Terriennes

Réforme des retraites en France : les femmes, les grandes gagnantes ou encore perdantes ?

Les femmes touchent aujourd'hui des pensions de retraite de 40% inférieures à celles des hommes. Des milliers de manifestant.e.s ont défilé partout en France, comme ici à Lille, le 11 décembre 2019, contre le projet de réforme du gouvernement. Sur la pancarte, on peut lire "Le Père Noël est en grève".
Les femmes touchent aujourd'hui des pensions de retraite de 40% inférieures à celles des hommes. Des milliers de manifestant.e.s ont défilé partout en France, comme ici à Lille, le 11 décembre 2019, contre le projet de réforme du gouvernement. Sur la pancarte, on peut lire "Le Père Noël est en grève".
©AP Photo/Michel Spingler
Les femmes touchent aujourd'hui des pensions de retraite de 40% inférieures à celles des hommes. Des milliers de manifestant.e.s ont défilé partout en France, comme ici à Lille, le 11 décembre 2019, contre le projet de réforme du gouvernement. Sur la pancarte, on peut lire "Le Père Noël est en grève".
Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé samedi 7 décembre partout en France à l'appel des syndicats. Ici, une femme tenant un drapeau CGT, syndicat qui réclame le retrait du projet de réforme du système des retraites du gouvernement. 

Et les femmes dans tout ça ? Lésées dans le système de retraite actuel, en raison des inégalités salariales ou de carrière, le seront-elles encore dans celui que défend le gouvernement français ? Selon lui, elles en sortiront gagnantes. Expert.e.s et syndicats sont loin d'en être convaincu.e.s. En couple, célibataires, avec ou sans enfant, veuves, les femmes se retrouvent au coeur de la bataille pour une retraite plus juste.

"Aujourd’hui, pour que ma mère ait une retraite à taux plein, pour qu’elle puisse vivre dignement, il faut qu’elle travaille jusqu’à 67 ans. Avec la réforme que l’on propose, elle partira à taux plein à 64 ans. On fait gagner trois ans de travail à ma mère, trois ans à se lever à 5 heures du matin à ramasser la merde en moins."

Cette phrase a été prononcée par Gérard Darmanin, ministre des Comptes, jeudi 5 décembre 2019, au soir de la première journée de mobilisation contre la réforme des retraites en France, lors d'une émission en direct sur une chaîne du service public,  France 2.

Si pour le quotidien Libération, il s'agit une fois de plus de la carte "mère" qu'utilise le ministre à chaque crise, cette référence maternelle soulève dans un sens plus général une question : et les femmes dans tout ça ?
Depuis le début du débat qui anime depuis plusieurs semaines les Français.e.s, le gouvernement l'assure : les futures règles seront bénéfiques aux femmes, et ce sont elles qui tireront le mieux leur épingle du jeu. C'est ce que voulait sans doute dire Gérald Darmanin en évoquant si "élégamment" le cas de sa maman, qui se trouvait d'ailleurs parmi le public invité de l'émission.
 
"Un système plus juste pour les femmes", déclare le Premier ministre Edouard Philippe, le mercredi 12 décembre lors de son intervention face aux Français.e.s.
 

"Les femmes seront les grandes gagnantes du système universel. Aujourd'hui, leurs pensions sont inférieures de moitié à celles des hommes. (...) Ce rattrapage des salaires, nous l'avons engagé.  (...) Le système universel permet d'y remédier, en compensant la maternité à 100% et en accordant des points supplémentaires dès le 1er enfant et non le 3e comme aujourd'hui". 

"Ce bonus de 5% sera accordé à la mère par défaut, sauf avis contraire du couple. 2 % supplémentaires seront accordés aux familles de trois enfants et plus. ​"

"Il s'agit d'un progrès majeur. 80 000 femmes sont contraintes d'attendre 67 ans pour liquider leur retraite car elles n'ont pas assez travaillé."

"Le principe des pensions de réversion sera préservé et même amélioré, garantissant 70% des ressources du couple."

Pour Marlène Schiappa, ce sont même les femmes qui seront "les principales bénéficiaires" de cette réforme. C'est en tout cas ce que la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les hommes et les femmes indique dans une lettre adressée à la présidente du Haut-Conseil à l'Égalité. Ce courrier était censé rassurer à la suite de la publication d'un rapport d'expert.e.s, fin novembre, qui a eu l'effet d'une bombe.

Dans ce rapport, l’Institut de la protection sociale (IPS) assure, chiffres à l’appui, que la réforme des retraites prévue par le gouvernement va fortement pénaliser la majorité des mères de famille. Exemple : une femme gagnant 15 000 euros par an et ayant validé 152 trimestres perdrait 750 euros par an sur sa pension après un enfant et jusqu’à 1633 euros après deux enfants. La perte serait encore plus lourde pour les femmes gagnant 40 000 euros par an. Voilà une analyse qui contredit donc l’un des principaux arguments du gouvernement qui répète à longueur de médias que ce projet est justement de créer un nouveau système de retraite "plus juste" envers les femmes.

Aucune femme avec une carrière pleine ne touchera désormais moins de 1000 euros par mois.
Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'égalité hommes-femmes

Marlène Schiappa s'appuie sur un fait : selon elle, "c'est le système actuel qui est l’un des plus défavorables d’Europe pour les femmes... L’écart entre les femmes et les hommes est d’environ 42%, tout simplement l’un des pires. Non seulement le système ne corrige pas les inégalités femmes hommes, mais il les aggrave", explique-t-elle.

Marlène Schiappa promet une amélioration des règles de calcul, avec "des points de solidarité attribués systématiquement pour les congés maternité", une "augmentation de la retraite de 5%" qui sera "attribuée par défaut à la mère dès le 1er enfant et pour chaque enfant". "Aucune femme avec une carrière pleine ne touchera désormais moins de 1000 euros par mois", affirme-t-elle.

L'Institut de la protection sociale (un think tank composé d'experts-comptables et de spécialistes de la protection sociale) dit tout le contraire. Selon les calculs de ces experts, les pensions des femmes pourraient chuter de 10% dans certains cas. Une femme séparée du père de son enfant, qui a cotisé pendant 152 trimestres sur la base d'une moyenne de 25 000 € de salaire annuel, touchera 12 497 € par an (1 041 € par mois) après la réforme, soit 1 250 € de moins (- 9 %) qu'aujourd'hui si elle veut partir à la retraite à 62 ans. 

Selon le rapport Delevoye (du nom du commissaire chargé du projet de réforme, ndlr), les femmes sont pourtant censées gagner au change dans le nouveau système. Plus nombreuses à être précaires, elles représentent 70 % de l'effectif des bénéficiaires du minimum de pension. Nombre d'entre elles (environ 20 %) sont aujourd'hui contraintes de partir à l'âge d'annulation de la décote, à 66 ans et demi. Demain, elles pourraient partir à l'âge du taux plein, autour de 64 ans, si cette préconisation du rapport Delevoye est finalement retenue.

Pour l'économiste Claire El Moudden, interrogée sur France Info, cette disposition servira les femmes, "car cela offre un peu plus de solidarité pour les moins favorisés du système. (...) Mais dans un régime à points pur, la retraite est le reflet parfait de la carrière de l'assuré. Il sera donc plus favorable aux hommes, dans la mesure où leur salaire est supérieur. D'où l'importance de la solidarité nationale pour compenser ces écarts". Reste à "voir si la déclaration d'intention d'un système plus juste est tenue. Pour l'instant, on est dans le flou", conclut-elle.

Les femmes au coeur des rassemblements contre la réforme des retraites organisés par les syndicats en France, comme ici à Marseille, le 10 décembre 2019.
Les femmes au coeur des rassemblements contre la réforme des retraites organisés par les syndicats en France, comme ici à Marseille, le 10 décembre 2019.
©AP Photo/Daniel Cole

Quid des pensions de reversion ?

La double peine pour les mères de famille une fois veuves ? Ces dernières auraient, elles aussi, beaucoup à perdre dans la réforme du fait des nouvelles modalités d'attribution des pensions de réversion (dont 89 % des bénéficiaires sont des femmes). "Avec le recul du droit à réversion de 55 ans à 62 ans, de nombreuses veuves risquent de se retrouver sans pension, explique le directeur de l'IPS, Bruno Chrétien, il s'agit d'un recul social important qui mérite d'être débattu." 

La simple évocation d'une potentielle disparition de ce dispositif fait bondir Philippe Pihet. Selon le négociateur du syndicat FO sur les retraites, interrogé par Les Echos : "Au rythme actuel, on parviendra à l'égalité salariale en 2132, autrement dit, les pensions ne seront égalitaires qu'à partir de 2175 ! "

Pour Pascale Coton, à la CFTC, cette réforme marquera un recul des droits féminins : "45 % des retraitées touchent un minimum de pension, contre 14 % des hommes, et ce minimum est inférieur au seuil de pauvreté : il ne faut donc pas réduire le niveau de solidarité actuel en faveur des femmes ". Les réversions ont un impact majeur, puisqu'elles permettent de diminuer de 15 points les écarts de pension : en 2015, les femmes touchent 25 % de moins que les hommes, alors qu'elles touchent 40 % de moins si elles n'ont droit qu'à leurs pensions directes. Les femmes pacsées ne peuvent en bénéficier. Le taux de réversion varie entre 50 et 60 %. "Il faut non seulement maintenir les pensions de réversion, mais en plus les aligner sur le mieux-disant", revendique Pascale Coton sur le site Les Echos.

Pour répondre à ces inquiétudes, le gouvernement a annoncé qu'il allait revoir son projet d'assurance-veuvage, afin que les femmes dont le mari décède alors qu'elles n'ont pas atteint l'âge de la retraite demeurent couvertes à l'avenir.

Quel impact aura la réforme sur la future retraite des infirmières ? Des internes de l'hôpital de La Timone sont en grève et manifestent dans les rues de Marseille contre la réforme des retraites, le 10 décembre 2019.
Quel impact aura la réforme sur la future retraite des infirmières ? Des internes de l'hôpital de La Timone sont en grève et manifestent dans les rues de Marseille contre la réforme des retraites, le 10 décembre 2019.
©AP Photo/Daniel Cole

Les 25 meilleures années, au panier ?

Le système actuel est basé sur la règle des 25 meilleures années. Ce sont elles qui servent à calculer la pension. Pour la fonction publique, où les salaires sont souvent plus bas et progressent faiblement, ce sont les six derniers mois qui servent de base au calcul. Dans le futur système à points, tous les salaires seront pris en compte, y compris les indemnités de congé maternité ou parental. "La seule solution pour que les femmes n'y perdent pas, c'est d'inscrire plus de solidarité dans le système, mais alors on montera bien au-dessus du niveau actuel de 20 % de solidarité ", précise Philippe Pihet.

Dans une tribune publiée dans Le Monde, un groupe de seize femmes – syndicalistes, féministes et économistes- donne l'alerte. "Un tel régime ne peut que faire baisser le niveau pour toutes les personnes aux carrières heurtées, d’abord des femmes. (...) Chaque période non travaillée, à temps partiel, en congé parental, au chômage, ou mal rémunérée, fournit peu ou pas de points : autant de manque à gagner pour la pension.". Un détail à préciser, qui n'en est pas un : les temps partiels sont occupés aux trois-quarts par des femmes.

Les majorations pour enfants restent indispensables pour atténuer les inégalités, mais elles ne doivent pas pérenniser l’assignation des femmes aux tâches parentales. L’évolution du système de retraites est inséparable de l’objectif d’égalité de genre.
Tribune publiée dans Le Monde, le 28 novembre 2019
©osezlefeminisme

Sur la majoration de pension de 5 % par enfant, attribuée au choix du couple à l’un ou l’autre, ou par moitié à chaque parent envisagée par le projet Delevoye, le collectif fait part de ses craintes : "On peine à croire que ce système serait plus avantageux pour les femmes. On peut au contraire craindre que les couples préfèrent attribuer la majoration aux pères du fait de leur pension plus forte. Que se passera-t-il pour les femmes en cas de séparation du couple ?"

Et d'ajouter que si les majorations pour enfants restent indispensables pour atténuer les inégalités,"elles ne doivent pas pérenniser l’assignation des femmes aux tâches parentales. L’évolution du système de retraites est inséparable de l’objectif d’égalité de genre."

Campagne d'Osez le féminisme, en juin 2013, contre des pistes de réforme de retraite, présentées par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, sous présidence Hollande.  
Campagne d'Osez le féminisme, en juin 2013, contre des pistes de réforme de retraite, présentées par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, sous présidence Hollande.  
©Osezlefeminisme

L'angle féministe, le grand oublié 

Le coeur du problème (ou la solution) se trouve selon le collectif signataire de cette tribune dans "l’égalité des taux d’activité : celui des femmes est actuellement de huit points inférieur. Les ressources des régimes en seraient fortement améliorées, tout comme les droits directs à pension des femmes". 

La question de la retraite est un enjeu féministe crucial et souvent peu abordé. Elle met en jeu non seulement la question des inégalités économiques de genre, mais aussi la question de l'autonomie financière des femmes.
Nos retraites (Médiapart, le 9 décembre 2019)

L'angle féministe grand oublié de cette réforme ? C'est ce que dit aussi cette autre autre tribune est publiée sur le site de Médiapart cette-fois. Pour ce collectif baptisé Nos Retraites, "La question de la retraite est un enjeu féministe crucial et souvent peu abordé. Elle met en effet en jeu non seulement la question des inégalités économiques de genre, mais aussi plus fondamentalement, la question de l'autonomie financière des femmes."

"Alors qu’elles ne gagnent déjà que 75 % du salaire des hommes en moyenne, leur pension de retraite ne représente qu'environ 60 % de celles des hommes. Les femmes sont aussi plus nombreuses à vivre sous le seuil de pauvreté. L’écart genré se creuse avec l’âge : après 75 ans, le taux de pauvreté des femmes est de 3,4 % contre 2,2 % des hommes"
, dit aussi cette tribune. 

"Remettre à plat le système des retraites aurait pourtant pu être l’occasion de corriger les inégalités de salaires entre les hommes et les femmes. Mais avec ces nouvelles règles, au contraire, ce sont les femmes qui vont être les grandes perdantes", estime Agathe, militante féministe et signataire de ce texte sur France 24.

"C’est non seulement le niveau de vie des femmes âgées qui est menacé, mais aussi, plus largement, leur liberté de vivre comme elles le souhaitent et leur protection face aux violences domestiques", écrit le collectif Nos Retraites.

Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé samedi 7 décembre partout en France à l'appel des syndicats. Ici, une femme tenant un drapeau CGT, syndicat qui réclame le retrait du projet de réforme du système des retraites du gouvernement. 
Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé samedi 7 décembre partout en France à l'appel des syndicats. Ici, une femme tenant un drapeau CGT, syndicat qui réclame le retrait du projet de réforme du système des retraites du gouvernement. 
©AP Photo/Bob Edme

Femme de ménage : une retraite à 1000 euros mensuel ?

Et la maman du ministre Gérard Darmanin dans tout ça ? Dans un communiqué, la FEETS-FO , qui regroupe les syndicats FO des salariés du ménage, a tenu à "rétablir quelques vérités pour le secteur du nettoyage. Pour un demi-million de salariés du nettoyage, dont 80% sont des femmes, le salaire moyen mensuel est de 600 euros""Comment oser dire qu’en dehors de toute solidarité, par le simple fait d’accumuler des points en ayant un salaire de 600 euros, il serait possible d’acquérir une retraite de 1000 euros ?", interroge le syndicat qui dénonce un "mensonge" voire une "arnaque".

Symboliquement, le syndicat a adressé un message à la mère du ministre, l'invitant à rejoindre le mouvement de grève. A cette heure, on ignore si elle a répondu à cette invitation. 
C'est quand qu'on arrête ? Une BD pour comprendre signée Emma
 
©Emma
La dessinatrice féministe que l'on connait bien à Terriennes pour ses engagements (contre le racisme, les violences policières, ou contrel "les princes pas si charmants", elle a surtout popularisé le concept de la "fameuse" charge mentale) a repris son crayon et ses feutres pour tenter d'y voir plus clair dans ce projet de réforme. 
► "Charge mentale des femmes" : les illusions perdues de la dessinatrice Emma sur les médias

 
©Emma
La militante s'explique : "Ces derniers jours, j’ai voulu savoir ce qui nous attendait avec la réforme des retraites. Conclusion : le rapport Delevoye, c’est le coup final porté à la solidarité intergénérationnelle. J’explique pourquoi, en images."
Pour elle, "cette réforme est un point de non retour, une fois passée, il n'y aura plus besoin de réformer les retraites, il suffira de jouer sur la valeur du point pour bloquer l'augmentation des retraites, face à l'inflation".  Pourtant le gouvernement dit que cette réforme va permettre d'augmenter les pensions ? Emma nous répond : "Ils mentent, d'ailleurs ils l'ont reconnu à demi-mot. Les simulations qui ont été faites sont basées sur des chiffres faux."

 
©Emma
Et pour les femmes ?  "C'est ça qui est vraiment 'courageux' de leur part, dans l'introduction du projet Delevoye, qui fait 130 pages, il est dit que l'ambition est de limiter les inégalités hommes-femmes. On voit quant on le lit que c'est tout à fait le contraire. Aujourd'hui les femmes ont une différence de retraite de 40%, cet écart est ramené à 26% grâce aux pensions de reversion, quand le conjoint décède. Autre point négatif de cette réforme, la fin  du calcul sur les 25 meilleures années, toute la carrière compte, c'est présenté comme quelque chose de positif. On se dit que les petits boulots, les temps partiels vont être ajoutés , mais en fait non, cela va faire baisser la moyenne, et donc faire baisser les pensions. Les femmes qui ont le plus de carrières interrompues seront bien plus impactées que les hommes".
 
©Emma
La BD d'Emma sur la réforme des retraites C'est quand qu'on arrête ? est accessible en accès libre sur internet. La dessinatrice nous confie avoir eu beaucoup de retours positifs de la part d'internautes qui ne comprenaient pas les lignes de ce projet et aussi des syndicats, qui se servent de cette BD comme outil pour mobiliser. 

"Ce que j'espère, c'est que le retrait soit retiré. Moi, je n'ai rien contre le fait qu'on uniformise les régimes, mais en alignant sur les meilleurs. Il suffit de faire des choix arbitrés. En fait ce mouvement de protestation, il n'est déjà plus seulement pour défendre les retraites, il est bien plus large, c'est un mouvement pour la dignité". 
Son blog : https://emmaclit.com/2019/09/23/cest-quand-quon-arrete/

Retrouvez nos autres articles dans Terriennes : 
► Écoféminisme : environnement et condition des femmes, même combat ?
► Gilets jaunes : les femmes rassemblées derrière la bannière "Amajaunes"
Pourquoi autant de femmes en gilets jaunes ?