences sur les femmes en temps de crise. 
A la veille de la journée internationale des droits des femmes le 8 mars, Myriam Bacquelaine, Fatima Maïga, Nada Saleh Anid et Vanessa Lamothe, quatre femmes engagées échangent leurs expériences sur les femmes en temps de crise. 
©OIF

Pourquoi, pendant les crises, les femmes sont-elles toujours les plus impactées alors qu'elles sont en même temps porteuses de solutions ? Entre résistance, "résilience" et reconstruction pour toutes et tous, les femmes jouent un rôle fondamental, souvent dans l'ombre, écartées des tables des négociations, qui restent essentiellement masculines. Quatre femmes impliquées dans ces questions en débattent.

Quel rôle jouent les femmes en temps de crise ? Cette question prend une résonnance particulière à l'aune de l'actualité ukrainienne. Les images font le tour des médias internationaux. Ce sont les femmes - les mères, et les enfants - qui constituent en grande partie les convois de réfugiés fuyant les bombardements de l'aviation russe.  
 
Les femmes sont les premières à être fragilisées par les crises de toute nature. Mais Il faut arrêter de les présenter dans le seul rôle de victimes, elles sont des actrices de changement, de transformation de société et c'est justement en temps de crise qu'elles jouent le mieux ce rôle.
Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l'OIF

Qu'il s'agisse de conflits armés, ou de crises sociales, civiles, ou liées à l'impact du changement climatique, les femmes sont en première ligne. Ce constat est indéniable. En première ligne, car elles en paient le prix cher et sont toujours plus impactées que les hommes en termes économiques, mais aussi psychologiques et/ou de santé. Et pourtant, elles se relèvent, font front, trouvent des solutions, souvent de contournement astucieux, le fameux système D qui prévaut quant on n'a pas d'autres moyens. Et malgré tout, leur capacité de résistance reste encore et toujours sous -voire totalement- dévalorisée et rarement -voire jamais- prise en compte. 

Retrouvez la table-ronde organisée par l'OIF le 7 mars 2022 au pavillon des femmes à l'expo Dubaï 2020 ►

La crise du Covid, sans les femmes ? 

Un exemple flagrant qui a mis en lumière cette "résilience" au féminin, même si ce terme peut être discutable car devenu mot valise mis à toutes les sauces, est la crise sanitaire mondiale sans précédent de la pandémie de Covid. Au moment où les pays, les uns après les autres, se retrouvent paralysés par des mesures de confinement, les femmes ont été les visages de ces "deuxièmes" de cordée indispensables au fonctionnement de notre société, car plus que majoritaires dans les systèmes de santé, mais aussi d'économie des produits de base. Infirmières, sages-femmes, caissières de supermarché ... Mais aussi dans les foyers, ce sont les femmes qui comme l'ont montré les récentes enquêtes, ont assuré l'école à la maison des enfants pour cause d'écoles fermées, bien plus que les hommes, tout en poursuivant leurs activités professionnelles en télétravail. 
 

Selon une récente étude effectuée par l'organisation Care dans une quarantaine de pays, 55% des femmes, contre 34% des hommes ont perdu leur emploi ou leur revenu depuis mars 2020 dans le monde, qu’il s’agisse de pays riches ou en développement. 41% ont déclaré manquer de ressources alimentaires contre 30% des hommes. On estime à 800 milliards de dollars de perte de revenus pour les femmes en 2020.Au niveau mondial, les femmes ont perdu plus de 64 millions d’emplois l’année dernière.

Vanessa Lamothe s'exprime sur le 8 mars ►

"Il y a un aspect qui est un peu mis de côté, c'est que de nombreuses femmes ont perdu leurs principales sources de revenus pendant cette crise parce qu'elles travaillent dans le secteur informel", constate Vanessa Lamothe, entre autre chargée des questions de genre à l'OIF et conseillère stratégie et instances au cabinet de la secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo. 

Dès 2020, l'organisation internationale de la Francophonie a lancé, sous l'impulsion de sa secrétaire générale Louise Mushikiwabo, le fond "Francophonie avec elles". Il a permis pour sa première édition d'aider entre 14 000 et 15 000 femmes, avec pourtant un budget de départ "plutôt modeste de trois millions d'euros", comme le souligne la représentante de l'OIF. "Ce fonds a pour vocation d'aller à la rencontre des plus nécessiteuses et d'agir rapidement, en évitant les contraintes administratives", ajoute-t-elle, précisant que ce fonds a reçu le soutien de nombreux états membres et qu'il est amené à devenir pérenne, au delà de la crise de la Covid. 
 
"Même si le Mali n'a pas été particulièrement atteind par la Covid, les femmes du secteur informel, c'est à dire qui travaillent sur les marchés, dans les restaurants, ont dû apprendre à faire face aux contraintes du confinement. Elles se sont adaptées et organisées. Et aujourd'hui, alors que le Mali est frappé par des sanctions et des fermetures de frontières avec sept pays, les femmes ont appris à contourner cela. Elles ont la capacité d'adaptation et elles sont essentielles car c'est sur elles que repose l'économie des ménages", explique de son côté Fatima Maïga, qui préside la coalition des femmes leaders nord, sud et centre du Mali, qui vise notamment à promouvoir la participation et le leadership des femmes dans les processus de consolidation de la paix. 
 
On continue à penser à des modèles et des solutions qui n'incluent pas les femmes. C'est très surprenant qu'il faille toujours ajouter une sorte de petit article dans un projet pour dire 'attention, n'oubliez pas les femmes !
Myriam Bacquelaine, ambassadeure de Belgique au Niger et au Tchad
"Au Liban, depuis 2019, on enchaîne crise sur crise", réagit Nada Saleh Anid, militante féministe libanaise. "Il y a eu les mouvements de protestion, où les femmes étaient aux avants-postes de la révolution, elles étaient là bien présentes sur la scène se ramassant le coups des forces de l'ordre, faisant fi de toutes les menaces, après il y a eu le covid, puis l'explosion du 4 août qui a détruit Beyrouth. C'était trois crises en même temps", analyse la fondatrice de l'ONG Madanyat, qui travaille à promouvoir la place des femmes dans le monde politique. "Sans les efforts de la société civile dont les femmes sont les principales actrices, je ne sais pas comment le pays aurait survécu. Parce que la société civile au Liban fait pratiquement le travail de l'Etat. Sans les Libanaises, ce pays, qui est déjà à terre, serait encore plus bas", lance-t-elle.
 
 

Les femmes, les oubliées avant et pendant les crises

"Je suis frappée au niveau international qu'en dépit des crises, liées à la guerre, crises climatiques etc, auxquelles s'est ajoutée cette crise sanitaire, on continue à penser à des modèles et des solutions qui n'incluent pas les femmes. C'est très surprenant qu'il faille toujours ajouter une sorte de petit article dans un projet pour dire 'attention, n'oubliez pas les femmes!', alors qu'on représente quand même 50 % de l'humanité", s'indigne pour sa part Myriam Bacquelaine, ambassadeure de la Belgique au Niger et au Tchad. "Sur le terrain, les femmes sont quelque part livrées à elles-mêmes, ajoute-t-elle, elles doivent trouver des solutions de contournement, tout prendre en charge, et malgré tout, quand on pense appui, appui financier, modèles, on n'inclut pas ces 'paramètres' alors qu'elles ont les solutions et qu'elles sont une force de changement".
 
Assurez-vous que les femmes qui viennent du terrain participent aux discussions et soient écoutées, les femmes vous diront où il faut agir.
Louise Mushikiwabo
La diplomate regrette qu'on demande encore aux femmes "de prouver ce dont elles sont capables". "Ce qui incroyable aussi c'est qu'avec peu de moyens, on peut réaliser beaucoup de choses, sauf que lorsqu'il s'agit de petits projets, ce n'est pas valorisé et 'valorisable", seuls les grands projets sont mis en avant", constate-t-elle. 
 
Quand on voit ce qu'elles peuvent faire avec peu de moyens, imaginez ce qu'elles pourraient faire avec de gros moyens !
Vanessa Lamothe
"Les femmes sont les oubliées des crises. Et pourtant quand on voit ce qu'elles peuvent faire avec peu de moyens, imaginez ce qu'elles pourraient faire avec de gros moyens !" rebondit Vanessa Lamothe. 

Crises et violences faites aux femmes

L'explosion des chiffres concernant les violences faites aux femmes pendant les crises montre que les choses ne sont pas traitées par les états, en amont, selon Nada Saleh Anid. "Ces dispositifs doivent être prêts avant les crises et non à mettre en place pendant. Au Liban, on s'est rendu compte qu'à part quelques associations qui étaient déjà sur le terrain, qu'on avait rien prévu pour faire face à cette recrudescence. Cela a montré combien au Liban les femmes n'étaient pas prises en compte dans les décisions politiques". 
 
Outiller les femmes à la fois sur le plan économique mais aussi juridique, et ça c'est le travail des gouvernements.
Vanessa Lamothe
"Concernant les violences, on est sur des questions politiques, des questions d'éducation, réagit Vanessa Lamothe. Aujourd'hui, tant qu'on reste dans cette idée qu'une femme a moins de droits qu'un homme, ou qu'on peut faire d'elle ce qu'on veut, on va rester prisonniers de ces schémas de pensée, alors que le maître-mot est la formation et les politiques publiques. Outiller les femmes à la fois sur le plan économique mais aussi juridique, et ça c'est le travail des gouvernements".
"Autant que les petits fonds, c'est une décision politique d'un pays qui fait l'efficacité de cette lutte pour l'égalité", ajoute la fondatrice de l'organisation non gouvernementale Madanyat et membre du parlement des femmes au Libance. Et de citer un exemple concret. Un comité de secours a été mis en place pour distribuer des denrées de première nécessité à la population libanaise, "tous des hommes", précise-t-elle, "ils se sont réunis et ce sont eux qui ont décidé de ce qu'il fallait mettre dans ces paniers. Ils avaient pensé aux lames de rasoir, mais pas les serviettes périodiques". 
 
Nada Saleh-Anid sur le 8 mars ►

Les filles, privées d'école, les premières cibles

Aujourd’hui dans le monde, 131 millions de filles ne sont toujours pas scolarisées. 516 millions de femmes dans le monde sont encore analphabètes. Moins de 40% des pays affichent des proportions égales de filles et de garçons inscrits dans l'enseignement secondaire. Même si on observe des progrès, car depuis 1995, le taux mondial de scolarisation des filles est passé de 73% à 89%. Une fille sur 4 est privée d’accès à l’école dans le monde. 

L'éducation, c'est un espace qu'il fallait prendre, et les filles encore une fois, ont été les premières cibles. Aujourd'hui il y a à peu près 1600 écoles fermées au Mali. Et ce n'est pas par hasard.
Fatima Maïga
Pour Fatima Maïga, les femmes ont fait partie d'un agenda politique bien précis au Mali et cela bien avant la crise, bien avant que le pays ne soit contrôlé à 70% par des forces "takfiristes". "Ces forces ont mis en place un certain nombre de programmes ciblant les femmes et les filles pour leur dire comment s'habiller, se comporter, et comment se méfier de l'éducation moderne, et donc si elles ont été oubliées c'est plus par nos institutions qui devaient les protéger", tient-elle à préciser. "L'éducation, c'est un espace qu'il fallait prendre, et les filles encore une fois, ont été les premières cibles. Aujourd'hui il y a à peu près 1600 écoles fermées au Mali. Et ce n'est pas par hasard."

"Cette situation est une situation pensée par ces forces, et en face malheureusement, il n'y a pas eu de politique d'anticipation. Le maillon faible a toujours été l'éducation et la protection des filles. Quand il y a la crise c'est un peu trop tard, car les déterminants sont là avant, et ce qu'on n'a pas pu faire avant, c'est encore plus difficile de le faire pendant",
ajoute la militante. 
 
Si on ne fait rien, il y a 50% de la population qui a des compétences qu'on va ignorer ! Envoyer les filles à l'école en attendant qu'elles se marient, ce n'est pas une solution !
Nada Saleh Anid
Au Liban, pour Nada Anid, c'est ce que font les filles de leur éducation qui pose problème, "Elles sont 60% à l'université, et elles ne participent plus ensuite à la vie économique qu'à hauteur de 28%. C'est un manque à gagner pour les ménages qui ont payé pour cela et pour l'Etat qui n'utilise pas les ressources de 50% de sa population et qui pourtant en a grandement besoin. Si on ne fait rien, il y a 50% de la population qui a des compétences qu'on va ignorer ! Envoyer les filles à l'école en attendant qu'elles se marient, ce n'est pas une solution !". 

Vanessa Lamothe, qui est née et a grandi en Haïti, rappelle que les filles de son pays, comme dans beaucoup d'autres, vont en primaire et quittent l'école ensuite. 
 

L'arme législative

"Lorsque j'étais en Côte d'Ivoire lors de la période post-électorale de 2010, on a vu qu'il fallait légiferer, ce qui n'est pas instinctif, parler des voix des femmes ce n'est pas une priorité, on a des processus qui n'incluent pas les femmes. Et j'étais frappée par les discours tenus pendant les négociations de paix, par ce qu'on mettait sur la table, des questions qui n'avaient rien à voir avec celles que les femmes se posaient, comme les questions de justice etc...", rapporte Fatima Maïga. 

 
Nous sommes justement allées vers ceux qui s'opposaient à nous, on a eu comme des sortes de "pactes de non agression", on leur a expliqué que c'était une réforme progressiste mais qui n'entâcherait pas leur vision, on a usé d'un peu de ruse !
Fatima Maïga
Au tableau des "médailles" de cette militante de terrain : la fameuse "loi 052" pour promouvoir le genre dans l'accès aux fonctions nominatives et électives au Mali. "Ce fut 16 long mois de parcours de combattant, à chaque fois au sein de l'assemblée on a du faire face aux obstructions de la part des forces conservatrices et des représentants des mouvements religieux. Nous sommes justement allées vers ceux qui s'opposaient à nous, on a eu comme des sortes de "pactes de non agression", on leur a expliqué que c'était une réforme progressiste mais qui n'entâcherait pas leur vision, on a usé d'un peu de ruse !", reconnait-elle. "Nous sommes actuellement dans la mise en oeuvre de cette loi qui est un peu difficile, mais nous allons travailler sur un projet de loi pour rendre obligatoire l'école pour les filles jusqu'à 16 ans, car je crois que nous pouvons y parvenir, et même en temps de crise". 
 

Processus électoraux et représentation politique au féminin

Les femmes ne représentent en moyenne que 26% des parlementaires dans l’ensemble des assemblées législatives du monde

En tête du classement, un record et un exemple : le Rwanda avec 61% de femmes au Parlement. C’était une volonté politique, mais aussi une nécéssité liée à l’après génocide. L'égalité a été décrétée valeur fondamentale et elle est inscrite dans la constitution rwandaise depuis 2003, instaurant un quota de 30%, seuil largement dépassé depuis. En plus du Rwanda, trois pays ont des parlements à 50% féminin : Cuba, Mexique, et le Conseil national fédéral des Émirats arabes uni suite à un décret de 2018. Un tiers des 30 premiers pays du classement mondial sont des États sortant d'un conflit, dont l'Angola, l'Ouganda, le Burundi et le Nicaragua.

Dans l'espace francophone, aujourd’hui la France est classée 17e(39%), derrière le Sénégal 11e, premier pays francophone de ce classement, la Belgique est 23e, le Niger 122e, le Mali 171e. Enfin parmi les plus mauvais élèves : le Liban 183e et Haïti 186e.

Tous les pays qui ont avancé sur le domaine de la parité, ont mis en place des lois et des plans, d'ailleurs souvent adoptés en période de crise et de transition.
Nada Anid

"Au sein des organisations pour lesquelles je travaille, nous croyons beaucoup aux mesures coercitives. Tous les pays qui ont avancé sur le domaine de la parité, ont mis en place des lois et des plans, d'ailleurs souvent adoptés en période de crise et de transition", assure Nada Anid, "personne ne voit la relation entre les crises et le manque de femmes à ces postes".

"En Haïti, le quota de 30% n'a jamais été appliqué. Je crois qu'il y a eu seulement une femme sénatrice jusqu'ici", ajoute, sur un ton consterné, Vanessa Lamothe. 

Fatima Maïga, plus nuancée, estime que les lois de quotas ne règlent pas tout, "si on oublie que derrière ces lois de quotas, il faut un travail de fond de toute la société, on a une participation peu significative, on retrouve le côté négatif de ces quotas. Il doit y avoir un ruissellement sur les questions de sécurité, de violence, d'éducation".

De la "résilience", ou pas, des femmes ... 

"Selon moi, le terme de résilience n'est pas le plus valorisant pour résumer le rôle des femmes, estime Vanessa Lamothe, parce que ça donne l'impression que nous résistons bien malgré nous, alimentant le statut de victime. Le rôle des femmes émergent en temps de crise comme on l'a vu pour la Covid ou au Rwanda, où on a eu heureusement l'intelligence de capitaliser sur ce rôle, grâce à une volonté politique, ce qui a permis de l'asseoir dans le temps".  

#not_in_the_picture (pas sur la photo, ndlr), cette campagne vient d'être lancée à l'occasion du 8 mars sur les réseaux sociaux libanais à l'initiative de plusieurs associations féministes. "Le but est de recenser des photos de réunions, de discussions, de négociations, où les femmes n'apparaissent pas, avec leurs dates et à quelles occasions. On se donne trois mois pour dresser un constat. quand les gouvernements veulent bien se faire voir des pays donateurs, ils mettent en lumière des femmes, une fois que la conférence est terminée, brusquement on ne les voit plus, elles sont juste un produit d'appel alléchant !", explique Nada Anid, l'une des initiatrices de cette campagne. 

"Si on est un produit d'appel, ça veut dire qu'on n'a pas réussi à convaincre. Dans les mentalités, les femmes ne sont pas encore perçues en capacité de jouer ce rôle majeur, je me demande si ne n'est pas ça le plus grave !", relève Vanessa Lamothe. 

"Quand il y a un poste à pourvoir, un homme se dit c'est pour moi, et les femmes se demandent si elles sont compétentes", s'insurge Myriam Bacquelaine, "Je suis passée par là, mais heureusement je m'en suis détachée". "A mon niveau, je recens constamment un sentiment d'illégitimité, non pas parce que je le suis, je ne le suis pas du tout, je suis sortie première du concours, mais parce qu'il y a un contexte et parce qu'on nous pousse à nous sentir illégitime. (...) cela fait que beaucoup de femmes ne se présentent pas aux élections."
 

C'est encore un monde d'hommes, et d'hommes armés. C'est un lieu de distribution des pouvoirs. Ce sont des espaces très exclusifs, non seulement des femmes, des jeunes et des membres de la société civile.
Fatima Maïga

Pour ce qui est des négociations de paix, "c'est encore un monde d'hommes, et d'hommes armés. C'est un lieu de distribution des pouvoirs. Ce sont des espaces qui excluent non seulement les femmes, les jeunes et les membres de la société civile.", tient à préciser Fatima Maïga.

"Cela fait que l'on va arriver à des accords de paix, à la fin d'un processus fermé, codifiant l'exclusion, et on se retrouve dans la mise en oeuvre d'accords excluant dès le départ les femmes, les jeunes, la société civile", conclut la militante. Il faut éviter la "grosse arnaque" et " éviter d'avoir un statut d'observatrice, ce qu'on réserve habituellement aux femmes, il faut faire partie des pré-négociations et s'assurer de taper très fort", insiste-t-elle. "C'est absolument faisable, à condition de travailler avec les hommes, car ils sont la plupart du temps majoritaires au parlement. Les mécanismes que nous avons utilisés au Mali peuvent s'appliquer ailleurs !"