Terriennes

Rosa Bonheur : de la gloire à l'oubli

L'artiste Rosa Bonheur, peinte par son amie la peintre américaine Anna Klumpke, est née le née le 16 mars 1822 à Bordeaux et morte le 25 mai 1899 à Thomery. Une vie consacrée à "élever la femme" au rang d'homme et à montrer l'âme des animaux à travers son art.
L'artiste Rosa Bonheur, peinte par son amie la peintre américaine Anna Klumpke, est née le née le 16 mars 1822 à Bordeaux et morte le 25 mai 1899 à Thomery. Une vie consacrée à "élever la femme" au rang d'homme et à montrer l'âme des animaux à travers son art.
©Château Rosa Bonheur

Qui était donc Rosa Bonheur ? Cette peintre du XIXe siècle a connu un succès et une renommée internationale, mais qui aujourd'hui peut citer l'une de ses oeuvres ? Pour remédier à cette injustice et à cette occultation, Terriennes vous invite en son château, lieu magique préservé par sa propriétaire, pour aller à la rencontre d'une artiste unique et pionnière sur bien des points.  

Le temps s'est comme figé. Un chapeau, une blouse en toile bleue au plastron brodé reposant sur le dos d'une chaise, des pinceaux, un chevalet, des carnets de croquis... Et sur les murs à la tapisserie patinée par les années, les cornes d'une gazelle, les bustes de chevaux, le corps empaillé d'un rapace, et au sol, devant l'âtre sans flammes, une peau de lionne. Des trophées ? Non, des souvenirs, ceux de ses animaux, symboles de l'amour qu'elle leur a porté. Car l'âme de Rosa Bonheur était animale, et c'est cette âme qui a animé toute sa vie d'artiste, celle d'une peintre animalière, pour féminiser ici la formule académique, la première reconnue par ses pairs.
 
L'atelier conservé à l'identique de Rosa Bonheur, un lieu "habité" encore aujourd'hui par l'âme de l'artiste.  
L'atelier conservé à l'identique de Rosa Bonheur, un lieu "habité" encore aujourd'hui par l'âme de l'artiste.  
©Château Rosa Bonheur
Quel que soit l'endroit où les yeux se posent, ce sont justement ces regards qui saisissent. Les animaux ont une âme, revendiquait-elle. Une pensée rare au XIXe siècle, bien loin de la conscience écologiste et des mouvements vegan d'aujourd'hui. Les yeux d'un lion, qui vécu dans le parc du château, ou même d'une vache ou encore d'un cheval vous fixent, comme sur le point de prendre vie et de sortir du cadre, et cet art, seuls quelques peintres (re)connus y sont parvenus.  
 
Mon père, cet apôtre enthousiaste de l'humanité, m'a bien des fois répété que la mission de la femme était de relever le genre humain, qu’elle était le Messie des siècles futurs. Je dois à ses doctrines la grande et fière ambition que j’ai conçue pour le sexe auquel je me fais gloire d’appartenir et dont je soutiendrai l'indépendance jusqu’à mon dernier jour.
Rosa Bonheur
Rosa Bonheur est née fille d'artiste, un univers familial qui a joué son rôle sans nul doute. Elle a tout juste sept ans qu'elle signe déjà des portraits de membres de sa famille d'une précision surprenante, signe d'un talent particulièrement précoce. Celui d'observer autrui et d'en retransmettre la vie à coups de crayon. Elle commence aussi par dessiner les animaux qui l'entourent, pour ne plus faire que cela, un choix déterminant pour la carrière hors des normes attendues pour une femme, peintre de surcroît. Elle décide de délaisser les paysages et les portraits qui font le succès de bien des peintres de son époque pour se consacrer uniquement aux animaux. Rosa Bonheur sera la première femme à "oser" peindre des chevaux, considérés jusque-là comme un privilège, voire un talent, exclusivement masculin. Une gageure selon certains ! Justement, tout au long de sa vie, cette petite femme qui ne mesure pas plus d'un mètre cinquante va se battre pour "élever la femme" et montrer que "le génie n’a pas de sexe ".
 
Le château Rosa Bonheur à Thomery, en Seine-et-Marne, près de Fontainebleau, (France).
Le château Rosa Bonheur à Thomery, en Seine-et-Marne, près de Fontainebleau, (France).
©FV

Un lieu préservé

Nous voici donc dans l'antre de cette "grande" artiste, si injustement méconnue. Un oubli à double tranchant, et qui aura finalement peut-être permis de préserver ces lieux qui ont échappé aux pillages. Jamais officiellement répertoriée ni cotée - sauf de son vivant - donc pas d'attrait pour les voleurs... L'endroit est à l'orée de la forêt de Fontainebleau, calme, comme retranché. On y rencontre Rosa Bonheur, on y respire Rosa Bonheur. Son atelier gardé intact ressemble à un cabinet de curiosités. Des dessins, des ébauches, ses objets du quotidien, de travail, on se sent comme accompagné, tout au long de la visite. Et puis, il y a les greniers (non ouverts au public, ndlr)... Instant privilégié, ponctué d'embruns de poussière chaude mêlés aux vieux papiers, des centaines, sans doute bien plus encore, de cahiers, de chemises cartonnées s'amoncellent sous la charpente, comme une invitation à en savoir plus sur une oeuvre monumentale. Un travail d'archivage qui s'annonce titanesque, de quoi donner le tournis. 
 
Katherine Brault, propriétaire du château Rosa Bonheur, à l'entrée de l'atelier de l'artiste, une incroyable "attachée de presse" travaillant à la réhabilitation de cette artiste majeure du XIXe siècle, mise de côté par les historiens de l'art. 
Katherine Brault, propriétaire du château Rosa Bonheur, à l'entrée de l'atelier de l'artiste, une incroyable "attachée de presse" travaillant à la réhabilitation de cette artiste majeure du XIXe siècle, mise de côté par les historiens de l'art. 
©IM
La maitresse des lieux s'appelle Katherine Brault. Son histoire a croisé celle de Rosa Bonheur plus d'une fois. Petite fille, elle se souvient d'une visite scolaire plutôt ennuyeuse dans un château sans vie. Bien des années plus tard, l'endroit s'invite à nouveau, comme un clin d'oeil du destin. Il est à vendre. Seule, elle démarche les banques pour trouver des crédits. "Ou est votre mari ?", lui demande un banquier. Elle rit à ce souvenir. "Et bien, regardez autour de moi, il n'y a personne d'autre que moi", répond-elle alors. Pas si facile encore aujourd'hui d'être femme entrepreneuse. A force de démarches, elle réussit ce pari fou, redonner vie à cette artiste qui avait "acheté ce château grâce à la vente d'une seule toile aux Etats-Unis ! Vous vous rendez compte ?" En 1859, uniquement grâce au fruit de son travail, Rosa Bonheur s'offre, donc, seule, un exploit en tant que femme, le château de By. Elle y passera les quarante dernières années de sa vie. 

 
Buffalo Bill sur son fier destrier blanc, portrait réalisé par celle qui était devenue son amie, Rosa Bonheur. 
Buffalo Bill sur son fier destrier blanc, portrait réalisé par celle qui était devenue son amie, Rosa Bonheur. 
©wikipedia
"Rosa Bonheur est la peintre la plus célèbre et la plus vendue de son siècle, tant en France qu’en Angleterre et aux Etats-Unis. Sa carrière internationale est éblouissante : vivant de son art dès l’âge de 14 ans, elle est la première femme artiste à recevoir la Légion d’honneur de la main de l’impératrice Eugénie", s'enflamme Katherine Brault. Parmi ses autres faits d'armes, outre ses nombreuses amitiés avec les artistes du moment, l'une paraît inattendue, celle qui va la lier avec un certain... Buffalo Bill. Quand Rosa apprend que le cowboy le plus célèbre des Etats-Unis débarque en France avec son spectacle, le Wild West Show, elle y voit l'occasion unique de dessiner des bisons, des chevaux et même des Indiens. Bill, lui, connait bien le travail de la peintre française, connue et reconnue outre-Atlantique. De leur attachement commun à la nature sauvage naîtra un réel lien amical. Aujourd'hui encore trône dans une vitrine un costume ayant appartenu au héros du Far West, offert en échange de son portrait. 
 
A gauche, "Lion (The look out)", Rosa Bonheur, 1900 ; à droite l'affiche du <em>Roi Lion</em> de Walt Disney, 2019. 
A gauche, "Lion (The look out)", Rosa Bonheur, 1900 ; à droite l'affiche du Roi Lion de Walt Disney, 2019. 
©pinterest/Walt Disney
A y regarder de près, et vu son succès au pays de l'oncle Sam, impossible de ne pas imaginer que son oeuvre n'ait pas imprégné la mémoire collective de nos cousins américains, jusqu'à, qui sait, inspirer les créateurs d'un certain Roi lion... C'est en tout cas la thèse que défend Katherine Brault, certainement la meilleure attachée de presse qu'aura jamais Rosa. 

Terriennes : Rosa Bonheur a connu la pauvreté comme la richesse, le succès comme l'oubli. Rosa Bonheur, la bien-nommée ? 
Katherine Brault
Katherine Brault
©FV
Katherine Brault : Sa vie est une sorte de roman ! Elle naît presque dans un château, puis elle tombe dans la misère à la Zola, puis petit à petit, elle remonte la pente. Elle devient l'une des plus jeunes femmes à exposer dans les salons parisiens, puis elle deviendra l'une des artistes les plus vendues au monde ; à 37 ans, elle est au sommet de sa gloire. Elle va juste changer son prénom : de Marie-Rosalie, elle devient Rosa pour rendre hommage à sa mère, partie très jeune, c'était le petit nom qu'elle lui donnait. Elle veut montrer qu'une femme peut voir son nom inscrit au même niveau que celui d'un homme. Et elle va y arriver ! 

Rosa a des dispositions très précoces pour le dessin !
Oui, c'est assez étonnant. On a retrouvé des dessins qu'elle a réalisé à 7 ans, ses "pépé et mémé", elle a dessiné ses grands-parents avec beaucoup de maîtrise et d'amour. Les premiers dessins qu'on retrouve sont des portraits, des personnages ; après, elle se consacrera exclusivement à l'art animalier. On a beaucoup dit d'elle qu'elle ne savait pas dessiner les humains et que c'est pour cette raison qu'elle avait choisi de peindre des animaux. Or de nombreuses esquisses de son enfance sont des portraits d'homme et de femme, et prouvent le contraire. Elle a un don, comme elle le reconnait elle-même, mais c'est un don qu'elle a travaillé durement, jusqu'à la fin de sa vie. Elle va avoir à coeur de prouver que l'animal et l'homme sont sur un même pied d'égalité, que les animaux ont une âme et que leur regard en est la porte.
 
<em>Labourage nivernais</em>, dit aussi <em>Le sombrage</em>, peinture à l'huile sur toile réalisée en 1849 par Rosa Bonheur.
Labourage nivernais, dit aussi Le sombrage, peinture à l'huile sur toile réalisée en 1849 par Rosa Bonheur.
©Chateau Rosa Bonheur
Rares sont les femmes peintres animalières - d'ailleurs, la formule est utilisée au masculin, même si nous la féminisons ici volontairement...
Au début, elle est très sage. Elle va dessiner des petits formats, très mignons, des moutons, des lapins. Quand elle voit que ça marche, elle va se mettre à peindre des animaux qui ne sont pas vraiment peints par les femmes, comme les veaux, les vaches, les taureaux. Là, on commence à se demander ce qu'elle veut dire. Quand elle s'attaque aux chevaux - jamais une femme n'a peint de chevaux - on lui dit qu'elle ne saura jamais le faire et d'ailleurs que ça ne se fait pas ! Elle prend ça comme une sorte de provocation, et du coup, elle va peindre des chevaux sur une toile cinq mètres de long ; elle va réaliser cette oeuvre qui va devenir si célèbre de son vivant Le marché aux chevaux, et elle a eu tellement raison ! On ne pouvait pas imaginer qu'une femme puisse signer une oeuvre pareille, même encore aujourd'hui ! On va dire qu'elle peint comme un homme, un "compliment" qui la faisait sourire ! Elle qui mesure un mètre cinquante s'attaque à des tableaux aux dimensions monumentales de plus de 5 mètres de long. 

Quels sont les moments charnières de sa vie ? 
Je dirais tout d'abord la mort de sa mère, lorsqu'elle a onze ans, puis lorsqu'elle expose pour la première fois à 14 ans. Puis au faîte de sa gloire en 1853. 

On a du mal à mesurer aujourd'hui quelle fut la gloire de Rosa Bonheur !
Parce qu'on l'a oubliée, mise de côté ! C'est assez étonnant de voir à quel point cette femme a été la plus vendue au monde, à un moment, et on oublie d'en parler. Les Français oublient qu'ils ont eu une égérie à un niveau international. Aux Etats-Unis, sur des affiches célébrant les trois plus grandes personnalités du siècle selon les Américains, on place Napoléon, Buffalo Bill et au milieu... Rosa Bonheur ! C'est cette gloire-là qu'on a effacée en France. 

Comment l'expliquer ? 
Cela fait des années que je tente de trouver une raison qui ne soit pas gênante. (soupirs) Et la seule que j'ai trouvée, c'est la misogynie. Evidemment, certains vont dire que l'art animalier était un art mineur en France. Certes. Or la peinture religieuse, elle aussi en quelque sorte devenue un art mineur, est pourtant enseignée en histoire de l'art, et c'est normal. Mais quand on parle d'art animalier au XIXe siècle, on ne prononce pas le nom de Rosa Bonheur. Il y a un vrai problème, et il est où le problème ? Malheureusement, je crois que c'est juste de la misogynie stupide de la part des historiens de l'art, gênés par la réussite d'une femme qui y arrive seule, avec son talent. Elle n'est pas poussée par un père ultra-connu, elle n'est pas la muse d'un artiste, elle n'est pas dans les couloirs du pouvoir. Elle est seulement talentueuse et travailleuse. Elle sait ce qu'elle veut et elle va aller jusqu'au bout, et cela à une époque où les femmes n'ont pas vraiment voix au chapitre, c'est un peu gênant. 

Plus qu'une femme libre, c'était une femme indépendante ! Quelle est la différence ? 
Quand on parle de femme libre, on pense que ses moeurs étaient libres. On imagine quelqu'un à la vie personnelle sans limite. Rosa Bonheur est élevée par un père saint-simonien, d'une manière très rigide, avec des règles. Elle va rester fidèle à ces règles jusqu'à la fin de sa vie. Souvent, d'une manière très restrictive, on la présente comme "la peintre homosexuelle qui peignait des vaches". Sur sa sexualité, on ne sait rien, en fait. Je pense qu'elle était surtout très fière d'avoir eu une vie digne, telle qu'elle la voulait. "Je suis restée pure, je peux retrouver ma mère", dit-elle juste avant de mourir. Elle a fait ce qu'elle a voulu pour sa carrière, elle ne s'est pas mariée comme on aurait voulu qu'elle le fasse ; on a d'ailleurs cherché à la forcer. Non, elle a mené la vie pour laquelle elle pensait être faite, c'est-à-dire élever la femme. Et pour ça, elle a dû renoncer à une vie personnelle plus facile. Elle veut montrer qu'une femme peut avoir la même réussite qu'un homme, et pour y parvenir, il lui est impossible, selon elle, de se disperser. Donc pas de mari, pas d'enfants, car Rosa pense qu'elle a une mission, elle en est persuadée. 
 
Les lions de Rosa Bonheur, par Rosa Bonheur. 
Les lions de Rosa Bonheur, par Rosa Bonheur. 
©Château Rosa Bonheur
Les animaux l'ont entourée toute sa vie !
Il y en avait partout, ici ! Il y en a eu même jusqu'à 200 ! D'ailleurs, quand on se promène dans le parc, on voit encore leur présence, soit sur des arbres sur lesquels les animaux se sont frottés et qui ont grandi avec ces traces, soit par la présence de grands abreuvoirs qu'elle avait fait construire. Autant d'animaux en liberté dans un parc, ça paraît assez difficile à imaginer, et quels animaux ! Des vaches, des moutons, des lapins, ce qui est plutôt classique, mais aussi des chamois, des loups, et puis bien sûr ces fameux lions qui lui ont été offerts. Elle va passer beaucoup de temps avec eux, elle va les éduquer, un peu comme ses chiens. Ils se baladent dans le salon, dans la salle à manger, ils n'ont pas le droit de monter à l'étage dans l'atelier. La seule fois où la lionne va braver l'interdiction, c'est le jour où elle va venir mourir à ses pieds. Rosa disait "les animaux ont tout compris des hommes, les hommes n'ont rien compris aux animaux", une parole qui résonne encore aujourd'hui ! 

Aujourd'hui, le mouvement féministe voudrait en faire une icône. Est-ce justifié ?
Féministe, elle l'était, si l'on considère que le féminisme, c'est dire que les hommes et les femmes sont égaux. Elle n'était pas féministe dans le sens vindicatif, ce n'était pas une révolutionnaire, elle faisait avec ce qu'elle avait. Pour elle, il fallait démontrer qu'une femme pouvait être au même niveau qu'un homme dans l'art. Quand elle va demander l'autorisation de porter un pantalon, c'est pour pouvoir aller aux foires aux bestiaux interdites aux femmes, ou encore dans les abattoirs. Elle va démontrer simplement qu'elle en a besoin, et elle l'obtient ! Quand elle achète le chateau de By, grâce à la vente d'une toile, elle l'achète à son nom. C'est sans doute la première femme à pouvoir s'acheter un bien immobilier de cette importance à son nom de femme. 

Que reste-t-il à découvrir encore sur elle ? 
Malheureusement, Rosa n'a pas fait l'objet de beaucoup d'études, sauf quelques-unes aux Etats-Unis. Ces études ne tournaient pas vraiment autour de son oeuvre, mais de sa personne. C'était un personnage tellement extraordinaire qu'elle va être récupérée par beaucoup à travers des combats qui n'étaient pas forcément les siens. Pour l'instant, il n'existe toujours pas de catalogue raisonné aux Beaux-Arts. Aucun.e historien.ne n'est venu ici fouiller dans les greniers qui sont pourtant restés intacts. On y découvre tous les jours des documents, des écrits, des lettres, des croquis, des esquisses ! Il y a beaucoup de recherches encore à accomplir pour dresser d'elle un portrait plus complet. On ne connait pas Rosa Bonheur photographe, et pourtant elle a fait des milliers de clichés. Rosa Bonheur créatrice de bande-dessinée, ou encore musicienne. On a encore tellement de choses à découvrir d'elle. Il est déjà difficile de quantifier son oeuvre globale. Entre ses dessins, ses pastels, etc... On peut estimer à 15 000, peut-être, le nombre de ses créations, peut-être plus ! Beaucoup de ses oeuvres sont dispersées dans divers musées du monde. 80% de la collection se trouve aux Etats-Unis, car beaucoup de collectionneurs américains ont acheté ses peintures. 
 
Le chateau Rosa Bonheur est à visiter dans le cadre des journées du matrimoine, mais aussi toute l'année !