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#Sportfeminintoujours : quand les championnes crèveront l'écran

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TV5 Monde et Terriennes se sont associées ces 9 et 11 février 2019 à l'opération #Sportfeminintoujours organisée par le CSA, le Conseil supérieur de l'audiovisuel français et le ministère des sports. Objectif : marquer et transformer l'essai pour mettre en haut du podium championnes et compétitions féminines, encore trop peu visibles dans les médias. Retour sur nos invitées du week-end.

Invitée de marque samedi 9 février 2019 dans la Une francophone du 64' sur TV5 Monde : la ministre des sports Roxana Maracinéanu. D'origine roumaine, arrivée en France à l'âge de 9 ans en 1991, l'ancienne championne de natation est nommée ministre en septembre 2018. Elle fut pour la première fois sacrée championne du monde du 200 m dos, c'était en 1998 en Australie. En regardant les images de cette victoire, elle se souvient : "C'était une grande émotion, et aussi on peut le voir d'ailleurs sur mon visage, une grande surprise. Personne ne s'y attendait. C'était la première fois que  la France gagnait à ce niveau de compétition !".
 
Quand on passe dans le monde fédéral, dans le monde des clubs, on voit qu'il y a un frein, la pratique féminine n'est que de 30%. Alors on se demande pourquoi ?!
Roxana Maracineanu, ministre des sports 
A la question, comment se porte le sport féminin ? Elle répond : "Il se porte bien, concernant la pratique libre, non encadrée, aller marcher, courir. Là, c'est assez bien réparti, c'est du 50/50, comme dans la société. Quand on passe dans le monde fédéral, dans le monde des clubs, on voit qu'il y a un frein, la pratique féminine n'est que de 30%. Alors on se demande pourquoi ?!"

Foot et rugby ex-sports genrés ?

Le foot féminin fait figure d'exemple à suivre, avec une sélection française plusieurs fois championne. "C'est un exemple aujourd'hui. (...) Avec la coupe du monde féminine en France (en juin et juillet 2019), on a vraiment envie de mettre l'accent sur le foot féminin. Mais il y a aussi le rugby. Ces deux sports sont les sports de demain pour les filles, qui étaient avant des sports genrés. Il faut saluer aussi le ballon d'or féminin, c'est une nouveauté de mettre dans la vitrine du football des athlètes féminines."
  "En tant que ministre, mon rôle est de demander aux médias de diffuser autant de sport féminin que de sport masculin. On est aujourd'hui à 18% en termes de retransmission télévisuelle. On voudrait dépasser les 20%. Et puis, les compétitions féminines vont entrer dans le champ des retransmissions obligatoires, au même titre que les masculines.", ajoute Roxana Maracineanu.

"Il faut aussi que dans l'arrière-cour, nous aidions les filles à devenir meilleures, à remporter des victoires, il faut que nos filles professionnelles mais aussi amateures aient toutes les conditions pour pouvoir pratiquer à très haut niveau.", explique également la ministre.

Un autre constat : le manque cruel de femmes à la tête des fédérations : "Sur les 113 au total, seulement quinze femmes sont à la tête d'une fédération"

Aujourd'hui, on ne peut plus dire qu'on ne retransmet pas des compétitions parce qu'on n'a aucune chance de gagner, ajoute-t-elle, "regardez les championnes de handball en décembre, on a fait une audience de fou ! (...) Cela a créé  un engouement exceptionnel, et on croit que cela va attirer un public différent, aussi bien sur les canapés devant leur télé que dans les stades. Du coup, cela motive les annonceurs qui peuvent aussi  créer une dynamique économique autour du sport féminin."

Alors quels sont les principaux obstacles qui freinent encore le développement du sport féminin ? Selon Béatrice Barbusse, sociologue du sport et ancienne handballeuse, il y en a deux : le manque de moyens financiers et les mentalités. "Pour pallier le frein culturel, il faut éduquer autrement les enfants, et former différemment les gens qui encadrent un sport", déclare celle qui fut justement la première femme à diriger un club professionnel masculin, l'US Ivry handball. 
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Et depuis le Québec ?

"On voit les filles délaisser le sport, peut-être par manque de modèles et pour des tas de raisons de pression sociale ou autre. Il faut absolument les cibler d'avantage", nous dit Isabelle Charest, ministre québecoise de l'éducation, du sport et de la condition féminine, elle-même ancienne championne de patinage artistique.
 
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