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Sommet de la Francophonie à Erevan : Michaëlle Jean, 4 ans à la tête de l'OIF

Michaelle Jean lors de la 2e Conférence internationale des jeunes francophones, devant le Palais des Nations à Genève, le 17 septembre 2018 à Genève.
Michaelle Jean lors de la 2e Conférence internationale des jeunes francophones, devant le Palais des Nations à Genève, le 17 septembre 2018 à Genève.
©Antoine Tardy Photography/OIF
Michaelle Jean lors de la 2e Conférence internationale des jeunes francophones, devant le Palais des Nations à Genève, le 17 septembre 2018 à Genève.
A droite Louise Mushikiwabo, la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, et à gauche Michaëlle Jean, secrétaire générale de l'OIF, toutes deux candidates à Erevan au XVIIème sommet de la Francophonie. L'actuelle occupante du poste a pourtant été lâchée par ses plus fidèles soutiens, le Canada et le Québec... 

Une femme à la tête de l'Organisation internationale de la Francophonie, un événement en soi qui fut largement salué il y a quatre ans. Aujourd'hui, Michaëlle Jean brigue un second mandat, mais vient de perdre son dernier soutien, le bloc québéco-canadien. Face à elle Louise Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères du Rwanda, largement soutenue par la France et l'Afrique. Au terme du sommet des 11 et 12 octobre 2018, l'OIF sera donc toujours dirigée par une femme.

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Que reste-t-il de l'enthousiasme d'alors de Michaëlle Jean, son statut de femme a-t-il fait la différence ? Ebauche de bilan sous forme de revue de presse, alors que face à elle, une autre femme, Louise Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères du Rwanda, soutenue par la France, postule à la tête de l'OIF.

Le pari de Michaëlle Jean, première femme à la tête de l'OIF

Comme un jour de succession papale place St Pierre, tous les fidèles de la planète Francophonie (ou presque ?) attendent la fumée blanche. Qui sera le ou plutôt la, nouvelle ou pas, secrétaire générale de l'OIF qui sera choisie lors du XVIIème sommet de l'Organisation qui se tient les 11 et 12 septembre 2018 à Erevan, capitale arménienne, une des dernières petites chapelles francophones du Caucase ? Un suspense plutôt inhabituel tant ce rendez-vous se plie ordinairement à un scénario parfaitement huilé, pour ne pas dire parfois ennuyeux.

Sommet de la Francophonie de Dakar, 2014 : sous l'impulsion du président français François Hollande, entre autres, Michaëlle Jean est choisie pour diriger l'instance prestigieuse, qui rassemble 84 pays à travers les cinq continents, (et opératrice de TV5monde, faut-il le préciser).

Elle a alors 55 ans. Cette Canadienne, qui a fui Haïti, où elle est née, avec ses parents à l'âge de onze ans sous la menace des Tontons Macoute, n'en est pas à son premier perçage de plafond de verre. Première journaliste noire à présenter le journal à heure de grande écoute à la télévision canadienne, elle est la troisième femme à avoir été nommée Gouverneure du Canada, mais la première afro-américaine. Elle devient en 2014, la première à prendre la direction de l'OIF. Nommée secrétaire générale, il a fallu, comme pour gouverneure, ajouter un "e" à "général".

Une femme à la tête de la Francophonie, cela devait changer bien des choses ... Les attentes sont fortes, sans doute trop comme souvent quand une femme prend un haut poste. Aujourd'hui, à l'issue d'un premier mandat, et alors qu'elle en brigue un second, l'heure est au bilan. 

La "petite reine" ?

Dans la presse francophone, les articles se suivent sans toujours se ressembler. Les journalistes québécois, de la presse populaire ou plus sérieuse, se montrent les plus acides au moment des révélations faites autour des coûts de travaux effectués dans son appartement parisien de fonction.
 

C’est davantage l’attitude quasi monarchique de la « petite reine » qui n’écoute personne qui est en cause.
Denis Lessard, La Presse

"Les carottes sont cuites pour Michaelle Jean" lit-on dans La Presse, sous la plume de Denis Lessard. Pour le journaliste, le choix "de Michaëlle Jean au sommet de Dakar, en 2014, n’avait pas soulevé l’enthousiasme. Dans l’immense salle de la plénière, à la conférence de presse de clôture, les délégués et journalistes africains dans les gradins maugréaient ouvertement devant le choix de la Canadienne, résultat, à leur avis, du manque de fermeté du président François Hollande." Selon lui, "ce ne sont pas les 500 000 $ pour les rénovations d'un appartement de fonction à Paris ni le piano à 20 000 $ qui ont causé le plus de tort. La décision de consacrer 1 million au financement de l’aventure de la frégate Hermione-Lafayette a fait davantage grincer les dents." Et de poursuivre : "C’est davantage l’attitude quasi monarchique de la « petite reine » qui n’écoute personne qui est en cause".

"Il faut dire que les Africains étaient arrivés dans le désordre à Dakar, incapables de se rassembler autour d’une candidature unique", ajoute l'éditorialiste du quotidien québécois.

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©SophieRoussi/BenoitTricot

Pas assez africaine ?

L'Afrique, à elle seule pèse lourd sur la scène francophone, sur les 84 pays de l'OIF, 29 sont africains. Opinion publique, dirigeants, décideurs et presse du continent, chacun.e l'attendait au tournant. Son parcours à la tête de l'OIF divise et laisse parfois un gout de trop peu. "Le problème de Michaëlle Jean, c’est que certaines portes lui restent fermées et que les chefs d’État africains ne se bousculent pas avenue Bosquet, au siège de l’organisation, comme c’était le cas du temps d’Abdou Diouf", lit-on sur Jeuneafrique.com, citant un cadre de l'OIF, resté anonyme. Le journaliste évoque même une sorte de "pêché originel" : "Canadienne d’origine haïtienne, elle a été imposée à la tête de l’OIF lors du sommet de Dakar par François Hollande. Elle ne serait donc pas légitime." Selon lui, "Bien qu’elle ait fait campagne sur le thème « l’africanité globale » et qu’elle y ait multiplié les déplacements, Michaëlle Jean connaît mal le continent". D'autres lui reprochent au contraire de n'être pas allée assez souvent au contact des Africain.e.s.

Ce qu'ils voulaient, c'était aussi qu'il y ait la possibilité qu'il y ait une femme à ce poste là !
Michaëlle Jean, dans Internationales sur TV5monde

Pas assez légitime ? Dans l'émission Internationales sur Tv5monde de janvier 2018, elle répond à cette attaque, récurrente depuis le début de son mandat : "Quand j'ai été élue en 2014, l'Afrique n'a rien perdu ! Je ne serai pas à la tête de la francophonie sans la volonté de pays africains. Certains ont pu dire qu'il y aurait une règle non écrite qui dirait qu'il faut que ce soit un Africain à la tête de la francophonie, beaucoup de dirigeants africains ont été choqués que l'on dise cela ! Ce qu'ils voulaient, c'était aussi qu'il y ait la possibilité qu'il y ait une femme à ce poste là !"

Michaëlle Jean dans l'émission Internationales sur Tv5 monde, le 18 janvier 2018
 

C’est une brave fille, dit l’un de ses détracteurs avec une bonne dose de machisme.
Jeuneafrique.com

Pas assez africaine pour certains, un peu trop femme pour d'autres ... "C’est une brave fille, dit l’un de ses détracteurs avec une bonne dose de machisme. Une femme de combat, rétorque l’un de ses admirateurs, des étoiles dans les yeux… Depuis qu’elle a été nommée secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), fin 2014, Michaëlle Jean ne laisse personne indifférent. Des médisants, il n’en manque pas", peut-on lire encore sur Jeuneafrique.com dans un autre article publié peu après son arrivée à l'OIF.

Des bons points

Contrecarrant les médisants, le même article attribue pourtant quelques bonnes notes au tableau de Michaëlle Jean. Parmi elles, la mise en place d'un site internet baptisé  libresensemble.com destiné à lutter contre la radicalisation, sur lequel les jeunes francophones peuvent poster une vidéo ou suivre des ateliers d'information ou de formation. "Or en mai dernier, (novembre 2016) lors d’un débat au Conseil de sécurité sur la lutte contre les idéologies du terrorisme, l’un de ses adjoints, le Canadien d’origine camerounaise Georges Nakseu-Nguefang, a présenté avec brio la nouvelle initiative libresensemble.com (...) Deux millions d’internautes ont déjà posté un message. Avec ce site, Michaëlle Jean marque des points".
 

C'est un bilan qui est jugé globalement positif, notamment s’agissant des questions de l’égalité femmes-hommes.
Radio France Internationale

Le site de Radio France Internationale, rapporte les témoignages de plusieurs proches collaborateurs qui dressent un bilan plus positif. Selon eux, les critiques des médias sont "partisanes" et cherchent à viser à travers elle le fédéralisme canadien, mais "C'est un bilan qui est jugé globalement positif, notamment s’agissant des questions de l’égalité femmes-hommes, l’éducation et l’entrepreneuriat chez les jeunes". Certains lui décernent même une mention très bien en matière de défense de la langue française lors de ses passages aux tribunes de l’ONU, de l’Unesco et de l’OCDE. "De l’aveu des diplomates qui siègent dans ces enceintes, une des principales victoires de la secrétaire générale de l’OIF a été d’avoir imposé le français dans ces tribunes où l’unilinguisme anglophone était devenu la règle". "En conformité avec la tradition de l’OIF, langue et valeur ont été les deux grands axes de l’action de Mme Jean", confie son porte-parole Bertin Leblanc cité sur RFI.

 

Nous allons arriver à Erevan avec une stratégie, la plus solide que la francophonie ait connue, sur l'égalité entre les femmes et les hommes.
Michaëlle Jean

Entrée en campagne depuis des mois, la cheffe de la Francophonie multiplie les entretiens à la presse, et défend son parcours bec et ongles, comme lors d'un entretien avec la journaliste Alexandra Szacka d'Ici Radio canada. Concernant ses dépenses personnelles, elle précise une nouvelle fois que le-dit appartement parisien avait besoin d'un rafraîchissement car inhabitable en l'état, puis recentre très vite la discussion vers un discours bien rodé : "Nous allons arriver à Erevan avec une stratégie, la plus solide que la francophonie ait connue, sur l'égalité entre les femmes et les hommes, l'autonomisation des femmes et des filles".

"Cette Francophonie, ne serait-elle pas devenue trop marginalisée, comme le dénoncent vos détracteurs", rétorque alors notre consoeur. "Voilà une appréciation qui est totalement en dehors de la réalité ! La Francophonie est désormais appelée au Conseil de sécurité pour témoigner de l'état du monde, j'ai eu moi-même à porter un plaidoyer ", insiste l'interrogée .

Michaëlle Jean à Erevan, le 13 septembre 2018, à l'occasion de la XIème conférence des OING (Organisations internationales non gouvernementales).
Michaëlle Jean à Erevan, le 13 septembre 2018, à l'occasion de la XIème conférence des OING (Organisations internationales non gouvernementales).
©capturedecran/twitter

Incarner les valeurs de la Francophonie

La Francophonie reconnue et considérée comme véritable entité sur la scène internationale, voilà une des réussites que la secrétaire générale a tenu à mettre à avant dans une lettre ouverte publiée dans les médias canadiens au printemps 2018 : "L'OIF est désormais fréquemment appelée à intervenir au sein de forums internationaux, là où des décisions cruciales et des plus urgentes se prennent, y compris au Conseil de sécurité de l’ONU". Une réussite ? Pas vraiment selon cet article au titre évocateur "Le bilan calamiteux de Michaelle Jean" du site Mondafrique : " Depuis sa prise de fonction, l’OIF a complètement disparu des radars. Cette organisation tentaculaire, qui se voulait politique, est absente des grands débats mondiaux et évidemment de toutes les crises secouant le monde francophone, notamment au Sahel, en RDC et en Centrafrique. Ses visites de terrain sont sans lendemains, mais sont fort couteuses pour l’OIF".

La France, tout comme l'UA, a déjà porté son choix sur l'autre candidate, Louise Mushikiwabo (Lire notre article ici). Un choix dénoncé par plusieurs anciens ministres de la francophonie français, qui l'ont publiquement fait savoir lors d'une tribune publiée dans Le Monde, le 9 août 2018. Charles Josselin, Pierre-André Wiltzer, Hélène Conway-Mouret et André Vallini y expliquent clairement pourquoi le choix de la ministre rwandaise des affaires étrangères, proche de Paul Kagame, président du Rwanda, "porte atteinte à l’image même de notre pays", sans pour autant dire si leur préférence penchait pour une reconduction de Michaelle Jean à ce poste.

Jusqu'à la veille de l'ouverture officielle du sommet à Erevan, le principal atout restant dans la manche de Michaëlle Jean semblait provenir d'une unique région : celle où Michaëlle Jean a réalisé ses premiers faits d'armes, le bloc québéco-canadien. Sur le plateau de Tv5monde, Marie-Claude Bibeau, ministre du Développement international et de la Francophonie à Ottawa ne s'en cachait pas, il y a encore quelques mois : "L’Union africaine est le lieu où l’on peut convenir d’une candidature africaine, mais est-ce que ça veut dire qu’ils seront solidaires envers la candidate africaine. Ou, au contraire, pencheront-ils pour Michaëlle Jean, qui a déjà bien réalisé son mandat et qui incarne bien les valeurs de la Francophonie. Entre autres, la promotion de la langue française, mais aussi les valeurs de la défense de la personne et de l’égalité entre hommes et femmes". On racontait même que le Premier ministre canadien Justin Trudeau avait même pris son stylo pour faire part de son soutien dans une lettre au président malgache, président en exercice du Sommet de la Francophonie.

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©TV5monde

Oui mais voilà, le calendrier électoral québécois est venu redistribuer les cartes. Et cela risque de ne pas vraiment arranger les affaires de la secrétaire générale Jean. Il y a quelques mois, celui qui était encore Premier ministre, Philippe Couillard avait sérieusement tiré l'oreille de la direction de l'OIF en dénonçant dans Le Devoir, les "soucis sur la gouvernance, sur l’administration", mais il se montrait néammoins fidèle : "Mme Jean m’a assuré, nous a assurés qu’elle prenait ces enjeux à bras-le-corps, littéralement, pour amener les corrections nécessaires. Mais le Québec, comme État membre de l’OIF, va soutenir la candidature et le renouvellement du mandat de Mme Jean." Sur le site d'information haïtien Loophaïti, on lit encore : "Philippe Couillard a rappelé que la France, le Canada et le Québec sont trois joueurs incontournables de la Francophonie. Il appelle, donc, à la fin de la récréation".

Mais depuis le vote du 1er octobre, Mr Couillard n'est plus chef du gouvernement, en raison de l'échec cuisant de son parti, le Parti libéral du Québec. Son successeur aux fonctions de Premier ministre du Québec, François Legault, dont le parti Coalition Avenir Québec (CAQ) a remporté les élections législatives, semble lui sur une toute autre ligne concernant la direction de l'OIF. Peu de temps avant les élections, il réitérait son refus de soutenir la Québécoise Michaëlle Jean, notamment en raison des problèmes de gouvernance qui entachent son bilan.

"Plusieurs pays souhaitent que Michaëlle Jean retire d'elle-même sa candidature à sa réélection comme secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), parce qu'ils craignent un malaise au sommet d'Erevan en Arménie", lit-on dans un article publié une semaine avant le sommet sur le site de Radio-Canada,  "on peut s'attendre à ce que le Canada se rallie rapidement  si un consensus se dessine en faveur de la candidate rwandaise, afin de ménager les relations diplomatiques entre Ottawa et Paris, de même qu’avec l'Afrique."

Le Canada lâche Michaëlle Jean

Voilà donc un pressentiment qui s'est confirmé mardi 9 octobre, le Canada a officiellement retiré son appui à Michaëlle Jean. Comme on le lit ici dans la nuit d'Erevan sur le site de RFI, "Le Canada et le Québec ont annoncé, ce mardi 9 octobre 2018, qu'ils retiraient leur soutien à la candidature de Michaëlle Jean pour le poste de secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF)."
Jusqu'à la dernière minute, Michaelle Jean qui avait pourtant sonné le rappel de ses troupes via les médias et les réseaux sociaux, et même ici à Erevan, participant à chaque réunion publique, avec le sourire.

Mi-septembre encore, on pouvait lire sur sa page Facebook une tribune d'Afrik.com"Si à Erevan, il n’y a que deux choix, comme c’est le cas présentement, nous osons croire que les chefs d’État et de gouvernement membres de la Francophonie sauront, dans leur grande sagesse, privilégier l’option de la consolidation des acquis réalisés jusqu’ici, avec l’actuelle secrétaire générale, que de se projeter dans un terrain inconnu et incertain pour l’avenir même de la Francophonie. Et, nous ne doutons pas non plus qu’Emmanuel Macron et Justin Trudeau y mettront un peu du leur, en trouvant un terrain d’entente, au nom de l’intérêt supérieur de l’Organisation."


Pour Jeuneafrique.com, cette passe d'armes s'annonçait sans pitié car "aucun de ses prédécesseurs n’a jamais échoué à se faire réélire. Si les États membres de l’OIF devaient ne pas lui renouveler leur confiance, ce serait une première – et un véritable camouflet". Le risque pour elle serait donc d'accrocher une nouvelle première fois à son tableau de chasse, mais bien moins glorieuse cette fois. 

Et les femmes dans tout ça ?
Il y a aujourd’hui 120 millions de femmes francophones dans le monde. Elles seront plus de 350 millions en 2050. Le 1er et 2 novembre 2017, le sommet des femmes francophones se tenait à Bucarest, évènement organisé conjointement par l'OIF et la Roumanie. Au terme de ces deux journées de rencontres et de conférences, Michaëlle Jean est venue clore avec Terriennes ce rendez-vous. 


Terriennes : c'était un sacré défi, 450 participantes prévues au début à Bucarest, finalement elles étaient bien plus nombreuses !

Michaëlle Jean : Oui, elles étaient près de 700, et au total ce sont 800 personnes qui ont nourri cette conférence de leurs réflexions, et de leur dynamise. Et ces femmes sont venues de tout l'espace francophone. J'y tenais beaucoup. Surtout les femmes du Sud. Elles sont extrêmement dynamiques et organisées. Et je remercie la Roumanie d'avoir pu faciliter leur venue. C'était vraiment important. Les femmes (les hommes et les jeunes) entrepreneures du Nord n'ont aucun problème pour circuler à travers le monde, dès lors qu'elles viennent du Sud, c'est la galère, elles sont quasi-obligées d'arracher des visas ! 

Qu'ont-elles en commun toutes ces femmes entrepreneures? 

MJ : Qu'elles soient du Nord, du Sud, de l'Ouest ou l'Est, elles ont les mêmes difficultés pour trouver les fonds afin de péreniser leur affaire, alors que toutes les études économiques le disent, investir dans les entreprises de femmes ou de jeunes, c'est gagnant !

S'il y avait une recette miracle pour accompagner les femmes sur la voie de l'empowerment, ou empouvoirement, quelle serait-elle ? 

MJ : Ce n'est pas pour rien que nous avons choisi comme slogan #ellessimposent ! L'empowerment c'est ça, c'est prendre sa place. Elles le font, mais elles sont souvent cantonnées dans le domaine informel. Ce qu'elles veulent c'est un passage qualitatif vers une autre échelle, sortir de l'informel. Que ce soit dans le domaine de la création, de l'innovation, de la croissance, du développement, dans toutes les filières imaginables, elles sont là ! "Sans nous, rien n'est possible", voilà ce qu'elles ont à dire !

Le prochain sommet des femmes francophones se tiendra en 2019 à Luxembourg.