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Raffaella Petrini, première femme à la tête du gouvernorat du Vatican

Soeur Raffaella Petrinie lors d'un <a href="http://Raffaella Petrinie" rel="nofollow">entretien à AracneTV</a> en 2017.
Soeur Raffaella Petrinie lors d'un entretien à AracneTV en 2017.
capture d'écran AracneTV

C'est une première pour une femme : la soeur franciscaine Raffaella Petrini est nommée à la tête du gouvernorat du Vatican, un poste stratégique traditionnellement occupé par un évêque. Elle devient la femme la plus haut placée dans le plus petit État du monde. Avec cette nomination, le pape François poursuit sa volonté de parvenir à une plus grande égalité des sexes dans l’Église.

Devenue secrétaire générale du gouvernorat, la religieuse italienne Raffaella Petrini, économiste et sociologue, sera chargée de superviser les opérations administratives, notamment les musées du Vatican, la poste et la police. Selon le journal en ligne National Catholic Reporter, ce rôle est traditionnellement occupé par un évêque.

L'égalité des sexes en marche dans l'Eglise ?

Le pape François, 84 ans, a déclaré à plusieurs reprises qu'il souhaitait que les femmes jouent un rôle plus important dans l'Église catholique. 

Francesca Di Giovanni (capture d'écran)
Francesca Di Giovanni (capture d'écran)

En janvier 2020, il nommait une femme laïque, Francesca Di Giovanni, au poste de vice-ministre à la Secrétairerie d’État (gouvernement central), chargée du multilatéralisme. En janvier 2021, il modifiait la loi pour leur permettre de servir comme lectrices lors des liturgies, serveuses d'autel et distributrices de communion, sans dire cependant que ce changement pourrait un jour ouvrir la porte aux femmes prêtres.

En février 2021, il nommait une femme sous-secrétaire du synode des évêques, la première à occuper ce poste avec droit de vote dans un organe qui étudie les grandes questions de doctrine. La nomination de Natalie Becquart lui ouvrait le droit de voter lors d’un synode des évêques, le parlement de l’Eglise catholique, tout comme ses prédécesseurs masculins de par la nature de leur fonction.

Sœur Natalie Becquart, le 10 février 2021, à Rome, nommée sous-secrétaire au bureau du synode du Vatican. 
Sœur Natalie Becquart, le 10 février 2021, à Rome, nommée sous-secrétaire au bureau du synode du Vatican. 
©AP Photo/Alessandra Tarantino

Bientôt des femmes diacres ?

En 2016, le pape avait créé une commission chargée d'étudier l'histoire des femmes diacres au cours des premières années de l'Église catholique - les diacres sont ordonnés pour prononcer le sermon à la messe, célébrer baptêmes, mariages et funérailles. Cette démarche aurait pu ouvrir la voie à l'accession des femmes à ce rôle aujourd'hui, dans l'espoir des réformateurs, mais les conclusions de cette commission n'ont pas été jugées à la hauteur des attentes : en 2019, le pape déclarait que les membres de cette première commission d'étude avaient des opinions beaucoup trop divergentes pour trancher.

Une idée relancée en octobre 2019 par les évêques de neuf pays d'Amazonie, réunis au Vatican, pour pallier, entre autres, la pénurie de prêtres itinérants dans cette vaste région. Les croyants de la forêt réclamaient une Église locale qui intègre les spiritualités indigènes, proposaient d'ordonner des hommes mariés et d'inventer de nouveaux ministères pour les femmes. Une "hérésie" pour les conservateurs au Vatican.

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© TV5MONDE

Le pape François n'avait pas retenu les suggestions des évêques d'Amazonie, mais il a nommé une autre commission en avril 2020 pour examiner la question des femmes diacres. En mars 2021 s'est ouvert un processus de consultation de deux ans auprès des fidèles ordinaires visant à revitaliser l'Église catholique, mais les responsables du Vatican ont refusé de dire si les femmes auraient un droit de parole égal lorsque les propositions concrètes seront soumises au vote, en 2023.